6ème Festival international du film restauré – Toute la mémoire du monde du 7 au 11 mars 2018

Du 7 au 11 mars se déroulera la sixième édition du Festival international du film restauré, plus communément nommé Toute la mémoire du monde. Conçu pour projeter des films plus ou moins rares restaurés de par le monde, le festival s’attache à transmettre le patrimoine cinématographique dans le meilleur état possible. Près de 120 films, longs comme courts-métrages, seront ainsi présentés sur cinq sites de la capitale ; la Cinémathèque française, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, les cinémas Christine 21 et la Filmothèque et, enfin, l’auditorium du Louvre. Un hommage particulier est rendu cette année au cinéaste allemand Wim Wenders, et à l’actrice italienne Stefania Sandrelli. Des rétrospectives seront également consacrées au format Cinérama, au film noir mexicain, au cinéma hongrois et à la thématique « Londres au temps du cinéma muet ».

Mais heureusement le cinéma japonais n’est pas (tout à fait) oublié. Par une touche subtile tout d’abord avec, justement, le documentaire Tokyo-ga, réalisé par Wim Wenders en 1983. Le cinéaste cherche alors dans les rues de Tokyo les images d’un Japon cinématographique entrevues dans les œuvres de Yasujirō Ozu. Méditation sur le cinéma tout autant que témoignage d’une époque révolue, Wim Wenders rend ici hommage au cinéaste japonais à qui il doit tant. Tokyo-ga est ici projeté dans une version restaurée en 2K à partir du négatif original 35mm, restauration menée par la Fondation Wim Wenders et projeté dans le cadre du festival en DCP. C’est par ailleurs dans la Carte blanche accordée au cinéaste que ce dernier programme Bonjour (Ohayō), film d’Ozu réalisé en 1959. Second film en couleurs mis en scène par le maître, Bonjour est aussi un petit bijoux d’époque à l’heure où la télévision, sujet de discorde entre les deux enfants du film et leurs parents, va bientôt mettre à mal toute l’industrie cinématographique japonaise. Cette version restaurée en 2K à partir des négatifs originaux par la Shōchiku et le National Film Center fut auparavant programmée au Festival Entrevues de Belfort en novembre dernier.

Bonjour (1959, Yasujirō Ozu) affiche française

Autre film japonais projeté dans le cadre de Toute la mémoire du monde, rareté musicale tout droit sortie des studios Nikkatsu, Une chanteuse de jazz est née (Jazu musume tanjō), réalisé par Masahisa Sunohara en 1957. On ne le sait que trop peu mais le cinéma japonais regorge de comédies musicales qu’il serait opportun de mieux appréhender. Ici l’argument musical tourne autour d’une belle vendeuse ambulante, Midori, incarnée par Chiemi Eri, croisant la route d’un groupe de jazz menée par le charismatique chanteur Haruo, interprété par Yūjirō Ishihara. La troupe est fascinée par la voix suave et sensuelle de la belle Midori. Celle-ci sera peut-être leur ticket d’entrée pour la sublime salle du music hall Marunouchi à Tōkyō ! Le film a été restauré d’après les négatifs originaux, utilisant le procédé Konicolor, en 4K par le National Film Center. Le Konicolor tentait à l’époque de concurrencer l’Eastmancolor, américain, et surtout son rival national, le Fujicolor. Une chanteuse de jazz est née sera projeté ici en DCP. À ne pas rater bien entendu. Si l’on peut éprouver de la frustration quant aux projections en DCP dans un festival qui fait de la restauration des films sa raison d’être, l’on peut néanmoins se réjouir de trois pépites à se mettre sous les yeux cette année.

Une chanteuse de jaaz est née (1957, Masahisa Sunohara) affiche japonaise

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