Festival des 3 continents à Nantes du 21 au 28 novembre 2017

Créé en 1979, le Festival des 3 continents ouvre les portes de sa trente-neuvième édition du 21 au 28 novembre 2017 à Nantes. Le plus ancien festival français consacré aux cinématographies asiatiques, africaines et sud-américaines programme cette année encore quelques films japonais même si cette édition reste sobre en la matière. Il faut se souvenir de l’édition de 2012 et la belle rétrospective consacrée à Shinji Aoyama avec pas moins de quatorze films du cinéaste projetés pour l’occasion pour se rendre compte que le festival comble parfois nos attentes en matière de cinéma japonais ! Cette année pourtant, seuls quatre longs-métrages sont ainsi présentés dont un seul inédit, sélectionné en compétition officielle cependant.

C’est le tout dernier film de Nobuhiro Suwa, Le lion est mort ce soir, qui a l’honneur de représenter le Japon en compétition. Le film, une coproduction franco-japonaise, fut notamment présenté en avant-première mondiale au Festival international du film de San Sebastian en septembre dernier avant de profiter d’une sélection au Festival international du film de Busan en Corée du sud. Après Yuki & Nina, réalisé en 2009, Nobuhiro Suwa revient tourner en France. Jean-Pierre Léaud y incarne Jean, un vieil homme qui s’installe clandestinement dans une maison abandonnée, une demeure qui fut celle de Juliette, le grand amour de sa vie. Jean est enfermé dans sa solitude et sa mélancolie mais un groupe d’enfants, apprentis cinéastes qui préparent un film d’horreur, vont vite venir égayer ses journées. Le film sortira en France le 27 décembre prochain et au Japon le 20 janvier 2018.

Le lion est mort ce soir (2017, Nobuhiro Suwa) affiche japonaise

Une section thématique, De l’autre côté des apparences : merveilleux, fantastique et autres étrangetés, fait appel à deux films japonais. Le premier, Shara (Sharasōjyu) est mis en scène par Naomi Kawase. Le film avait été projeté lors du Festival international du film de Cannes en 2003, six années après que la réalisatrice a remporté la Caméra d’Or pour son précédent film de fiction, Suzaku (Moe no Suzaku) en 1997. Shara prend pour cadre la ville historique de Nara, ancienne capitale du Japon féodal. Une famille, à la tête d »une petite fabrique d’encre de Chine, traverse une épreuve terrible. Leur fils a subitement disparu le jour de la célébration du dieu Jizo. Sa sœur jumelle n’arrive pas à surmonter son absence. C’est toute l’harmonie et l’équilibre familiaux qui sont menacés. Les secrets d’autrefois, les non-dits et la peur de l’avenir font peser une chape de plomb dans le foyer. Les dieux auraient-ils voulu punir les leurs ? Shara a connu une belle trajectoire dans les festivals du monde entier avant de connaître une sortie sur les écrans français le 31 mars 2004.

Shara (2003, Naomi Kawase) affiche japonaise

Second film programmé dans cette même section, Rêves (Konna yume wo mita), réalisé par Akira Kurosawa en 1989, sublime les rêves et les cauchemars du cinéaste. Profondément touché par l’échec retentissant de son film Dodeskaden en 1970 et après une tentative de suicide ratée, le cinéaste a connu un long exil à l’étranger. Après la production de Derzou Ouzala (Derzu Uzala) en Russie en 1975, puis les deux coproductions franco-nippones, Kagemusha, l’ombre du guerrier (Kagemusha) et Ran, respectivement en 1980 et 1985, Akira Kurosawa se tourne ensuite vers les États-Unis pour produire son nouveau film, Rêves, film à segments qui magnifie le travail pictural du maître, lui qui, enfant, se destinait à devenir peintre. Le cinéaste repousse les limites du visuel dans cette ode humaniste qui dépeint les craintes mais aussi les joies d’un homme alors octogénaire. C’est probablement pour permettre à ce vieil homme d’aller au bout de ce projet que l’un de ses admirateurs le plus ardent, Steven Spielberg, n’a pas hésité à coproduire le film.

Rêves (1989, Akira Kurosawa) affiche japonaise

Dans la section Premiers pas vers les 3 continents enfin, dévouée au très jeune public, Hayao Miyazaki est tout naturellement en bonne place. Son film, Ponyo sur la falaise (Gake no ue no Ponyo), réalisé en 2008 après Le château ambulant (Hauru no ugoku shirō, 2004), ravira petits et grands. La petite Brunehilde, poisson rouge de cinq ans et fille du grand sorcier sous-marin Fujimoto, échappe à la vigilance de ce dernier et se retrouve charriée par le filet d’un chalutier. Prisonnière d’un pot de verre, Brunehilde attire l’attention de Sosuke, un petit garçon vivant dans une maison au bord d’une falaise. Au Japon, Ponyo sur la falaise fut le plus grand succès cinématographique de l’année et a été nominé au Lion d’Or du Festival international du film de Venise. Le film a également remporté le titre du meilleur film d’animation aux Japan academy awards, l’équivalent des Oscars. Le rendez-vous est d’ors et déjà pris pour l’édition 2018 du festival que nous souhaitons plus prolifique en matière de films japonais.

Ponyo sur la falaise (2008, Hayao Miyazaki) affiche japonaise

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