Sorties au Japon : semaine du 21 au 27 août 2017

La semaine du 21 au 27 août est très chargée sur les écrans japonais avec pas moins de onze longs-métrages et trois formats courts exploités ces jours-ci. L’animation japonaise est particulièrement à l’honneur avec à la fois des œuvres pour grand public, tels que I want to deliver your voice et Fate/kaleid liner prisma Illya – Oath under snow, mais aussi des films pour les plus petits avec le double programme composé de The bear’s school the movie – Patissier Jackie and the sun’s sweets et Tiny ballon dog – the somewhat mysterious country of dinosaurs. Trois documentaires sont proposés cette semaine ; le premier, Beigun ga mottomo osoreta otoko, sono na wa Kamejirō éclaire l’histoire politique japonaise, le second, Mōrō wo ikiru, traite de la situation du handicap et enfin le troisième, Mother fucker, annonce un film au ton plus léger sur fond de musique punk-rock. La programmation ne dédaigne néanmoins pas les films de genre, à savoir l’action et le jidaigeki avec respectivement Asura girl – Blood-C et Sekigahara. Ce dernier s’annonce comme le film à gros budget de la semaine avec notamment Kōji Yakusho dans l’un des rôles titres. Nous revenons également sur les films étrangers distribués au Japon.

The bear’s school the movie – Patissier Jackie and the sun’s sweets
(2017, Tetsuro Koroda) affiche japonaise

Vendredi 25 août :
The bear’s school the movie – Patissier Jackie and the sun’s sweets (Kuma no gakkō : patishie Jakkī to ōisama no suītsu, 2017, Tetsuro Koroda)
En 2002 Nami Adachi et Hiroyuki Aihara entamèrent la série de livres pour enfants The bear’s school (Kumo gakkō en version originale) chez l’éditeur Bronze Shinsha. Publiés en Chine, à Taïwan et en Corée du sud, cet univers connaît aussi sa version française, titrée À l’école des ours, dont le premier tome est paru chez nous en novembre 2004. La franchise fut également adaptée une première fois en film d’animation en 2010 sous le titre The bear’s school the movie : Jackie and Kate (Kuma no gakkō : Jakkī to Keiti), réalisé alors par Tetsurō Kodama. En 2013 et jusqu’en 2016, trois saisons furent adaptées en série animée. The bear’s school the movie – Patissier Jackie and the sun’s sweets est donc la seconde adaptation de cet univers développé pour les plus petits sous forme de moyen-métrage afin de fêter le quinzième anniversaire de la franchise. Le film est distribué en complément de Tiny ballon dog – the somewhat mysterious country of dinosaurs.

Tiny balloon dog – the somewhat mysterious country of dinosaurs
(2017, Daiki Inaba) affiche japonaise

Tiny balloon dog – the somewhat mysterious country of dinosaurs (Fūsen no Tīnī – nadaka fushigi na kyōryū no kuni, 2017, Daiki Inaba)
Tiny balloon dog (Fūsen no Tīnī en version originale) est un autre univers développé pour les enfants en bas âge. Créé en 2014 par Genki Kawamura au scénario et Kenjirō Sano au dessin, Tiny balloon dog est une série qui compte déjà six ouvrages au Japon. Une série animée composée de deux saisons fut également adaptée à la télévision entre 2014 et 2015. Tiny ballon dog – the somewhat mysterious country of dinosaurs est la première adaptation en film de moyen-métrage de la franchise. Celle-ci est accompagnée pour la projection en salle de The bear’s school the movie – Patissier Jackie and the sun’s sweets.

Asura girl – Blood-C (2017, Shūtarō Oku) affiche japonaise

Samedi 26 août :
Asura girl – Blood-C (Ashura shōjo – Blood-C ibun, 2017, Shūtarō Oku)
Adaptation live d’après la série animée Blood-C, créée par le studio Production I.G. et le studio Clamp en 2011, Asura girl – Blood-C se place comme un projet supplémentaire de la franchise Blood, commencée en 2000 avec la série Blood : the last vampire et poursuivie avec la série animée Blood+ en 2005. Ici nous retrouvons le personnage de Saya Kisaragi, l’adolescente aux dons martiaux aiguisés, en pleine période militariste avant la guerre du Pacifique. Déjà tueuse pour le compte du gouvernement, Kisaragi vit pourtant le quotidien d’une jeune fille de son âge ; son devoir filial, ses cours au lycée et ses amis rythment sa vie. Jusqu’au jour où un conflit éclate entre les villageois et l’autorité militaire. Entre les deux, elle devra choisir… Shūtarō Oku signe la réalisation de ce nouvel opus après avoir dirigé, sur scène, la version théâtrale de Blood-C the last mind à l’été 2015.

Beigun ga mottomo osoreta otoko, sono na wa Kamejirō
(2017, Tadahiko Sako) affiche japonaise

Beigun ga mottomo osoreta otoko, sono na wa Kamejirō (2017, Tadahiko Sako)
Beigun ga mottomo osoreta otoko, sono na wa Kamejirō est un documentaire de Tadahiko Sako retraçant la carrière de Kamejirō Senaga, homme politique japonais au destin singulier. Né à Okinawa en 1907, cet homme s’ets très vite impliqué dans les luttes ouvrières dès les années trente. Au sortir de la guerre, il fonda un parti politique de gauche dans sa région natale et ce, malgré l’occupation américaine qui voyait alors d’un très mauvais œil les discours à tendance socialiste ou communiste. Devenue très influent au début des années cinquante, Kamejirō Senaga est accusé par les autorités occupantes de compromission avec les milieux communistes. Sous le coup d’un procès expéditif, le politicien finit par être emprisonné. À sa sortie de prison quelques années plus tard, il attendra que le territoire d’Okinawa retourne sous le giron japonais pour adhérer au parti communiste japonais. Enfin élu, il le sera sept fois de manière consécutive, aux élections législatives, Kamejirō Senaga finit par représenter un symbole, celui de la contestation des habitants d’Okinawa contre la présence militaire américaine, encore effective de nos jours.

Cute high eart defense club Love ! Love ! Love !
(2017, Shinji Takamatsu) affiche japonaise

Cute high earth defense club Love ! Love ! Love ! (Binan kōkō chikyū bōeibu Love ! Love ! Love !, 2017, Shinji Takamatsu)
Adaptation en long-métrage de la série animée du même nom, Cute high earth defense club Love ! Love! Love ! se présente comme une séquelle aux deux saisons télévisées diffusées entre 2015 et 2016. L’on y suit un groupe de cinq jeunes hommes, tous bénéficiant d’un pouvoir extraordinaire conféré par une créature venue du cosmos. Les cinq jeunes gens se sont regroupés en un club, le Club de défense de la Terre, pour contrer les ennemis qui veulent en prendre possession. Sorte de magical girl aux valeurs inversées, Cute high earth defense club Love ! Love ! Love ! continue sur le même ton parodique tout en respectant les lois du genre. Shinji Takamatsu avait déjà supervisé la réalisation de la série animée, il dirige là encore le long-métrage. Expérimenté, il a commencé sa carrière dans les années quatre-vingt en passant rapidement à la réalisation. Il a signé quelques titres notables tels que Mobile suit SD Gundam’s counterattack (Kidō senshi SD Gundamu no gyakushū, 1989), School rumble (Sukūru ranburu, 2004) ou encore Gintama : the movie (Gintama : shin’yaku benizakura-hen, 2010). Les deux saisons de la série animée Cute high earth defense club Love ! sont déjà disponible en France sur la plateforme Crunchyroll. Le film d’animation, lui, reste pour l’instant inédit.

Dear etranger (2017, Yukiko Mishima) affiche japonaise

Dear etranger (Osanago warera ni umare, 2017, Yukiko Mishima)
Adapté du roman éponyme écrit par Kiyoshi Shigematsu en 1996, Dear etranger suit la vie d’un quarantenaire, Makoto, père d’une petite fille et nouvellement remarié à une femme, elle aussi mère de deux enfants issus d’une précédente union. Makoto essaye de mener une vie de famille des plus ordinaire mais lorsque sa nouvelle compagne tombe enceinte, c’est tout l’équilibre du noyau familial qui vacille. Peu ou pas connue en Occident, la cinéaste Yukiko Mishima n’en est pourtant pas à son coup d’essai. Alternant le petit comme le grand écran, elle a réalisé son premier long-métrage, Shisei : nihohi tsuki no gotoku, en 2009 avant de mettre en scène quatre autres films avant Dear etranger. Ce dernier n’est pour l’instant programmé dans aucun festival hors d’Asie. Au Japon, le film est distribué de manière indépendante par Phantom Film.

Fate/Kaleid liner prisma Illya – Oath under snow
(2017, Shin Ōnuma) affiche japonaise

Fate/kaleid liner prisma Illya – Oath under snow (Gekijōban Fate/kaleid liner purizuma Iriya – sekka no chikai, 2017, Shin Ōnuma)
Fate/kaleid liner prisma Illya est à l’origine un manga écrit et dessiné par Hiroshi Hiroyama en 2007 dans la lignée des précédents Fate/stay night et Fate/zero. Une série animée, produite par le studio Silver Link et comptant à ce jour quatre saisons, est ensuite diffusée sur la chaîne Tokyo MX entre 2013 et 2016. Fate/kaleid liner prisma Illya – Oath under snow en est le prolongement, sous forme de long-métrage animé réalisé par Shin Ōnuma, déjà aux commandes de la série animée. Le cinéaste avait participé avant cela à des projets tels que Negima (2006), Bakemonogatari (2009) ou encore Dusk maiden of amnesia (2012). Le film devrait être disponible rapidement en France sur la plateforme Crunchyroll.

