Rétrospective Kinji Fukasaku à la Cinémathèque Française

Aujourd’hui commence à la Cinémathèque Française la rétrospective la plus importante jamais consacrée au cinéaste Kinji Fukasaku. Jusqu’au 03 août prochain seront projetés pas moins de 53 longs-métrages du cinéaste accompagnés de quatre films évoquant son oeuvre. Après la première rétrospective à l’été 2001 à l’Etrange Festival puis à la Maison de la Culture du Japon à Paris en février 2002, la Cinémathèque Française met enfin à l’honneur le cinéaste japonais disparu en 2003. Si l’on peut déplorer que cette rétrospective ne soit pas exhaustive, il manque en effet à la liste quelques films, l’occasion nous est quand même donnée de découvrir enfin l’ensemble d’une oeuvre hétéroclite là où les précédents hommages se consacraient essentiellement aux films de gangsters réalisés par le cinéaste. Entré dans les studios Tôei en 1953, Kinji Fukasaku passera ses premières années en tant qu’assistant-réalisateur avant de passer à la réalisation en 1961 avec Du rififi chez les truands/Gangsters en plein jour (Hakuchu no buraikan).

Commence alors pour lui une carrière prolifique dans les années soixante et soixante-dix, carrière qui connaîtra ses premiers soubresauts dans les années quatre-vingt avant de véritablement décliner la décennie suivante. En 2000 sortira Battle royale (Batoru rowaiaru), un succès phénoménal qui lui permettra d’être enfin reconnu de manière internationale. En France, les critiques et le public sollicitent le film et son réalisateur qui est alors pour beaucoup, inconnu. Kinji Fukasaku est pourtant l’un des cinéastes japonais dont les films sont sortis en nombre sur les écrans français depuis Bataille au-delà des étoiles (Gamma sango uchu daisakusen, 1968) en novembre 1972 jusqu’au film Le lézard noir (Kurotokage, 1968) en février 1984! Kinji Fukasaku était alors raillé dans les colonnes des revues de cinéma au mieux pour le côté kitsch de ses films de science-fiction au pire comme un homme à tout faire dénué d’ambition artistique. Juste retour de bâton, son oeuvre est enfin analysée et critiquée à l’aune d’un cinéma japonais commercial au sein duquel le cinéaste a réussi à imposer un style, une touche, une énergie propre.

Voici la liste des films projetés:
Bataille au-delà des étoiles (Gamma sango uchu daisakusen, 1968, USA/Japon)
Battle royale (Batoru rowaiaru, 2000)
Battle royale II – Requiem (Batoru rowaiaru II: chinkonka) (co-réalisé avec Kenta Fukasaku)
Le blason ensanglanté (Chi-zome no daimon, 1970)
Le caïd de Yokohama (Nihon boryokudan – kumicho, 1969)
La cérémonie de dissolution du gang (Kaisan shiki, 1967)
Chantage (Odoshi, 1966)
Le cimetière de la morale (Jingi no hakaba, 1975)
Combat sans code d’honneur – Qui sera le boss à Hiroshima? (Jingi naki tatakai, 1973)
Combat sans code d’honneur 2 – Guerre mortelle à Hiroshima (Jingi naki tatakai: Hiroshima shito hen, 1973)
Combat sans code d’honneur 3 – Guerre par procuration (Jingi naki tatakai: dairi sensô, 1973)
Combat sans code d’honneur 4 – Opération au sommet (Jingi naki tatakai: chojo sakusen, 1974)
Combat sans code d’honneur 5 – La partie finale (Jingi naki tatakai: kanketsu-hen, 1974)
Défi d’amour propre – fierté agressive (Hokori takaki chosen, 1962)
La demeure de la rose noire (Kuro bara no yakata, 1969)
Le dragon sauvage de Hokkaido (Hokkai no abare-ryû, 1966)
Du rififi chez les truands/Gangsters en plein jour (Hakuchû no buraikan, 1961)
Duel en plein jour – le kamikaze (Kamikaze yarô: mahiru no kettô, 1966)
Les évadés de l’espace (Uchu kara no messeji, 1978)
Gang contre G-men (Gyangu tai G-men, 1962)
Guerre des gangs à Okinawa (Bakuto gaijin butai, 1971)
Histoire de fantômes à Yotsuya (Chûshingura gaiden yotsuya kaidan, 1994)
L’homme des passions (Kataku no hito, 1986)
Hommes, porcs et loups (Okami to buta to ningen, 1964)
Jakoman et Tetsu (Jakoman to Tetsu, 1964)
Kamikaze club (Kyokatsu koso waga jinsei, 1968)
La légende des huit samouraïs (Satomi hakken-den, 1983)
Le lézard noir (Kurotokage, 1968)
La maison des geishas (Omocha, 1999)
La marche de Kamata (Kamata koshin-kyoku, 1982)
Nouveau combat sans code d’honneur (Shin jingi naki tatakai, 1974)
Nouveau combat sans code d’honneur 2 – La tête du boss (Shin jingi naki tatakai: kumicho no kubi, 1975)
Nouveau combat sans code d’honneur 3 – Les derniers jours du boss (Shin jingi naki tatakai: kumicho saigo no hi, 1976)
Okita le pourfendeur (Gendai yakuza: hito-kiri Yota, 1972)
Okita le pourfendeur: les trois frères chiens fous (Hito-kiri Yota: kyoken sankyodai, 1972)
Police contre syndicat du crime (Kenkei tai soshiki boryoku, 1975)
Le policier vagabond: la tragédie de la vallée rouge (Fûraibô tantei: akai tani no sangeki, 1961)
Le policier vagabond: le vent franchit le cap (Fûraibô tantei: misaki o wataru kuroi kaze, 1961)
Rhapsodie de Shangaï (Shanhai bansukingu, 1984)
La rivière Dôtonbori (Dôtonborigawa, 1982)
Le samouraï et le shogun (Yagyû ichizoku no inbo, 1978)
Samurai réincarnation (Makai tenshô, 1981)
Si tu étais jeune (Kimi ga wakamono nara, 1970)
La société des gangsters (Gyangu domei, 1963)
Sous les drapeaux, l’enfer (Gunki hatameku motoni, 1973)
Tombe de yakuza et fleur de gardénia (Yakuza no hakaba: kuchinashi no hana, 1976)
Tora! Tora! Tora! (1969) (co-réalisé avec Richard Fleisher et Toshio Masuda)
Le type au drôle de chapeau (Funky hat no kaidanji, 1961)
Le type au drôle de chapeau: le bras de vingt millions de yens (Funky hatto no kaidanji: nisen-man-en no ude, 1961)
Un jour étincelant (Itsuka giragirasuruhi, 1992)
La vengeance du samouraï (Hissatsu 4: urami harashimasu, 1987)
Virus (Fukkatsu no hi, 1979)
Le voleur de capitaux (Shikingen gôdatsu, 1975)

autour de Kinji Fukasaku seront projetés les films suivants:
Fukasaku raconté par Quentin Tarantino (Kinji Fukasaku, filmmaker, 2000, Yoshiki Fukagawa)
Miwa: à la recherche du « lézard noir » (2011, Pascal-Alex Vincent, France/Japon)
Rampo, la proie et l’ombre (Rampo, 1995, Kazuyoshi Okuyama et Rintaro Mayuzumi)
Yakuza eiga, une histoire du cinéma yakuza (2008, Yves Montmayeur, France)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *