Sorties au Japon : semaine du 4 au 10 septembre 2017

Quelques grands noms du cinéma japonais cette semaine avec la sortie des derniers films de Kiyoshi Kurosawa, titré en français Avant que nous disparaissions, et Hirokazu Koreeda, sous son titre international The third murder, pour commencer. Deux documentaires engagés ensuite, le premier, A whale of a tale, sur la célèbre baie de Taiji où s’exerce chaque année une pêche rituelle des dauphins, le second, The fall of Icarus : Narita stories, sur la longue manifestation s’opposant à la construction de l’aéroport de Narita dans les années soixante. Parmi les productions indépendantes, il faut noter la sortie de Her mother, réalisé par Yoshinori Sato, un film sombre qui oppose la nécessité du deuil à celui de la peine de mort. Chose assez rare, aucun film d’animation n’est programmé cette semaine, semaine assez calme en l’occurrence avec seulement neuf longs-métrages japonais distribués.

Avant que nous disparaissions (2017, Kiyoshi Kurosawa) affiche japonaise

Samedi 9 septembre :
Avant que nous disparaissions (Sanpo suru shinryakusha, 2017, Kiyoshi Kurosawa)
Sélectionné dans la section Un certain regard au dernier Festival du film international de Cannes, Avant que nous disparaissions est, à l’origine, une pièce de théâtre écrite par Tomohiro Maekawa. Adapté au cinéma par Kiyoshi Kurosawa, le film a également profité de projections au Festival international du film fantastique de Neuchâtel en Suisse ou encore à L’Étrange festival à Paris. Le cinéaste a par ailleurs adapté la même pièce en mini-série de cinq épisodes sur la chaîne Wowow avec des acteurs différents du film. Cette mini-série bénéficie d’un remontage en long-métrage qui sera distribué sur grand écran au Japon sous le titre Yocho sanpo suru shinryakusha gekijōban. Avant que nous disparaissions est distribué conjointement par la Nikkatsu et la Shōchiku. En France le film sortira le 14 mars 2018.

A whale of a tale (2016, Megumi Sasaki) affiche japonaise

A whale of a tale (Okujirasama : futatsu no seigi no monogatari, 2016, Megumi Sasaki, Japon/USA)
En 2009, le documentaire The cove – la baie de la honte, réalisé par Louie Psihoyos exposait aux yeux du grand public la pêche traditionnelle du dauphin dans la baie de Taiji. Pêche organisée chaque année afin de capturer les cétacés pour les revendre à des parcs maritimes d’une part ou bel et bien afin d’en revendre la chair dans les restaurants locaux d’autre part, le documentaire en question avait fait sensation à cause des pratiques brutales des pêcheurs japonais. Dans ce documentaire, Megumi Sasaki, japonaise de naissance mais vivant depuis le milieu des années quatre-vingt à New York, tente d’exposer un point de vue plus partagé sur cette pêche annuelle. Là où le précédent film usait des caméras cachés et d’enregistrements clandestins, la réalisatrice préfère travailler à visage découvert en gagnant la confiance des pêcheurs pour tenter de comprendre tout ce qui entoure cette pêche controversée. A whale of a tale a été projeté en avant-première mondiale au Festival international du film de Busan. Au Japon le film est distribué par Elephant House.

The fall of Icarus : Narita stories (2017, Haruhiko Daishima) affiche japonaise

The fall of Icarus : Narita stories (Sanrizuka no Ikarosu, 2017, Haruhiko Daishima)
Suite directe de The wages of resistance : Narita stories (Sanrizuka no ikiru, 2015) coréalisé par Haruhiko Daishima et Otsu Koshiro, The fall of Icarus : Narita stories, réalisé par Haruhiko Daishima seul cette fois-ci, poursuit le portrait de cinquante ans de lutte acharnée contre la construction de l’aéroport de Narita. Entre documents d’archives et témoignages actuels d’anciens manifestants, le film éclaire l’époque où le Japon était plongé dans une atmosphère de révolte et de remise en cause politique permanente. Narita a toujours été le symbole de l’autoritarisme étatique, le gouvernement central désirait coûte que coûte forcer la croissance économique et les échanges internationaux, au détriment souvent de l’équilibre local, le chantier de l’aéroport ayant provoqué le déplacement de milliers de foyers.