Harunareya (2017, Bunji Satoyama) affiche japonaise

Harunareya (2017, Bunji Satoyama)
Bunji Satoyama avait réalisé un long-métrage, A sparkle of life (Sansan) en 2013, avec déjà l’actrice Kazuko Yoshiyuki dans le rôle titre de la femme âgée. Dans Harunareya, le cinéaste revient au court-métrage mais toujours avec Kazuko Yoshiyuki au centre de l ‘attention. Celle-ci fait en effet la rencontre d’un jeune homme, interprété par Nijiro Murakami, dans un parc en pleine floraison des cerisiers. La vieille dame a vécu sa vie. La vie du jeune homme, elle, est devant lui. La vie serait-elle aussi éphémère que celle d’une fleur de cerisier ? Tel un haïku, Harunareya est un court-métrage qui célèbre la vie qui s’écoule. Le film fut sélectionné au Japan film festival de Los Angeles en mai dernier.

I want to deliver your voice (2017, Naoyuki Itō) affiche japonaise

I want to deliver your voice (Kimi no koe wo todoketai, 2017, Naoyuki Itō)
Nagisa est une lycéenne un peu rêveuse d’une petite ville balnéaire. Sa grand-mère lui a enseigné, quand elle était encore toute petit, que les esprits habitaient chaque mot écrit ou prononcé. Se rattachant à cette croyance enfantine, Nagisa ne cesse de croire à ses rêves. Un beau jour, la jeune fille se retrouve dans une station radio abandonnée. Le matériel étant encore en état de marche, elle en profite pour jouer à la DJ. Mais sa voix va immédiatement convoquer une ancienne présence disparue. I want to deliver your voice est réalisé par Naoyuki Itō, dont c’est la quatrième long-métrage. Exerçant sur des séries animées depuis les années quatre-vingt-dix, ce n’est qu’en 2013 qu’il passe, avec succès, à la mise en scène avec DokiDoki ! PreCure the movie : Mana’s getting married !!? The dress of hope tied to the future ! (Eiga dokidoki ! Purikyua : Mana kekkon !!? Mirai ni tsunagu kibō no doresu). I want to deliver your voice est distribué au Japon par la Tōhō.

Kansai Johnny’s Jr. no owarai star tanjo (2017, Katsumi Ishikawa)
affiche japonaise

Kansai Johnny’s Jr. no owarai star tanjo (2017, Katsumi Ishikawa)
Kansai Johnny’s Jr. est une compétition télévisée consacrée à la découverte de nouveaux talents comiques. Lancée par Johnny & associates, célèbre agence de lancement existant depuis le début des années soixante et responsable de la carrière de dizaines de chanteurs japonais reconnus au niveau national, Kansai Johnny’s Jr. en reprend le concept pour faire éclore les talents de demain dans le domaine du spectacle comique. Kansai Johnny’s Jr. no owarai star tanjo en est une sorte d’adaptation cinématographique sous forme de comédie, opposant d’un côté le duo manzai Endoresu et de l’autre, le trio de comédiens Pinku Rakuda. La préparation est intensive afin de conquérir le cœur du public et ainsi remporter la bataille médiatique. À la clé, un lancement professionnel digne de ce nom. Le film est distribué sur le réseau Shōchiku.

Mōrō wo ikiru (2017, Takashi Nishihara) affiche japonaise

Mōrō wo ikiru (2017, Takashi Nishihara)
Documentaire témoignant des difficultés que rencontrent les personnes muettes et malvoyantes face à une société japonaise qui ne laisse que peu de place aux personnes souffrant de handicap. Histoire aussi de ces personnes qui leur viennent en aide pour leur permettre d’appréhender ce monde toujours plus en mouvement. Takashi Nishihara avait signé auparavant deux longs-métrages de fiction, Blu ray en 2011 et Starting over en 2014 avant de réaliser son premier documentaire, About my liberty (Watashi no juyū ni tsuite : SEALDS 2015) sur la révolte d’un groupe d’étudiants activistes répondant au nom de code de SEALDS, regroupés pour l’occasion devant la Diète pour manifester contre le gouvernement japonais.

Mother fucker (2017, Noriko Oishi) affiche japonaise

Mother fucker (2017, Noriko Oishi)
Noriko Oishi film la scène punk-rock underground japonaise en son coeur, celui des soirées arrosées, des concerts, des lendemains difficiles. Mais derrière ces groupes musicaux à la marge (Less than TV qui officie depuis près de trente ans, Yukari, la chanteuse qui donne tout jusqu’au bout), le portrait d’une communauté soudée, joyeuse, qui a le sens du partage et de la découverte. Yukari en sait quelque chose, elle qui doit élever son fils seule. Le jeune garçon devient vite la mascotte de ce monde adulte qui chante le désenchantement de la société japonaise.

Sekigahara (2017, Masao Harada) affiche japonaise

Sekigahara (2017, Masao Harada) affiche japonaise
Octobre 1600, la bataille de Sekigahara va déterminer le futur de toute une nation. L’armée de Mitsunari Ishida affronte celle d’Ieyasu Tokugawa. Ce dernier, malgré le nombre insuffisant de ses soldats, désire prendre le pouvoir. Il envoie pour cela une espionne aux côtés de son rival. Celle-ci tombera néanmoins sous le charme du général Ishida. La grande histoire rencontre celle d’un amour impossible. Masao Harada signe la mise en scène de ce jidaigeki épique après bien des succès au box office nippon. Ses principaux faits d’armes ; Kamikaze taxi (Kamikaze takushi, 1995), Inugami (2001), Chronicle of my mother (Waga haha no ki, 2012) ou encore récemment The emperor in august (Nihon no ichiban nagai hi, 2015). Sekigahara est distribué au Japon par les efforts réunis de la Tōhō et Asmik Ace Entertainment.

Tsukiko (2017, Michio Koshikawa) affiche japonaise

Tsukiko (2017, Michio Koshikawa)
Taichi est un jeune homme qui, un jour, assiste au suicide de son père par pendaison. Soupçonné par ses proches d’être à l’origine du décès paternel, Taichi perd son travail et se retrouve isolé. Le jour de la crémation, il rencontre par hasard Tsukiko, une jeune femme mentalement handicapée, qui s’est enfuit d’une institution psychiatrique. Se rapprochant d’elle, Taichi comprend vite que la jeune femme y était maltraitée. Scénariste, réalisateur et producteur, Michio Koshikawa signe ici son quatrième long-métrage après Areno the wilderness (2015), Robo to Mori (2015) et Life and death on the shore (Umibe ne sei to shi, 2017). Michio Koshikawa est également le fondateur du studio de production Slow Learner, qui distribue Tsukiko au Japon, de manière totalement indépendante.

Elle (2016, Paul Verhoeven) affiche japonaise

Films étrangers :
Sept films étrangers sont cette semaine exploités sur les écrans japonais. Le vendredi 25 août sort notamment programmés deux poids lourds du cinéma international, Elle, réalisé par Paul Verhoeven avec Isabelle Huppert dans le rôle d’une femme violée, et Wonder woman, de Patty Jenkins avec Gal Gadot dans la peau de la super héroïne. L’œuvre intimiste croise le film commercial dans une confrontation féminine qui témoigne de deux conceptions antinomiques du cinéma, le film d’auteur à la française contre le blockbuster américain.

Wonder woman (2017, Patty Jenkins) affiche japonaise

Zonbee (2015, Milko Davis) affiche japonaise

Le même jour sort également un film d’exploitation américain pourtant inédit dans son pays d’origine, Tsunambee, retitré pour l’occasion Zonbee pour sa distribution japonaise. Le film est directement sorti en vidéo aux États-Unis. Le public japonais serait-il si friand d’abeilles tueuses géantes ? Il est vrai que Godzilla, Gamera, Mothra et autre Atragon ont certes drainé les foules nippones en leur temps. Le film risque fort de resté inédit chez nous.

A street cat named Bob (2016, Roger Spottiswood) affiche japonaise

Inédit également, A street cat named Bob, réalisé en 2016 par Roger Spottiswood, sort le samedi 26 août. Le cinéaste canadien bénéficie d’une réelle cote de popularité dans l’Archipel et cette émouvante histoire entre un ex-drogué et un chat errant qui transforme radicalement sa vie ne semble pas faire exception. Le même jour sont également distribués le dernier film en date de Jim Jarmusch, Paterson, et l’énième adaptation cinématographique de Heidi, réalisé par Alain Gsponer, un film coproduit entre l’Allemagne, la Suisse et l’Afrique du sud. Enfin le film de Sam Peckinpah, Croix de fer (Cross of iron, 1977), connaît de nouveau une exploitation sur grand écran après une première reprise japonaise en février 2000. Cette version restaurée est également reprise sur les écrans français au même moment.

Paterson (2017, Jim Jarmusch) affiche japonaise

Heidi (2015, Alain Gsponer) affiche japonaise

Croix de fer (1977, Sam Peckinpah) affiche japonaise

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