Paris international fantastic film festival du 5 au 10 décembre 2017

Créé en 2011 par l’équipe de la revue Mad Movies et l’association Paris Ciné Fantastique, le Paris international fantastic film festival, PIFFF pour les intimes, ouvre les portes de sa septième édition du 5 au 10 décembre. Installé au cinéma Max Linder Panorama depuis la précédente édition, le festival s’articule autour d’une compétition internationale de longs-métrages d’une part et d’une compétition de courts-métrages français d’autre part. Hors compétition sont également programmés de nombreux films fantastiques venus du monde entier. Le cinéma japonais n’étant pas avare en la matière, l’on retrouve régulièrement pour l’événement des films japonais. L’édition de cette année est particulièrement fertile en ce qui nous concerne. Sept longs-métrages, dont un en compétition, sont en effet programmés cette année pour notre plus grand plaisir.

Le film sélectionné en compétition est Ajin : demi-human (Ajin), réalisé par Katsuyuki Motohiro, dont c’est ici la première européenne. Le film est sorti sur les écrans japonais le 30 septembre dernier et a rencontré un vif succès au box office. Succès prévisible étant donné celui rencontré par le manga, dessiné par Gamon Sakurai, dont le film est l’adaptation. Kei est un jeune homme comme un autre jusqu’au jour où il meurt dans un accident de la route. Mais loin de passer de l’autre côté, Kei est devenu un ajin, un être vivant éternel. Alors que les ajin se multiplient sur la surface du globe, ces créatures contre-nature sont très vite pourchassées par les humains qui veulent découvrir les secrets de leur immortalité. Kei n’a pas d’autre choix que de cacher sa véritable nature. Mais les ajin se regroupent et préparent une offensive contre l’humanité.

Ajin : demi-human (2017, Katsuyuki Motohiro) affiche japonaise

Hors compétition, ce n’est pas moins de cinq films japonais qui sont proposés. Sorti sur les écrans japonais l’année dernière, il y a tout d’abord Godzilla resurgence (Shin Gōjira), mis en scène conjointement par Shinji Higuchi et Hideaki Anno. Le film reprend le mythe du monstre géant lancé par la Tōhō dans les années cinquante mais délaisse la sempiternelle tradition de la technique de l’homme dans un costume pour offrir ici une créature totalement numérique. La franchise est donc loin de s’éteindre après, notamment, la version coproduite entre le Japon et les États-Unis en 2014 et une version animée, Godzilla : monster planet, sortie au Japon il y a quelques jours. Le kaiju eiga, le film de monstres géants, n’est donc pas mort et enterré, loin de là.

Godzilla resurgence (2016, Hideaki Anno et Shinji Higuchi) affiche japonaise

Autre événement de taille, la sélection de deux longs-métrages signés Takashi Miike. L’on sait combien le cinéaste est capable d’aligner les projets les uns après les autres, la projection de Blade of the immortal (Mugen no jūnin) et de Jojo’s bizarre adventure : diamond is unbreakable – chapter 1 (Jojo no kimyō no bōken : daiyamondo wa kudakenai – dai isshō) nous permet de suivre, un tant soit peu, ce rythme frénétique. Les deux films ont fait l’objet de l’attention de nombreux festivals mais risquent de ne pas connaître de sortie française. Le premier est l’adaptation du manga L’habitant de l’infini, dessiné par Hiroaki Samura, quand le second est l’adaptation du manga éponyme de Hirohiko Araki. Takashi Miike s’approprie, avec la gouaille qui est la sienne, ces deux univers que tout oppose, le premier lorgnant vers le jidaigeki façon pop, le second vers le film d’action décalé, pour ne pas dire farfelu.

Blade of the immortal (2017, Takashi Miike) affiche japonaise

Plus intime et discret, le film Survival family (Sabaibaru famirī) est lui aussi sélectionné au PIFFF. Réalisé par Shinobu Yuguchi, le film raconte les aventures apocalyptiques d’une famille tokyoïte qui tente de s’extraire de la capitale suite à une panne générale d’électricité. Sur le mode à la fois satirique et décalé, le film projette le spectateur dans un Japon en proie à l’inquiétude et au désarroi alors que toutes les nouvelles technologies deviennent inutiles, faute d’énergie pour les faire fonctionner. Ou comment un père japonais et ses mômes, urbains dans l’âme, reviennent aux valeurs fondamentales pour survivre au désastre. Survival family est sorti au Japon en février dernier mais continu de croiser la route de nombreux festivals internationaux.

Survival family (2017, Shinobu Yaguchi) affiche japonaise

Côté animation, c’est la coproduction franco-japonaise, Mutafukaz, qui s’y colle. Le film est d’ailleurs co-réalisé entre Guillaume Renard et Shōjirō Nishimi. Le premier n’est autre que l’auteur de la bande dessinée originale, qu’il signe de son nom de plume Run, et le second est un animateur chevronné issu du Studio 4°C, célèbre studio d’animation japonais responsable de projets tels que Memories (1995, Kōji Morimoto, Tensai Okamira et Katsuhiro Ōtomo), Spriggan (1998, Hirotsugu Kawasaki), Mind game (2004, Masaaki Yuasa et Kōji Morimoto) ou encore Amer béton (Tekkon kinkurīto, 2006, Michael Arras). Autant dire que cette coproduction est née sous une bonne étoile. Le film mixe avec tonicité le street art, le hip hop et le manga pour un résultat forcément original. Mutafukaz connaît une belle trajectoire en festival, notamment au Festival international du film d’animation d’Annecy où il connut sont avant-première mondiale. Le film ne possède pas encore de date pour sa sortie française.

Mutafukaz (2017, Guillaume Renard et Shōjirō Nishimi) affiche internationale

Enfin, un peu plus en marge des sélections, la section séance interdite propose le dernier film de Ryūhei Kitamura en date, Downrange. Killer movie en bonne et dû forme, un groupe de touristes se retrouvent au milieu de nulle part après une crevaison. Sans réseau téléphonique, impossible de faire appel à un dépanneur mais les choses se compliquent véritablement lorsqu’un sniper fanatique prend la troupe pour cible. Les grands espaces de l’Amérique deviennent tout à coup le lieu d’un huis clos nerveux. Ryūhei Kitamura réalise ici son troisième film en langue anglaise après Midnight meat train en 2008 et No one lives en 2012. Le film connaît au PIFFF son avant-première française après avoir été sélectionné au Festival international du film de Toronto en septembre. En octobre, Downrange fut projeté à la fois au Festival international du film fantastique de Catalogne et celui de Busan. Le film ne connaît pas encore de date de sortie, que ce soit en France ou au Japon. Ce petit tour des films japonais sélectionnés au PIFFF nous convainc qu’il va falloir avoir l’œil rivé sur cet événement pour les éditions prochaines.

Downrange (2017, Ryūhei Kitamura) affiche internationale

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