Festival du Cinéma Oriental Nits du 14 au 19 juillet 2015

La douzième édition du Festival du Cinéma Oriental (Nits pour les intimes) a ouvert ses portes le 14 juillet dernier et ce jusqu’au 19 juillet. Se déroulant à Vic, petite municipalité proche de Barcelone en Espagne, le festival met à l’honneur cette année le cinéma indien, d’où la présence du serpent cobra sur l’affiche de la manifestation. Peu connu, ce festival est pourtant l’évènement espagnol le plus important concernant le cinéma oriental dans sa très large acceptation allant de l’Asie au Proche-Orient. Concernant le cinéma japonais, pas moins de sept films sont programmés. L’évènement se permet notamment une double séance de films tokusatsu! Contraction de tokushu satsuei, ce terme désigne habituellement les séries télévisées centrées sur les effets spéciaux et les histoires de super-héros costumés, évoluant en solitaire ou en équipes organisées de type Bioman. Le Nits programme donc, non pas des épisodes mais deux moyens-métrages de ce type, Gaion sigma (Gaion shiguma, 2014, Motoharu Takauji) et Yatsurugi (2014, Eiji Kamikura). Les deux films furent exploités au cinéma au Japon le 17 mai 2014 en un programme unique.

Si le côté kitsch des tokasatsu vous laisse indifférents, la programmation du festival se tourne également vers des valeurs nettement plus sûr comme Crows explode (Kurôzu explode, 2014) de Toshiaki Toyoda, le troisième volet de la trilogie initiée par Takashi Miike, ou encore Judge (Jyajji, 2013) de Yô Kohatsu adapté du manga éponyme de Yoshiki Tonogai. Si le premier mise davantage sur l’action tonitruante, le second arbore une ambiance de thriller bien plus pesante. Toshiaki Toyoda n’est pas exactement un inconnu puisqu’il est le réalisateur de films tels que Blue spring (Aoi haru, 2001), 9 souls (Nain souruzu) ou encore Monsters club (Monsutâzu kurabu, 2011), des pépites assez violentes évoluant dans un cinéma indépendant qui tranche avec le mainstream. Yô Kohatsu est, lui, moins renommmé, son seul film notable étant Raise the castle (Chikujô seyo!) réalisé en 2009. Crows explode est d’ors et déjà disponible en France en DVD et Blu-ray, Judge pourrait peut-être connaître le même sort étant donnée la renommée du manga original dans l’Hexagone.

Crows explode (2014, Toshiaki Toyoda) affiche japonaise

Judge (2013, Yô Kohatsu) affiche japonaise

Autre film d’action projeté, Girl’s blood (Aka x pinku, 2014) de Kôichi Sakamoto. Le monsieur, à l’origine cascadeur puis chorégraphe des scènes de combats a ensuite officié au poste de réalisateur à la télévision pour certaines séries tokusatsu (et oui nous y revenons!) telles que Kamen Rider W en 2009, Kamen rider Fourze en 2011 ou encore Ultraman Ginga S en 2014. En parallèle il s’essaye aux longs-métrages tels que Broken path, une production américaine tournée avec son équipe de cascadeurs en 2008 ou plus récemment 009-1: the end of the beginning en 2013, film adapté d’un manga du renommé Shôtarô Ishinomori. Dans Girl’s blood, l’ action se couple modestement à l’érotisme afin d’offrir aux spectateurs un brin vicieux leur lot d’excitation scopique. Le film était sorti au Japon le 22 février 2014.

Girl’s blood (2014, Kôichi Sakamoto) affiche japonaise 

Dans un registre plus léger, Wood job! (Ujjobu! Kamisari nânâ nichijô, 2014) de Shinobu Yaguchi est le dernier film japonais de cette sélection. Comédie sympathique, le film raconte l’histoire d’un lycéen un peu je-m’en-foutiste qui rate son examen d’entrée à l’université, ce qui ne l’inquiète pas outre-mesure si ce n’était sans compter sur sa petite amie qui, elle, a décidé de prendre son avenir en main. C’est alors que le jeune paresseux tombe sur une formation de forestier de métier dans une bourgade logée loin de la civilisation. Au bout de cette formation un contrat de travail dans une montagne encore nettement plus isolée! Shinobu Yaguchi n’est lui non plus pas un petit nouveau. Scénariste et réalisateur, il a signé quelques films tels que Down the drain (Hadashi no pikunikku, 1993), Adrenaline drive (Adorenarin doraibu, 1999), Waterboys (2001), Swing girls (Suwingu gâruzu, 2004) ou encore Tokyo rhapsody (Kayôkyoku dayo jinsei wa, 2007). Le Nits propose donc cette année une liste de films japonais assez curieuse, opposant de front une certaine production stéréotypée (les tokusatsu toujours et encore) à des films réalisés par des cinéastes largement indépendants mais peu visibles, l’occasion alors de découvrir des inédits.

Wood job! (2014, Shinobu Yaguchi) affiche japonaise

 Gion sigma (2014, Motoharu Takauji) et Yatsurugi (2014, Eiji Kamikura) affiche japonaise

4 réflexions au sujet de « Festival du Cinéma Oriental Nits du 14 au 19 juillet 2015 »

  1. Drôle de sélection en effet, mais je trouve ça bien que Wood Job! soit aussi présenté. J’avais beaucoup aimé ce film ainsi que les autres travaux du réalisateur (Swing Girls, Happy Flight et Robo-G).

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