Programmation du Forum des Images du 02 mars au 14 avril 2016

Le Forum des Images à Paris proposent ces jours-ci une rétrospective de films sous le thème de « manger! ». La gastronomie retient évidemment toutes les attentions en France mais cette programmation démontre que le monde entier n’est pas en reste, loin de là! Le cinéma s’est souvent emparé, d’une manière ou d’une autre, de cette pratique humaine quotidienne, à la fois geste banal et source de plaisirs. « Manger a beau être un besoin primaire, il ne se réduit pas pour autant à une simple fonction biologique. Avec ses dimensions symboliques, sociales, économiques et politiques, l’acte de manger inspire le cinéma qui, dans des registres très variés allant du burlesque au fantastique, questionne ce que l’on incorpore, depuis nos modes de production jusqu’à nos rituels de consommation » nous explique l’édito du programme. Les films japonais sont bien sûr de la partie avec une petite sélection pleine de saveurs et de parfums.

Rétrospective manger Forum des Images affiche

Affiche de la rétrospective

C’est Yasujirô Ozu qui ouvre les festivités avec deux films de son cru, Le goût du riz au thé vert (Ochazuke no aji, 1952) et Le goût du saké (Sanma no aji, 1963). Le premier est l’histoire d’un couple issu d’un mariage arrangé. Taeko et Mokichi n’ont pas d’enfant et leur quotidien semble bien morne. Setsuko, la jeune nièce de Taeko, utilise leur exemple pour échapper à des propositions de mariage arrangé. Le second film parle lui d’un père veuf, nommé Shûhei, élevant ses deux enfants, sa fille aînée Michiko et son fils Koichi. Un ami de Shûhei lui propose un jour un prétendant pour sa fille. Le temps est venu pour lui de considérer le mariage de Michiko au risque de se retrouver seul. Marque de fabrique du cinéaste, le drame familial au quotidien dans le Japon d’après-guerre est l’occasion pour lui de mettre en scène le foyer, la cellule familiale, ses habitudes et ses vicissitudes. Les repas sont alors l’occasion de rassembler tous les membres autour d’un même moment, d’un même partage. Yasujirô Ozu sait parfaitement filmer ces petits gestes, qui d’une grande banalité glisse lentement vers le sublime. Le repas est pour lui une source de lien d’une grande force, témoignage certes d’une implacable tradition mais une tradition fragile, qu’il faut entretenir, répéter, léguer.

Le goût du saké (1963, Yasuhirô Ozu) affiche japonaise

Le goût du saké (1963, Yasujirô Ozu) affiche japonaise

Deux autres films, plus récents, compléteront la programmation de cette rétrospective gustative, Still walking (Aruitemo aruitemo, 2008) de Hirokazu Kore-Eda et Tampopo (Tanpopo, 1985) de Juzô Itami. Hirokazu Kore-Eda se place tout à fait dans la veine ozuienne du portrait naturaliste de la famille japonaise. Avec Still walking, il scrute les habitudes d’une famille en deuil, qui se rejoint chaque année pour célébrer la mémoire du fils aîné, décédé en tentant de sauver un enfant de la noyade. Les balades et les repas sont ici l’occasion de parler, de se souvenir, d’évoquer le défunt. Un partage culinaire qui ne projette pas dans l’avenir mais revient inexorablement sur le passé. Au contraire de Tampopo de Juzô Itami, jouant la carte de la comédie pour raconter les tribulations d’une cuisinière à la recherche de la recette de ramen (soupe de nouilles) ultime. Humour, érostisme, obsession, étrangeté sont les ingrédients de cette comédie atypique où la quête gustative s’apparente à une quête divine sinon mystique. Outre les films japonais le programme de cette rétrospective contient bien entendu de multiples pépites du cinéma mondial, de quoi faire saliver les babines des cinéphiles. Toute la programmation ici.

Tampopo (1985, Juzô Itami) affiche japonaise

Tampopo (1985, Juzô Itami) affiche japonaise

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