Programmation du Musée Guimet du 12 février au 17 juin 2016

Le cinéma japonais est à l’honneur pour les prochaines semaines au Musée Guimet des Arts Asiatiques à Paris. Une programmation riche, diversifiée et pertinente pour découvrir tout aussi bien des films de patrimoine, des documentaires inédits ou des œuvres marginales encore trop peu connues. C’est par une sélection de quelques films phares de Nagisa Oshima que cette saison débute. Pas moins de treize films du maître seront projetés, à savoir: Une ville d’amour et d’espoir (Ai to kibo no machi, 1959), Contes cruels de la jeunesse (Seishun zankoku monogatari, 1960), L’enterrement du soleil (Tayio no hakaba, 1960), Le piège (Shiiku, 1960), Les plaisirs de la chair (Etsuraku, 1965), La pendaison (Kôshikei, 1968), Le petit garçon (Shônen, 1969), La cérémonie (Gishiki, 1971), L’empire des sens (Ai no Koridâ, 1976), L’empire de la passion (Ai no borei, 1978), Furyo (Merry Christmas Mr. Lawrence, 1983), Max mon amour (1986) et enfin Tabou (Gohatto, 1999). Cette sélection sera accompagnée de la projection du documentaire de David Thompson Il était une fois… L’empire des sens (2010) sur le tournage du film le plus controversé du cinéaste.

Tabou (1999, Nagisa Oshima) affiche japonaise

Côté animation trois films seront présentés. Jours d’hiver (Fuyu no hi) réalisé en 2003 par 37 réalisateurs du monde entier emmenés par la figure tutélaire de Kihachirô Kawamoto. Sur le principe de l’écriture poétique du renku, chaque personne déclame ses propres vers en fonction de ce qui a été précédemment composé. Ici chaque réalisateur utilise sa propre technique pour construire au final un film polymorphe mais puissamment onirique. Goshu le violoncelliste (Sero hiki no Gôshu, 1982) de Isao Takahata, plus classique dans sa forme, est lui davantage porté par un sentiment mélancolique à travers la touche inimitable du réalisateur alliant simplicité et sincérité dans un même élan. Un été avec Coo (Kappa no ku to natsu yasumi, 2007) enfin, réalisé par Keiichi Hara, apporte le zest d’humour et de folklore nécessaire.

Jours d'hiver (2003, Kihachirô Kawamoto) affiche japonaise

Trois autres cinéastes seront également mis à l’honneur lors de ce rendez-vous. Le premier, Jinsei Tsuji, est plus connu sous le nom de Hitonari Tsuji. Chanteur de rock puis romancier, il a entamé une carrière de scénariste et de cinéaste à la fin des années quatre-vingt dix. Ses deux derniers longs-métrages, inédits en France, seront projetés: Paris Tokyo paysage (Sonogo no futari), réalisé en 2013 puis The undying dream we have (Samenagara miru yume) tourné lui en 2014. Le second réalisateur, Hitoshi Matsumoto, est lui plus connu dans l’Hexagone notamment pour son humour décalé et extraverti. Trois films seront proposés: Big man Japan (Dai-nihonjin, 2007), Symbol (Shinboru, 2009) et Saya zamuraï (Saya-zamourai, 2011) le seul de ses films à avoir connu une sortie sur les écrans français. Enfin Adrift in Tokyo (2007, Tenten) permettra de découvrir le cinéaste Satoshi Miki.

Paris Tokyo paysage (2013, Jinsei Tsuji) affiche japonaise

Quelques films sur des artistes japonais majeurs seront également programmés. Tadashi Kawamata, plasticien, sculpteur, photographe et vidéaste sera le sujet de trois films de Gilles Coudert sur son travail: Le passage des chaises (1997), Tadashi Kawamata, les chaises de traverse (1998) et enfin Tadashi Kawamata (2000). Le photographe Araki sera lui décortiqué par deux films, Nobuyoshi Araki (2000, William Klein et Jean-Pierre Krief) et Arakimentari (2004, Travis Klose). Issey Miyake (1984, Eric Clouet), Yukio Mishima (1925-1970) (1995, Jean-Claude Lubtchansky) puis Junichirô Tanizaki (1896-1965) (1997, Didier Deleskiewicz) aborderont respectivement le travail du styliste et celui des deux grands écrivains alors que l’architecture, la musique et la danse ne seront pas oubliés avec la projection de Shigeru Ban, architecte de l’urgence (2000, Michel Quinejure), Tadao Ando, architecture du silence (2003, Jean Antoine), Akio the cat (2009, Joëlle Janssen) et Saburo Teshigawara, danser l’invisible (2005, Elisabeth Coronel). Puis L’héritage de Frida Kahlo (2014, Tadasuke Kotani et Miyako Ishiushi) présentera le travail de la photographe nippone Miyako Ishiushi dans la maison de l’artiste mexicaine.

L'héritage de Frida Kahlo (2014, Tadasuke Kotani et Miyako Ishiushi) affiche américaine

Côté cinéma, se seront trois documentaires qui seront consacrés à certains des cinéastes japonais les plus connus en France. Le renommé AK réalisé par Chris Marker en 1985 abordant le tournage titanesque de Ran d’Akira Kurosawa. Takeshi Kitano, l’imprévisible (issu de la collection Cinéastes de notre temps) de Jean-Pierre Limosin en 1999 revient quant à lui sur la carrière de celui qui fut davantage reconnu à l’étranger à ses débuts que dans son propre pays. Rien ne s’efface enfin, réalisé par Laëtitia Mikles en 2008, se déploie autour de la relation que la documentariste entretien avec Naomi Kawase, un film qui met en lumière les thèmes chers à la cinéaste japonaise comme la famille et le traitement du souvenir.

Rien ne s'efface (2008, Laëtitia Mikles) affiche française

Pour conclure, une nuit du cinéma érotique avec la projection de trois longs-métrages sera organisée le vendredi 17 mai. Présentée et animée par Agnès Giard (journaliste et anthropologue spécialiste des courants artistiques marginaux au Japon), la nuit verra se succéder La barrière de la chair (Nikutai no mon, 1964, Seijun Suzuki), Le marché sexuel des filles (Shikijô mesu ichiba, 1974, Noboru Tanaka) et Tokyo decadence (Topâzu, 1992, Ryu Murakami). Trois films phares dont le côté érotique met en lumière trois conceptions différentes de l’érotisme à l’image, du plus charnel et sucré avec le film au style pop de Seijun Suzuki à la représentations froide et urbaine de Ryu Murakami. Nettement plus commercial et aguicheur, le film de Noboru Tanaka est l’incarnation même du boom des films érotiques dans les années soixante-dix qui sauva de la banqueroute les studios Nikkatsu.

Tokyo decadence (1992, Ryu Murakami) affiche japonaise

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