Carrefour du cinéma d’animation au Forum des images du 12 au 16 décembre 2018

Après une quinzième édition exceptionnelle en matière d’animation japonaise, la seizième édition du Carrefour du cinéma d’animation se tiendra du 12 au 16 décembre prochain au Forum des images à Paris. De fait la sélection nippone s’en trouve moins étoffée et, ne nous le cachons pas, moins audacieuse. Sur les cinq longs-métrages d’animation japonais programmés, un seul est véritablement inédit, à savoir Maquia, when the promised flower blooms (Sayonara no asa ni yakusoku no hana o kazarō, 2018), réalisé par Mari Okada. Sorti le 24 février 2018 au Japon, le film conte la destinée de Maquia, une jeune orpheline issue du peuple Lorph, une communauté vivant loin des hommes. Contrairement à ces derniers, les Lorph vieillissent très lentement et vivent donc plusieurs centaines d’années, ce qui attise la jalousie humaine. Alors que son village est attaqué par des hommes armés bien décidés à découvrir le secret de leur longévité, Maquia est contrainte à la fuite. Peu après, elle croise le chemin d’Erial, un jeune garçon humain, lui aussi orphelin. Une relation particulière se noue entre eux. Au fil du temps, Erial mûrit puis vieillit aux côtés de son amie. À noter que la bande originale du film est signée par Kenji Kawai, le compositeur renommé qui s’est, ces derniers temps, davantage recentré sur des œuvres télévisées. Maquia, when the promised flower blooms ne connaît pas, pour l’instant, de date de sortie française.

Maquia, when the promised flower blooms (2018, Mari Okada)
affiche japonaise

Les quatre autres films sont, quant à eux, soit des films dont la distribution en salles est éminente, soit des films qui connaissent une sortie sur support vidéo. D’un côté donc, Miraï, ma petite sœur (Mirai no mirai, 2018), réalisé par Mamoru Hosoda, et Le château de Cagliostro (Rupan sansei : kariosutoro no shiro, 1979), réalisé par Hayao Miyazaki, sont programmés au Carrefour de l’animation quelques semaines avant leur exploitation en salles. Miraï, ma petite sœur fut déjà programmé en avant-première française lors du Festival international du film de la Roche-sur-Yon en octobre dernier. Au Japon, le film est sorti l’été dernier dans le circuit de salles de la Tōhō. En France, le grand public pourra le découvrir le 26 décembre prochain par l’entremise du distributeur Wild Bunch. Le château de Cagliostro, lui, connaît enfin une sortie sur les grands écrans français presque quarante ans après son exploitation au Japon, en décembre 1979. Le film bénéficie en outre d’un bain de jouvence avec sa restauration en 4K. Au Japon, il a même eu les honneurs d’une version MX4D lors de sa ressortie en janvier 2017. Pour la petite histoire, le film a connu différentes versions audio lors de son exploitation sur support vidéo en France. Tout d’abord titré Vidocq contre Cagliostro en VHS au début des années quatre-vingt, le film fût renommé Le château de Cagliostro au milieu de la décennie suivante, une version dans laquelle le personnage principal est inexplicablement affublé du nom de Wolf. Il faut attendre une troisième version audio mixée au milieu des années 2000 pour que ce dernier reprenne le diminutif d’Edgar, nom hérité de la série télévisée Edgar, détective cambrioleur, laquelle n’avait pu utiliser le nom originale d’Arsène Lupin pour cause de droits d’auteur bafoués auprès des héritiers de Maurice Leblanc. Le château de Cagliostro sortira dans les salles françaises le 23 janvier prochain grâce au distributeur Splendor Films.

Le château de Cagliostro (1979, Hayao Miyazaki) affiche japonaise de 2017

De l’autre côté, ce sont Cleopatra (Kureopatura, 1970) et Les mille et une nuits (Senya ichiya monogatari, 1969), mis en scène par Eiichi Yamamoto, qui connaîtront une exploitation vidéo digne de ce nom courant 2019. Les deux films, en effet, seront réunis avec Belladonna (Kanashima no beradonna) pour former la trilogie originale Animerama, un projet ambitieux à l’époque pour lequel Eiichi Yamamoto souhaitait rehausser les exigences de l’animation pour offrir à un public adulte une expérience inédite. Mélange de références historiques, d’esthétique psychédélique et d’évocations érotiques, la trilogie n’avait pas connu de retentissement auprès du grand public japonais. Même la participation d’Osamu Tezuka et de son studio d’animation Mushi Production dans sa confection, n’avait pas permis aux trois films de rencontrer le succès. Même si Cleopatra et Les mille et une nuits semblent moins aboutis que le troisième volet, le Carrefour de l’animation permet néanmoins de découvrir ces pépites du cinéma d’animation japonais sur grand écran. Le rendez-vous est pris pour la prochaine édition avec, nous l’espérons, davantage de longs-métrages inédits au programme, d’autant plus que les films d’animation japonais ne manquent pas chaque année.

Cleopatra (1970, Eiichi Yamamoto et Osamu Tezuka) affiche japonaise

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