Voyage à Tokyo et Le goût du saké de Yasujirô Ozu

Nous vous en parlions à l’occasion du Festival du film international de Cannes en mai dernier et du Festival Paris Cinéma qui se tient en ce moment même, les deux films de Yasujirō Ozu, restaurés par la Shōchiku pour fêter le 110ème anniversaire de sa naissance, sortent aujourd’hui sur les écrans nationaux. Voyage à Tokyo (Tōkyō monogatari, 1953) et Le goût du saké (Sanma no aji, 1963) ont en effet bénéficié d’un traitement de faveur à l’occasion d’une restauration numérique. Voyage à Tokyo est considéré par la critique internationale comme le chef d’œuvre du cinéaste alors que Le goût du saké est son dernier film, réalisé seulement quelques mois avant son décès. Contrairement à Akira Kurosawa et Kenji Mizoguchi qui ont bénéficié d’une large notoriété en France dès les années cinquante, Yasujirō Ozu n’a pas profité de cette situation. Voyage à Tokyo fut son premier film exploité dans l’Hexagone en mars 1978, quinze ans après la disparition du cinéaste ! Le goût du saké sera, lui, exploité la même année en décembre sous le titre Le goût du poisson.

Affiche de la rétrospective Ozu en trois films en 2013

Si Voyage à Tokyo a déjà bénéficié d’une reprise au cinéma en France en juin 2006, Le goût du saké ressort sur les écrans pour la première fois. Pour ceux qui n’ont pas la possibilité de profiter de la projection régulière de ces films dans les salles Art & Essai de la capitale, cette sortie conjointe est l’occasion de profiter des meilleurs conditions possibles pour découvrir Yasujirō Ozu sur grand écran. Avec la sortie il y a quelques jours du premier film parlant du cinéaste, Le fils unique (Hitori musuko, 1936), le distributeur Carlotta rend au cinéaste les honneurs qu’il mérite. Celui qui est décédé le jour même de son soixantième anniversaire est considéré comme l’un des cinéastes emblématiques du cinéma japonais dans le monde entier. Acclamé pour son style et son refus d’un cinéma commercial, le réalisateur, à l’origine fortement influencé par le cinéma américain des années vingt, épurera sa mise en scène et sa thématique pour se concentrer sur l’observation d’une société japonaise qui connaît alors de profonds changements. Il en résultera une oeuvre forte et cohérente dont l’ambition et la qualité sont aujourd’hui incontestables.

Voyage à Tokyo (1953, Yasujirō Ozu) affiche française de 2006

Le goût du saké (1963, Yasujirô Ozu) affiche française de 2013

Voici la bande-annonce française de cette rétrospective :

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