Festival International du Film de Rotterdam 2013

Le Festival International du Film de Rotterdam a ouvert ses portes il y a quelques jours, l’occasion pour nous de jeter un petit coup d’œil à la sélection de films japonais. Cette année les organisateurs se sont amusés à produire plusieurs affiches pour le festival, des affiches pour le moins étonnantes puisqu’elles se résument toutes à un court dialogue énigmatique… Nous avons opté pour celle qui reprend des prénoms japonais (tant qu’à faire…) car loin de chercher les problèmes, nous avons préféré agir « casual » justement! Du 23 janvier au 2 février 2013, certains chanceux auront peut-être la chance d’assister à quelques séances de films japonais dont nous proposons ici la liste exhaustive:


2-11 (2012, Tatsushi Omori) court-métrage
2012 (2013, Takashi Makino) court-métrage
Akiba-field (2012, Devi Kobayashi) court-métrage
The charm of others (Miryoku no ningen, 2012, Ryutaro Ninomiya)
Chiri (2012, Naomi Kawase) moyen-métrage documentaire
Columbos (2013, Kawai + Okamura) court-métrage
The complex (Kuroyuri danchi, 2013, Hideo Nakata)
Don’t dare to stop love (Aiga tomaranai, 2012, Yoko Oguchi) moyen-métrage
Experience in material 52: DUBHOUSE (2012, Ryoji Suzuki) court-métrage documentaire
For love’s sake (Ai to makoto, 2012, Takashi Miike)
GFP Bunny (Thalluim shôjo no dokusatsu nikki, 2012, Yutaka Tsuchiya)
Going home (Part 1-5) (Goingu mai hoomu (Part 1-5), 2012, Hirokazu Kore-Eda)
Going home (Part 6-11) (Goingu mai hoomu (Part 6-11), 2012, Hirokazu Kore-Eda)
Inori (2012, Pedro Gonzales-Rubio) documentaire
Japan’s tragedy (Nippon no higeki, 2012, Masahiro Kobayashi)
Le jour où Mishima a choisi son destin
(11.25 Jiketsu no hi: Mishima Yukio to wakamono-tachi, 2012, Kôji Wakamatsu)
Lesson of the evil (Aku no kyôten, 2012, Takashi Miike)
Number 10 blues/Goodbye Saigon (2013, Norio Osada)
Odayaka (Odayaka na nichijo, 2012, Nobuteru Uchida)
Penance (Shokuzai, 2012, Kiyoshi Kurosawa)
Shibata and Nagao (Shibata to Nagao, 2012, Yang Ik-june) court-métrage
Sou (2012, Kimura Tatsuto) court-métrage expérimental
Stom Sogo: ultimately (2012, Sogo Stom) expérimental
Wandering alien detective Robin (2013, Lisa Takeba) court-métrage

The complex (Kuroyuri danchi, 2013, Hideo Nakata)

Les films de réalisateurs habitués des festivals internationaux  sont présents (Kôji Wakamatsu, Naomi Kawase, Hideo Nakata, Takashi Miike, Kiyoshi Kurosawa ou encore Hirokazu Kore-Eda) mais la sélection n’hésite pas à varier ses exigences vers notamment le champ expérimental et documentaire. Si le court-métrage est bien représenté, comme chaque année par ailleurs, il faut aussi saluer l’audace de la projection de deux séries télévisées, l’un de onze épisodes,  Going home (Goingu mai hoomu) et l’autre de cinq épisodes, Penance (Shokuzai) signées respectivement par Hirokazu Kore-Eda et Kiyoshi Kurosawa. Les longs métrages de fiction sont déjà tous sortis au Japon (à l’exception de Japan’s tragedy de Masahiro Kobayashi avec Tatsuya Nakadai dans le rôle titre et The complex de Hideo Nakata qui sortira en mai prochain dans l’Archipel) et la plupart ont déjà connu une exposition dans d’autres festivals internationaux (notamment Le jour où Mishima a choisi son destin de Kôji Wakamatsu présenté à Cannes l’année dernière).

Le jour où Mishima a choisi son destin (Kôji Wakamatsu, 2012)

Notons également deux films en co-production: le court-métrage nippo-coréen Shibata and Nagao (Shibata to Nagao) de Yang Ik-june, réalisateur entre autre de Breathless mais aussi acteur dans un long-métrage également co-produit par la Corée et le Japon, Kazoku to kuni (2012, Yang Yong-hi) sorti sur les écrans japonais le 4 août 2012, et le long-métrage Number 10 blues/Goodbye Saigon, co-production nippo-vietnamienne réalisée par Norio Osada. Pour la petite histoire Norio Osada était au début des années 70 scénariste (on luit doit notamment les scripts de Lady snowblood, Lady snowblood – love song of vengeance mais surtout quelques scénarios pour Kinji Fukasaku, notamment Le caïd de Yakohama en 1969 et Sous les drapeaux l’enfer en 1972). En 1974 il part pour le Vietnam pour filmer cette histoire d’un salaryman japonais obligé de fuir les combats dans un Saïgon à feu et à sang. Osada filme son premier long-métrage sous les bombes sur les lieux même de l’histoire avant d’être obligé d’abandonner le projet pour causes financières suite à la liquidation de la compagnie productrice. Le film a été redécouvert dans les archives du National Film Center à Tokyo puis terminé en 2012. Destin curieux d’un film qui a échappé aux oubliettes et qui aujourd’hui refait surface.

For love’s sake (Takashi Miike, 2012)

Lesson of the evil (Takashi Miike, 2012)

Takashi Miike, lui, bénéficie d’une double exposition cette année avec ses deux dernières réalisations: For love’s sake (Ai to makoto), sorti en juin sur les écrans japonais, et Lesson of the devil (Aku no kyôten), sorti tout juste en novembre dernier et qui a fait un carton au box office japonais durant ses six semaines d’exploitation, dépassant les 25 millions de dollars de recettes en atteignant la 23ème place du classement annuel du box office japonais 2012. Une réussite qui pourtant ne nous garantit pas une sortie française. Autre curiosité, GFP Bunny, le dernier film de Yutaka Tsuchiya qui avait connu un succès d’estime avec son précédent film Peep « tv » show lors du Festival du Film International de Rotterdam en 2004. Ce film n’avait d’ailleurs pas connu d’exploitation sur le marché japonais mais avait circulé dans de nombreux festivals à travers le monde. L’affiche parle d’elle-même et classe définitivement le cinéaste au rayon des iconoclastes du type de Shion Sono. En attendant de pouvoir en profiter…

GFP Bunny (Yutaka Tsuchiya, 2012)

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