Dororo (2007, Akihiko Shiota)

Blessé dans les conflits qui opposent les clans, le seigneur Daigo Kagemitsu revient dans son fief, ivre de rage. Dans le pavillon des ancêtres il passe un pacte avec les quarante-huit démons pour s’assurer la victoire. En échange il sacrifie le corps de son enfant à naître. Ce dernier, privé de quarante-huit partie de son corps, est abandonné le long d’un fleuve avant d’être recueilli par un médecin qui lui sauve la vie. Spécialiste de la chirurgie reconstructrice, son père d’adoption lui confectionne de nouveaux membres afin que l’enfant puisse vivre dans le monde des hommes. Devenu adulte il entreprend de combattre ces quarante-huit démons pour récupérer l’intégralité de son corps. Il prend alors le nom de Hyakkimaru, du nom du sabre que son père lui a installé en lieu et place de son bras droit. En chemin il rencontre un jeune voleur qui se surnomme Dororo qui cherche à venger la mort de sa famille, assassinée par le seigneur Daigo, devenu tyran. Par haine, Dororo jure de tuer tous les proches du seigneur Daigo…

Dororo (2007, Akihiko Shiota) affiche originale japonaise

Adapté du manga éponyme du célèbre Osamu Tezuka, Dororo fut un énorme succès au Japon. Avec des chorégraphies de combat signées par le fameux Ching Siu-tung, l’histoire prend place dans une sorte de Japon historique fantastique mêlé de dramaturgie shakespearienne, l’enfant difforme cherchant à se faire une place dans le monde sans savoir qui est véritablement son père. Dans la lignée des films de monstres et de fantômes propre à la culture nippone, Hyakkimaru croise des démons tous plus étonnants les uns que les autres, aidé dans sa quête par le comique Dororo, en fait une jeune femme qui dissimule sa féminité pour ne pas paraître faible. Dororo devait être le premier volet d’une série de films qui verront le jeune homme récupérer peu à peu son corps d’origine mais qui, pour cela, perdra sa faculté de ne pas ressentir la douleur. Depuis sa sortie au Japon en janvier 2007 cependant aucune suite n’a encore été mise en chantier.

Grosse production oblige, le film enchaîne les morceaux de bravoure avec régularité mais la mise en scène est loin d’apporter une quelconque originalité à cette histoire fantastique. Si les costumes sont une indéniable réussite, les décors manquent d’originalité et d’envergure hormis quelques plans de paysages véritablement somptueux. Les effets spéciaux ne sont pas toujours du meilleur calibre non plus mais échappent toutefois au côté cheap des productions calamiteuses dont le cinéma japonais a parfois le secret. Côté interprétation, nous sommes loin d’être impressionnés par le jeu des acteurs principaux: Satoshi Tsumabuki vu dans Dragonhead (Doragon heddo, 2003, Jôji Iida) et Fast and furious : Tokyo drift (2006, Justin Lin), et Kô Shibasaki dont on a pu apercevoir le joli minois dans son rôle de tueuse à la faucille dans Battle royale (Batoru rowaiaru, 2000, Kinji Fukasaku) mais aussi dans Go (2001, Isao Yukisada), Yomigaeri (2002, du même cinéaste Akihiko Shiota) ou encore La maison de Himiko (Mezon do Himiko, 2005, Isshin Inudô). Les quelques moments d’humour sauvent le film sans toutefois convaincre le spectateur et les relations ambiguës que Hyakkimaru et Dororo entretiennent lui permettent de ne pas sombrer définitivement dans l’ennui.

Par David A.

Dororo (2007, Akihiko Shiota) affiche coréenne

DORORO
Un film de Akihiko Shiota
Scénario: Masa Nakamura et Akihiko Shiota
Directeur de la photographie: Takahide Shibanushi
Montage: Toshihide Fukano
Musique: Goro Yasukawa et Yutaka Fukuoka
Production: Takashi Hirano
Compagnies de production: Tôhô, Asahi Shinbun Newspaper, Dentsu, Hokkaido Broadcasting, Mainichi Broadcasting System, RKB Mainichi Broadcasting Corporation, Stardust Pictures, Tôkyô Broadcasting System, Twins Japan, WoWow

Avec Satoshi Tsumaboki, Kô Shibasaki, Kiichi Nakai, Eita, Yoshio Harada, Anna Tsuchiya, Mieko Harada, Katsuo Nakamura, Kumiko Asô, Satoshi Hakuzen, Gekidan Hitori, Ryûki Kitaoka, Taigi Kobayashi, Kenji Oka, Tetta Sugimoto

Genre: aventures, fantastique, arts martiaux
Durée: 2h19
Pays: Japon
Année: 2007
Date de sortie japonaise: 6 janvier 2007
Date de sortie française: pas de sortie française
Editeur DVD: Kazé
Date de sortie DVD: 4 mars 2009

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