Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul du 10 au 17 février 2015

Aujourd’hui s’ouvre la 21ème édition du Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul. Du 10 au 17 février prochain le public pourra se délecter d’une sélection de films asiatiques variée et riche qui, bien entendu, laisse une certaine place au cinéma japonais. Si l’on peut regretter que la section Visages des Cinémas d’Asie Contemporains ne programme aucun film nippon cette année, les autres sections en revanche ne manquent pas de rendre hommage au savoir-faire cinématographique de l’Archipel, à commencer par la section Tenir en haleine qui propose quatre films anciens. Akira Kurosawa y est notamment salué avec la programmation de Chien enragé (Nora inu, 1949) et Entre le ciel et l’enfer (Tengoku to jigoku, 1963), deux films de patrimoine à découvrir absolument si ce n’est déjà fait. Plus confidentiel, Postman blues (Posutoman burusu, 1997) réalisé par SABU, un cinéaste nettement plus méconnu et hétéroclite mais dès sans conteste intriguant. Rififi à Tokyo, bien que n’étant pas une production japonaise mais une co-production franco-italienne réalisée par Jacques Deray, nous paraît digne d’attention, l’action se passant principalement au Japon et faisant appel à une palette d’acteurs nippons tel que Eiji Okada vu dans Hiroshima mon amour (1959, Alain Resnais, France/Japon), La femme des sables (Suna no onna, 1964, Hiroshi Teshigahara) ou encore Antarctica (Nankyoku monogatari, 1983, Koreyoshi Kurahara).

Dans la section Jeune Public, deux films d’animation sont programmés, Le petit chat curieux (Komaneko, 2006) de Tsuneo Goda tout d’abord puis Goshu le violoncelliste (Sero-hiki no Gôshu, 1981) d’Isao Takahata que l’on ne présente plus. Le premier film est réservé à un très jeune public quand le second, nettement plus mélancolique s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes. La section Japanimation par ailleurs est cette année encore l’occasion de découvrir des films récents sortis sur les écrans français il y peu; L’île de Giovanni (Jobanni no shima, 2014) de Mizuho Nishikubo et Patéma et le monde inversé (Sakasama no Patema, 2013) de Yasuhiro Yoshiura, deux films qui se présentent comme des alternatives intéressantes à l’animation des studios Ghibli et qui mériteraient davantage d’attention de la part du public. Enfin la section Documentaires clôture cette liste avec Kijima stories, co-production franco-japonaise réalisée par Laëtitia Mikles en 2013 et Hikikomori – à l’écoute du silence (Hikikomori, 2013) réalisé par Dorothée Lorang et David Beautru, également une co-production entre nos deux pays. Le premier suit les mystérieuses tribulations d’un dessinateur à la recherche de témoignages sur la vie d’un ex-yakuza qui aurait changé de vie alors que le second se penche sur l’inquiétant phénomène des Hikikomori, ces personnes qui choisissent de vivre totalement reclus dans leur chambre par peur du contact social et des pressions qu’exercent sur elles la société qui les entoure.

Postman blues (1997, SABU) affiche américaine

Si la programmation japonaise cette année n’est pas dénuée d’intérêt, il faut quand même souligner l’absence totale de films japonais inédits. Entre l’animation et les classiques du cinéma japonais, en résumé les valeurs sûres qui drainent plus facilement le spectateur, le FICA semble cette année plus frileux à proposer un pont de vue plus actuel du cinéma nippon. Face aux cinéma chinois et coréen notamment, le Japon semble perdre de sa superbe auprès des programmateurs français. Pourtant, et nous en sommes convaincus, certains films japonais récents mériteraient une meilleure exposition dans l’Hexagone.

Pour le programme entier du FICA, c’est ici.

Rififi à Tokyo (1963, Jacques Deray) affiche française

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