Festival Cinéma du Réel du 19 au 29 mars 2015

Cinéma du Réel, festival international de films documentaires, ouvre ses portes aujourd’hui et jusqu’au 29 mars prochain avec quelques 150 films à l’affiche! Cette 37ème édition démontre la notoriété acquise par l’évènement organisé sur différents sites parisiens (le Centre Pompidou, le cinéma Luminor, le Centre Wallonie Bruxelles, le Forum des Images et enfin l’IRCAM). Cette année pour notre plus grand plaisir, deux documentaires japonais seront projetés. Le Japon est un grand producteurs de films documentaires et, même si la sélection est courte, ces documentaires donnent à voir un état du Japon parfois très éloigné de ce que le public occidental peut imaginer du pays. L’occasion nous est donnée ici d’aborder deux thématiques contemporaines, celle de la création musicale tout d’abord puis celle des conséquences de la tragédie nucléaire de Fukushima ensuite.

Le premier documentaire, The cockpit de Sho Miyake, est sélectionné dans la catégorie Compétition International Premiers Films. Le film met en scène, dans un cadre dépouillé, le fameux cockpit du titre, un work in progress musical de style hip hop. Une performance live entre deux compositeurs tokyoïtes qui font du beat un mode de création libre et entraînant. Le hip hop japonais, loin d’être anodin, est un des moteurs de l’industrie musicale japonaise au même titre ici que le hip hop américain. Même si la version japonaise ne dépasse guère les frontières du continent est-asiatique, The cockpit démontre qu’en la matière les artistes japonais n’ont rien à envier à leurs homologues occidentaux, une manière finalement de décentrer le regard que nous pourrions avoir sur le sujet.

The cockpit (2014, Sho Miyaki)

Le second, Nuclear nation II – the Fukushima refugees story (Futaba kara tôku hanarete dainibu), réalisé par Atsushi Funahashi et présenté ici dans la catégorie Compétition Internationale, fait suite au premier volet (Futaba kara tôku hanarete) réalisé en 2012. Quatre ans après les faits, le cinéaste suit un nouveau groupe de réfugiés qui vivent encore dans des baraquements à l’origine qualifiés de provisoire. Le documentaire souligne à la fois le désastre humain mais aussi économique de la région de Futaba, région qui fut choisie dans les années soixante pour accueillir la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. A l’époque l’ensemble des habitants de la région s’étaient vus promettre la prospérité économique et de nombreuses baisses de taxes grâce à ce projet énergétique. En mars 2011 cependant, ces gens ont vécu l’horreur et sont aujourd’hui parqués dans des conditions intolérables sans compter sur le déni de l’entreprise Tepco qui minimise la situation.

Nuclear nation II – the Fukushima refugees story (2014, Atsushi Funahashi)

Deux documentaires donc au ton bien entendu opposé. La catastrophe nucléaire, qui bien sûr fait l’objet de centaines de documentaires nippons ces dernières années, ne doit pas faire oublier que le Japon se relève tôt ou tard de ses traumatismes. La création artistique en est un moyen évidemment surtout lorsqu’elle témoigne du dynamisme d’une jeunesse qui souhaite trouver sa place. Espérons que le festival Cinéma du Réel continu chaque année à nous en apprendre davantage sur cette société qui peut à la fois nous apparaître si lointaine et si proche.

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