Festival du film international de Cannes du 15 au 26 mai 2013

Du 15 au 26 mai dernier s’est tenu le Festival du film international de Cannes 2013. Cette année sur la Croisette le cinéma japonais n’est pas en reste avec notamment la présence de la réalisatrice Naomi Kawase parmi le jury présidé cette année par Steven Spielberg. La cinéaste avait obtenu en 1997 la Caméra d’or pour son film Suzaku (Moe no suzaku), depuis certains de ses films sont sortis dans les salles françaises comme Shara (Sharayôsu, 2003) ou encore La forêt de Mogari (Mogari no mori, 2007). Mais la bonne nouvelle de cette édition est le Prix du jury remporté par Hirokazu Kore-Eda pour son dernier film Tel père, tel fils (Soshite chichi ni aru). Dès ses débuts le cinéaste connaît en France une certaine fortune critique avec des films tels que Maborosi (Maboroshi no hikari, 1995), After life (Wandâfuru raifu, 1998), Nobody knows (Dare mo shiranai, 2004), Still walking (Aruitemo aruitemo, 2008) ou plus récemment I wish – nos voeux secrets (Kiseki, 2011). Cette distinction récompense enfin l’un des cinéastes japonais contemporains les plus subtils, Hirokazu Kore-Eda chroniquant film après film la société japonaise avec une justesse et une émotion rares.

Hirokazu Kore-Eda recevant le Prix du Jury

Naomi Kawase lors de la cérémonie d’ouverture du festival

Tel père, tel fils (2013, Hirokazu Kore-Eda) affiche française

Un second film japonais était également sélectionné en compétition cette année, le dernier film de Takashi Miike, Shield of straw (Wara no tate). La chose est d’autant plus étonnante qu’il s’agit d’un film de genre ce qui n’a pas manqué de provoquer de vives critiques de la part des professionnels et du public présents lors de la projection du film. Cette histoire de traque entre des policiers protégeant un suspect et des tueurs avide de remporter la récompense promise par le père d’une petite fille retrouvée morte n’a en effet pas tellement sa place dans la compétition cannoise. Pas de date de sortie française prévue pour l’instant même si le film est déjà sur les écrans nippons depuis le 26 avril dernier. Film commercial certes qui promet néanmoins un spectacle percutant deux ans après Hara-kiri, mort d’un samouraï (Ichimei) projeté à l’époque hors compétition. Dans la section courts-métrages, notons la sélection d’un film japonais, Météorite + impotence (Inseki to impotence) réalisé par Omoi Sasaki, contant l’histoire d’un homme impuissant depuis qu’une météorite s’est approchée de la Terre.

Shield of straw (2013, Takashi Miike) affiche japonaise

Enfin dans le cadre de la commémoration du 110ème anniversaire de la naissance de Yasujirô Ozu, la Shôchiku a effectué une restauration du film Le goût du saké (Sanma no aji) datant de 1962. Le film, projeté dans la section Cannes classics sera distribué par Carlotta et sortira sur les écrans le 3 juillet prochain. Dernier film du maître, Le goût du saké est une variante d’un précédent film du cinéaste, Printemps tardif (Banshun, 1949). Là encore Yasujirô Ozu procède à l’observation attentive d’une société nippone en pleine transformation à l’heure où les traditions ancestrales cèdent peu à peu le pas à une modernité qui bouscule les habitudes. Par l’entremise de la structure familiale, le cinéaste met en cause les valeurs d’une société qui ne s’interroge guère sur ses origines. Pour cet ultime chef d’œuvre, le cinéaste fait appel à son équipe d’acteurs fétiches. Chishû Ryu, Shima Iwashita, Keiji Sada ou encore Mariko Okada, dépeignent des personnages saisissants et émouvants. Autre film, franco-japonais celui-là, ayant bénéficié d’une restauration, Hiroshima mon amour d’Alain Resnais datant de 1959 avec Emmanuelle Riva et Eiji Okada dans les rôles titres. Le film ressortira sur les écrans français le 17 juillet prochain.

Le goût du saké (1962, Yasujirô Ozu) affiche française

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