Festival du film international de Cannes du 17 au 28 mai 2017

70ème édition du Festival du film international de Cannes qui a ouvert ses portes ce 17 mai, et ce, jusqu’au 28 mai prochain. La Croisette fête en grande pompe cet événement avec le réalisateur espagnol Pedro Almodovar à la tête du jury cannois. Édition nettement plus fournie que celle de l’année précédente (voir les détails ici) mais sans grande surprise non plus. Les films japonais sélectionnés cette année sont réalisés par des cinéastes habitués de la Croisette, à savoir Naomi Kawase en Sélection officielle, Kiyoshi Kurosawa dans Un certain regard ou encore Takashi Miike programmé hors compétition. Rien de nouveau sous le soleil donc. En revanche la Quinzaine des réalisateurs ne présente aucun film japonais cette année. Mais ne boudons pas notre plaisir en attendant que ces films sortent sur nos écrans d’ici peu… ou pas.

A tout seigneur, tout honneur, nous commençons par la Sélection officielle avec le film Vers la lumière (Hikari) réalisé par Naomi Kawase. Son nouveau long-métrage est le septième qu’elle vient présenter à Cannes après Suzaku (Moe no Suzaku), Shara (Sharasōju), La forêt de Mogari (Mogari no mori), Hanezu, l’esprit des montagnes (Hanezu no tsuki), Still water (Futatsume no mado) et enfin Les délices de Tokyo (An). Autant dire que la cinéaste japonaise se sent à Cannes comme à la maison. Bien qu’ayant obtenu le prix de la Caméra d’or en 1997 pour Suzaku puis le Grand prix du jury en 2007 pour La forêt de Mogari, Naomi Kawase n’a jamais été récompensée de la Palme d’or. Vers la lumière décrit la rencontre d’une femme, qui s’occupe de l’audiodescription des films pour les mal-voyants, avec un photographe célèbre dont la vue commence à dépérir. Commence alors entre eux une relation forte et intime. Vers la lumière, co-production franco-japonaise, sortira au Japon le 27 mai prochain via le distributeur Kino Films, mais possède déjà aussi une date de sortie française, le 20 septembre 2017.

Vers la lumière (2017, Naomi Kawase) affiche japonaise

C’est dans un tout autre registre que le nouveau film de Takashi Miike débarque sur la Croisette hors compétition. Blade of the immortal (Mugen no jūnin) est en effet l’adaptation live du manga L’habitant de l’infini, scénarisé et dessiné par Hiroaki Samura. Ambiance mêlant le Japon médiéval au fantastique, Blade of the immortal suit les pérégrinations de Manji, un rōnin immortel lasse de sa vie de meurtrier. Pour expier ses crimes passés et se rendre mortel, Manji doit supprimer mille scélérats. Depuis 2011, Takashi Miike alterne les films en et hors compétition au festival de Cannes, depuis Hara-kiri : mort d’un samouraï (Ichimei), For love’s sake (Ai to makoto) jusqu’à Shield of straw (Wara no tate), en passant par Yakuza apocalypse (Gokudō daisensō) sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs en 2015, le cinéaste n’a pourtant jamais décroché ni récompense ni l’approbation d’un public cannois plutôt hostile à ce type de production cinématographique. À noter que For love’s sake, Shield of straw et Yakuza apocalypse n’ont jamais bénéficié d’une sortie salle ni d’une sortie vidéo en France, ce qui pose tout de même la question de la pertinence de la sélection de Blade of the immortal dans cette nouvelle édition cannoise. Le film, une co-production nippo-britannique, est sorti le 29 avril dernier au Japon sous la bannière de la Warner Bros.

Blade of the immortal (2017, Takashi Miike) affiche japonaise

Kiyoshi Kurosawa est lui aussi présent cette année dans la section Un certain regard avec son dernier film Avant que nous disparaissions (Sanpo suru shinryakusha). Celui qui fut sélectionné à Cannes pour la première fois en 2001 avec le film Kaïro, a reçu deux récompenses depuis, la première, le Prix du jury, en 2008 avec Tokyo sonata, et la seconde, le Prix de la mise en scène, en 2015 avec Vers l’autre rive (Kishibe no tabi), toutes deux dans le cadre d’Un certain regard. Son seul film sélectionné en compétition, Jellyfish (Akarui mirai, 2002), ne lui avait pas permis de remporter la Palme d’or. Dans son nouveau long-métrage, Avant que nous disparaissions, le cinéaste entremêle quotidien et fantastique à travers l’histoire d’un couple en mauvaise passe dont le mari, qui disparaît pendant plusieurs jours, réapparaît totalement transformé, aux antipodes de son caractère habituel. Contrairement à Takashi Miike, Kiyoshi Kurosawa bénéficie en France d’une bonne distribution de ses films. À noter que Creepy (Kurīpī : itsuwarī no rinjin), réalisé avant Le secret de la chambre noire, sortira justement sur les écrans français le 14 juin prochain. Avant que nous disparaissions sortira, lui, le 9 septembre prochain sur les écrans japonais.

Avant que nous disparaissions (2017, Kiyoshi Kurosawa) affiche japonaise

Si jusque là la sélection japonaise n’offre que peu de surprise, c’est dans la section Semaine de la critique que l’on sent davantage d’originalité. Oh Lucy !, réalisé par Atsuko Hirayanagi, marque, pour la jeune réalisatrice son passage au long-métrage. Adapté de son précédent court-métrage éponyme datant de 2014, Oh Lucy ! En reprend bien entendu le fil conducteur, celui d’une femme entre deux âges qui se découvre un double aux cheveux peroxydés lui permettant de sortir littéralement de sa léthargie. Entre Tōkyō et la Californie, elle fera tout pour retrouver son cher et tendre professeur d’anglais dont son double est tombée follement amoureuse. Le film, une co-production nippo-américaine, n’a pas encore de date de sortie mais risque fort de parcourir les festivals internationaux pour asseoir sa notoriété.

Oh Lucy ! (2017, Atsuhiko Hirayanagi) affiche japonaise

Cette sélection cannoise s’achève plus discrètement avec la programmation du court-métrage Tokeru, réalisé par Aya Igashi, dans la section Cinéfondation. Film d’étude tourné à la Toho gakuen film techniques training college, Tokeru raconte l’étrange rituel d’une jeune femme tourmentée qui se jette dans une rivière pour se détendre. Lorsque son cousin de Tōkyō découvre cette habitude inhabituelle, c’est le monde de la jeune femme qui vacille. Le film sera par ailleurs projeté à la Cinémathèque française dans le cadre de la programmation Cinéfondation le jeudi 1er juin prochain à 18h30. Autre court-métrage, français celui-là, est néanmoins susceptible d’attirer notre attention. Le visage (Exposure) de Salvatore Lista, raconte l’histoire d’une rencontre entre une jeune assistante galériste française et un maître du jeu vidéo japonais. Ce dernier veut faire du visage de la jeune femme le point de départ de son prochain jeu.

L’empire des sens (1976, Nagisa Ōshima) affiche française

Enfin deux films furent l’objet d’une restauration pour la programmation Cannes Classics, consacrée cette année aux grands films qui ont marqué la sélection cannoise au fil des années, L’empire des sens (Ai no korīda) réalisé par Nagisa Ōshima en 1976 et La ballade de Narayama (Narayama bushikō), réalisé par Shōhei Imamura. Inutile de présenter ces deux films Si le premier avait été présenté à l’époque dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, le second fut récompensé de la Palme d’or en 1983. Édition donc plus qu’honorable cette année concernant les films japonais projetés, le Festival du film international de Cannes ne cesse d’attirer les regards malgré ses soixante-dix printemps. Le rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine.

La ballade de Narayama (1983, Shōhei Imamura) affiche française

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