Festival international du film de Toronto du 7 au 17 septembre 2017

Le Festival international du film de Toronto s’est tenu du 7 au 17 septembre dernier dans la ville canadienne. Grand du cinéma international sur le continent nord-américain, le Japon y était représenté cette année par sept films de long-métrage et un format court, soit peu ou prou le même contingent de films que l’édition précédente. Certains d’entre eux ont connu une belle carrière en festival en Europe et en Asie mais resteront probablement inédits en salle en France.

Dans la section Contemporary world cinema est programmé en avant-première mondiale Birds without names (Kanojo ga sono mei wo shiranai toritachi). Réalisé par Kazuya Shiraishi, jeune cinéaste prolifique qui a mis en scène son premier long-métrage Lost paradise in Tokyo (Rosuto paradaisu in Tokyo) en 2009 mais qui a enchaîné avec quatre autres films entre 2013 et 2017 et s’apprête à en sortir deux autres d’ici quelques mois, Birds without names suit la jeune Towako, femme mélancolique qui partage sa vie avec un homme bien plus âgé, qu’elle trouve insignifiant et vulgaire. Ses souvenirs lui rappellent son premier amour dont elle n’a plus de nouvelles. Sa rencontre avec un nouvel homme, marié et père d’un enfant, l’entraîne vers une nouvelle histoire amoureuse.. Le film sortira sur les écrans japonais le 28 octobre prochain par l’intermédiaire du distributeur Klock Worx.

Birds without names (2017, Kazuya Shiraishi) affiche japonaise

Habituée des festivals du monde entier, Naomi Kawase fut représentée à Toronto par son dernier long-métrage, Vers la lumière (Hikari en version originale mais aussi connu sous son titre international Radiance) projeté dans le cadre Special presentations. Le Festival international du film de Cannes l’avait déjà projeté en compétition, depuis le film a circulé à Munich, Taipei ou encore Melbourne. Le film raconte la rencontre intense entre une femme spécialisée dans l’audio-description de films pour malvoyants et un photographe renommé qui est entrain de perdre la vue. Le film sortira le 10 janvier 2018 en France, distribué par Haut et Court, alors qu’aucune sortie japonaise n’est encore déterminée.

Vers la lumière (2017, Naomi Kawase) affiche française

Lui aussi sélectionné lors du dernier Festival international du film de Cannes, Oh Lucy !, réalisé par Atsuko Hirayanagi, fut projeté dans la section Discovery. Atsuko Hirayanagi met en scène ici son premier long-métrage qui est en fait une version longue de son court-métrage du même nom réalisé en 2014. Oh Lucy ! est une coproduction américano-japonaise qui profite d’une large notoriété dans les festivals du monde entier. L’on y suit les tribulations d’une femme entre deux âges qui découvre qu’un double d’elle-même, bien plus extravagante et sans retenue, s’est entichée de son tendre professeur d’anglais. Le film connaîtra vraisemblablement une sortie française le 31 janvier 2018 via le distributeur Nour Films.

Oh Lucy ! (2017, Atsuko Hirayanagi) affiche japonaise

Autre grand rendez-vous de ce festival, la projection de The third murder (Sandome no satsujin) dans la section Masters. Déjà présenté au dernier Festival de Venise, The third murder est pour son cinéaste, Hirokazu Koreeda, une plongée inhabituelle dans le genre du thriller. Plus habitué au drame psychologique social, le réalisateur dépeint ici l’univers sombre d’un homme qui admet sa culpabilité dans une affaire de meurtre au grand dam de son avocat. Son parcours personnel fut déjà entaché d’une telle affaire par le passé et cet homme risque désormais la peine capitale. Pourtant tout indique que ce nouveau meurtre est l’œuvre d’un autre individu. Hirokazu Koreeda délaisse donc le portrait sensible pour une atmosphère cinématographique étouffante. Distribué par la Tōhō, le film est sorti le 9 septembre dernier dans l’Archipel.

The third murder (2017, Hirokazu Koreeda) affiche japonaise

Dans la section Short cuts, seul le court-métrage Signature, réalisé par Kei Chikaura, fut sélectionné. Le film avait déjà connu les faveurs du Festival international du film de Locarno en août dernier. Kei Chikaura, qui avait signé deux courts-métrages en 2013 et 2016 titrés respectivement Empty house et The lasting persimmon, suit ici le malaise d’un jeune chinois perdu dans la foule bruyante de Shibuya. Abordant les thèmes contemporains des flux migratoires et de la désillusion de la jeune génération, Kei Chikaura dresse le portrait d’un Japon participant à l’ostracisme des travailleurs étrangers, tout juste bons à accomplir les petits boulots déclassés et à nourrir les statistiques des personnes en situation illégale.

Vampire clay (2017, Sōichi Umezawa) affiche japonaise

Du côté du film de genre, le film d’horreur Vampire clay (Chi o sū nendo) fut programmé dans la section Midnight madness. Le cinéaste Sōichi Umezawa est un habitué de ce genre de productions puisqu’il officie depuis les années quatre-dix en tant que maquilleur d’effets spéciaux. Vampire clay, son premier long-métrage en tant que réalisateur, lui permet de revisiter le mythe du Golem par l’entremise d’un monstre d’argile, à l’origine l’œuvre sculptée d’un innocent d’étudiant d’art, qui sème la terreur dans une école provinciale. Avide de chair fraîche, la créature décime un à un les élèves en proie à la terreur. Film au budget ridicule, Vampire clay connaît néanmoins les joies d’une présentation festivalière ici, avant d’être également programmé au Festival international du film fantastique de Sitges en Espagne dans quelques jours.

Wolf guy (1975, Kazuhiko Yamaguchi) affiche japonaise

Dernier film programmé mais grosse pépite du film d’exploitation, Wolf guy (Urufu gai : moero ōkami otoko) fut projeté dans la section Special event. Événement spécial à coup sûr, Wolf guy est réalisé par Kazuhiko Yamaguchi en 1975 pour le compte des studio Tōei. Le cinéaste met les petits plats dans les grands pour cette aventure lunaire mêlant trame policière et éléments fantastiques, le tout saupoudré d’action martiale, Sonny Chiba interprétant le rôle principal d’un détective loup-garou jouant à l’occasion de son karaté pour s’imposer. Cocktail explosif et disparate du cinéma bis nippon des années soixante-dix, Wolf guy est l’adaptation sur grand écran du manga de Kazumasa Hirai et Hisashi Sakaguchi datant de 1970. De quoi terminer en beauté cette édition 2017 du Festival international du film de Toronto qui permet au cinéma japonais de s’exprimer dans sa diversité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *