Mostra de Venise du 30 août au 9 septembre 2017

La soixante-quatorzième édition de la Mostra de Venise ouvre aujourd’hui ses portes jusqu’au 9 septembre prochain. Le plus vieux festival de cinéma au monde accueille ainsi les cinéphiles des quatre coins de la planète pour une nouvelle édition placée sous l’égide du cinéma américain avec deux personnalités récompensées pour l’ensemble de leur carrière, l’actrice Jane Fonda et l’acteur, réalisateur et producteur Robert Redford. Plus proche de nos considérations, ce cru 2017 affiche quatre longs-métrages japonais inédits au compteur, accompagnés de trois films restaurés. Le premier inédit, présenté en compétition, est le dernier film d’Hirokazu Koreeda intitulé The third murder (Sandome no satsujin). Cette sélection marque le grand retour du cinéaste à la Mostra, plus de vingt ans après la sélection de son premier long-métrage, Maborosi (Maboroshi, 1995) en compétition au festival de Venise, Hirokazu Koreeda étant davantage un habitué du Festival de Cannes depuis. Ici le réalisateur lorgne par ailleurs davantage vers le thriller psychologique en suivant les traces d’un avocat d’exception, chargé de prendre la défense d’un homme inculpé de meurtre mais surtout déjà coupable d’un assassinat trente années plus tôt. The third murder sortira le 9 septembre prochain au Japon via le réseau de distribution de la Tōhō.

Second film inédit, présenté dans la section Horizons, La nuit où j’ai nagé (Oyogisugita yoru), une co-production franco-japonaise dirigée par Damien Manivel et Kōhei Igarashi. Damien Manivel, ancien danseur, s’est reconverti vers le cinéma et s’est fait remarqué avec la réalisation de deux longs-métrages, Un jeune poète en 2015, et Le parc en 2016. Kōhei Igarashi, lui, n’a signé qu’un seul long-métrage, Hold your breath like a lover (Iki o koroshite, 2014), qui fut néanmoins sélectionné au Festival de Locarno en août 2014. La nuit où j’ai nagé se place dans la lignée de leurs films respectifs, des films hypnotiques et oniriques, ici les déambulations d’un jeune garçon, fils de pêcheur, marchant sur la route enneigée de l’école jusqu’à s’y perdre.

The third murder (2017, Hirokazu Koreeda) affiche japonaise

Hors compétition seront programmés les deux erniers films inédits. Ryūichi Sakamoto : Coda tout d’abord, réalisé par Stephen Nomura Schible, est un documentaire sur le célèbre compositeur japonais, reconnu pour ses partitions électroniques et ses bandes originales de films mais aussi comme acteur, notamment pour avoir joué sous la direction de Nagisa Ōshima dans Furyo (Merry christmas, Mr. Lawrence, 1983). Atteint il y a quelques années par le cancer, Ryūichi Sakamoto revient à la composition pour marquer sa victoire sur la maladie. Ryūichi Sakamoto : Coda sortira au Japon le 1er novembre prochain par l’entremise de Kadokawa. Outrage coda (Autoreiji saishusho) ensuite, troisième et dernier opus de la trilogie toujours signé par Takeshi Kitano qui fait ici son retour à la Mostra depuis Outrage beyond (Autoreiji biyondo) justement, ferme la marche des inédits. Étrange réminiscence du titre Coda (qui fut le titre d’un album de Sakamoto en 1983 rappelons-le) lorsque l’on sait que Takashi Kitano faisait également ses premiers pas d’acteurs de cinéma dans ce même film de Nagisa Ōshima… Avec Outrage coda, nous sommes loin des notes musicales pleine de subtilité du compositeur, au contraire Takeshi Kitano nous replonge, pour notre plus grand plaisir, dans l’univers violent et impitoyable des yakuzas. Le film sortira le 7 octobre prochain au Japon sous la houlette de Warner Bros. et Office Kitano.

Outrage coda (2017, Takeshi Kitano) affiche japonaise

Dans la section Classiques, ce ne sont pas moins de trois films japonais qui sont cette année présentés dans leur plus bel écrin, à savoir ; Les amants crucifiés (Chikamatsu monogatari, 1954) et L’intendant Sansho (Sanshō dayū, 1954), réalisés par Kenji Mizoguchi et Le goût du riz au thé vert (Ochazuke no aji, 1952) de Yasujirō Ozu. Ce dernier connaît depuis quelques années les honneurs de restaurations régulières. Kenji Mizoguchi, en revanche, n’a pas eu encore cette chance alors qu’il serait grand temps de (re)découvrir ses chefs d’œuvres dans les meilleures conditions possibles. Gageons que cette attention festivalière soit la première d’une longue série. Le rendez-vous est pris pour la soixante-quinzième édition de la Mostra l’année prochaine pour une sélection tout aussi intéressante.

L’intendant Sansho (1954, Kenji Mizoguchi) affiche japonaise

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *