Festival international du film d’animation d’Annecy du 15 au 20 juin 2015

Le Festival international du film d’animation d’Annecy ouvre ses portes du 15 au 20 juin 2015, une édition cette année essentiellement consacrée aux femmes animatrices et à l’animation espagnole. Comme à son habitude pourtant, les films japonais ne sont pas en reste même si en matière de longs-métrages la sélection est cette fois-ci un peu moins fournie que la précédente. En compétition tout d’abord deux films déjà très attendus, Miss Hokusai (Sarusuberi: Miss Hokusai, 2015) de Keiichi Hara et Hana et Alice mènent l’enquête (Hana to Arisu satsujin jiken, 2015) de Shunji Iwai. Miss Hokusai est sorti le 9 mai dernier sur les écrans nippons mais la très bonne nouvelle est que le film sortira en France le 2 septembre 2015 sous l’égide du distributeur Eurozoom. Le long-métrage est l’adaptation animée d’un manga de Hinako Sugiura paru dans les années quatre-vingt relatant la vie d’O-Ei, l’une des filles du maître d’estampe Katsushika Hokusai, elle-même artiste dans l’âme dans un Japon encore féodal.

Sorti le 20 février dernier au Japon, Hana et Alice mènent l’enquête est une préquelle animée d’un film tourné en prise de vues réelles, Hana et Alice (Hana to Arisu), réalisé par le même Shunji Iwai en 2004. Ou comment, par le biais de l’animation, raconter la rencontre des deux jeunes femmes autour d’un mystérieux meurtre commis dans leur collège l’année précédente. Originalité du projet, le cinéaste a convoqué les deux actrices du film original pour des prises de vues réelles, prises de vues qui ont été ensuite rotoscopées. Ainsi Hana et Alice mènent l’enquête se place dans une continuation paradoxale pour traiter d’évènements antérieurs. Le film n’a manifestement pas encore de distributeur français et sa sortie sur nos écrans reste donc incertaine.

Miss Hokusai (2015, Keiichi Hara) affiche japonaise

Hana et Alice mènent l’enquête (2015, Shunji Iwai) affiche japonaise

Toujours en compétition mais cette fois dans le domaine du court-métrage, ce sont pas moins de cinq titre qui sont sélectionnés. Le premier l’est dans la catégorie des courts-métrages indépendants, The night of the Naporitan (2014) de Yusuke Sakamoto, l’histoire tragique d’un plat de spaghettis parti pour un voyage à travers le monde à la recherche de lui-même. Dans la catégorie des films de fin d’études, ce sont pas moins de trois projets qui ont été sélectionnés: I can’t breathe (2015) de Sayaka Kihata selon la technique d’animation de poudres, Master blaster (2015) de Sawako Kabuki en dessins traditionnels et Tsukiyo & Opal (2015) de Shishi Yamazaki mélangeant dessins et rotoscopie. Enfin dans la catégorie des films de commandes le clip musical Poker (2014) de Mirai Mizue et Yukie Nakauchi illustrant la musique de Shugo Tokumaru. Le Festival d’Annecy est un rendez-vous incontournable pour découvrir les animateurs de demain et la sélection des courts-métrages, nettement moins plébiscité par le grand public, est pourtant le coeur des enjeux de l’animation actuelle.

Stand by me Doraemon (2014, Takashi Yamazaki et Ryuichi Yagi) affiche japonaise

Hors compétition sera projeté Stand by me Doraemon (2014) de Takashi Yamazaki et Ryuichi Yagi en image de synthèse 3D. Véritable institution au Japon, Doraemon est un petit chat-robot bleu qui vient du futur pour aider Nobita, un petit écolier maladroit dont la vie sera une succession de catastrophes. Pour l’aider à prendre les bonnes décisions, Doraemon se met en quatre pour le bambin. Adaptation cinématographique du manga éponyme de Fujio F. Fujiko publié dans les années soixante-dix, Doraemon fut adapté de nombreuses fois en films d’animation et en séries animées, un phénomène incontournable pour la jeunesse nippone mais séduisant également les enfants chinois et coréens. Ce personnage reste quasi inconnu en France même si le manga original est actuellement publié chez Kana. Côté court-métrage projeté hors compétition, The lost breakfast (2015) de Q-Rais, l’histoire d’un homme qui fait de sa routine matinale une véritable cérémonie obsessionnelle jusqu’au jour où un inconnu l’interrompt lors de son petit déjeuner, une interruption qu’il aura du mal à gérer.

Le garçon et la bête (2015, Mamoru Hosoda) affiche japonaise

Une rencontre exceptionnelle est également prévue avec Seiji Okuda, le producteur de Le garçon et la bête (Bakemono no ko, 2015), le prochain film de Mamoru Hosoda qui sortira sur les écrans japonais le 11 juillet prochain. Une discussion sur le thème du work in progress du film avec également Yohann Comte, directeur adjoint des ventes internationales de la société Gaumont, distributeur du film en France dont la sortie est prévue sur nos écrans le 30 décembre 2015. Mamoru Hosoda est en effet l’un des animateurs qui compte aujourd’hui, ses précédents film ayant connu un succès d’estime en 2010 tout d’abord avec Summer wars (Sama wozu) et en 2012 ensuite avec Les enfants loups, Ame & Yuki (Okami kodomo no Ame to Yuki). Une rencontre qui sera sûrement très suivie par les amateurs et les professionnels de l’animation japonaise.

Ghost in the shell the movie (2015, Kazuchika Kise et Kazuya Nomura) affiche japonaise

Enfin une autre séance évènement très attendue, la projection en avant-première de Ghost in the shell : the movie (Kôkaku kidôtai shin gekijôban, 2015) de Kazuchika Kise et Kazuya Nomura. Un reboot du film de Mamoru Oshii d’après le manga de Masamune Shirow. Le succès ininterrompu de la licence Ghost in the shell depuis les années quatre-vingt dix reste indéniable et risque d’attirer beaucoup de monde. Ghost in the shell : the movie sort le 20 juin prochain au Japon, le long-métrage, reprenant la même équipe technique et artistique, se place dans le prolongement de Ghot in the shell Arise, il adoptera donc la trame du film de Mamoru Oshii tout en incluant d’importantes variations. Le film sera également projeté en avant-première le 26 juin prochain au Grand Rex à Paris. Etant donné la renommé de la licence, Ghost in the shell : the movie pourrait connaître une sortie nationale en France même si le film ne semble pas, pour l’instant, avoir de distributeur attitré. Cette année encore le Festival international du film d’animation d’Annecy comble nos attentes de cinéphiles et se place comme l’un des portails privilégiés de la culture nippone.

Ghost in the shell : the movie (2015, Kazuchika Kise et Kazuya Nomura) affiche japonaise

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