Goodbye (2017, Izumi Matsuno) affiche japonaise

Goodbye (Sayonara mo dekinai, 2017, Izumi Matsuno)
Kaori et Tamaki ont rompu il y a trois années de cela pourtant ils vivent encore sous le même toit. Autour d’eux, leurs proches ne savent pas bien où en est la situation. Quand l’oncle et la tante de Tamaki décident de leur rendre visite, les deux jeunes gens doivent mettre un terme à l’ambiguïté. Izumi Matsuno signe ici son premier long-métrage avec pour acteur, des étudiants en cinéma issus d’une école où il enseigne. Le film est distribué de manière indépendante par Shima Films.

Her mother (2017, Yoshinori Sato) affiche japonaise

Her mother (Hā mazā : musume o koroshita sikeishū tono taiwa, 2017, Yoshinori Sato)
Quand Harumi apprend que sa fille, Michiyo, a été assassiné par son petit ami Koji, son monde s’écroule. Koji est bel et bien condamné à mort pour le meurtre mais la douleur qu’endure Harumi ne s’apaise pas. Pour comprendre les raisons de cette tragédie, Harumi décide de rendre visite à Koji, en prison. Alors que ses proches tentent de la dissuader de faire face au meurtrier de sa fille, Harumi entame une relation privilégiée avec lui. Selon elle, le jeune homme meurtrier est le seul à pouvoir comprendre sa peine. Second film après Bad child en 2013, Her mother confirme le savoir faire de Yoshinori Sato qui en signe ici également le scénario. Le film a bénéficié d’une avant-première au Festival international du film de Busan en 2016. Au Japon le film est distribué par Shibuya Productions.

Hoshi furu yoru no petto (2017, Masaaki Jindo) affiche japonaise

Hoshi furu yoru no petto (2017, Masaaki Jindo)
Peu d’informations précises sur le synopsis de cette comédie romantique où un jeune homme, souvent perdu dans ses pensées, devient le jouet d’une belle jeune femme dont il tombe amoureux. Le réalisateur, Masaaki Jindo, est un habitué des petites productions telles que Cosplay detective (Kosupure tantei, 2009), Kokkoru-san : shin toshi densetsu (2014) ou encore Death blog (Desu burogu, 2014). Hoshi furu yoru no petto est distribué par Canter.

Momo and Kiji (2017, Ichiro Kita) affiche japonaise

Momo and Kiji (Momo to Kiji, 2017, Ichiro Kita)
Toute petite, Momo avait joué dans une pièce de théâtre pour l’école. Elle y avait interprété le personnage de Momotaro, le garçon pêcheur héros du folklore japonais. Depuis cela, Momo rêve de devenir actrice et n’a pas hésité à monter à Tokyo pour y faire carrière. Devenue jeune femme, Momo doit revenir dans son village natal après le décès de son père. Alors que sa mère dirige seule une petite boutique de chapeaux, Momo reprend contacte avec ses amis de l’école primaire. Les vieux souvenirs ressurgissent mais l’écart entre la vie tokyoïte et celle, plus campagnarde, du village ne facilite pas les choses. Devenu cinéaste sur le tard, Ichiro Kita reste un inconnu en dehors du Japon. Il a réalisé entre autre Life on the longboard (Raifu on ze rongebōdo, 2005), Sunshine days (Sanchain daizu, 2008). Momo and Kiji est distribué par Best Brain.

Seventeen, hokuto summer (2017, Shin Togashi) affiche japonaise

Seventeen, hokuto summer (Sebuntin, hokuto natsu, 2017, Shin Togashi)
Ayami est une jeune femme en dernière année de lycée. Sa famille gère une boutique de fabrication de tofu dont la qualité provient de l’utilisation de l’eau printanière locale. Pour aider sa famille, Ayami s’occupe des livraisons à domicile. Un jour, alors qu’elle livre le brasseur de saké, un client depuis de nombreuses années, Ayami le découvre inanimé. Sa vie simple de lycéenne commence à faire face aux réalités de la vie quotidienne, y compris dans sa propre famille où l’on se dispute la succession de l’entreprise. Shin Togashi n’est pas un inconnu, le cinéaste a signé quelques films qui ont circulé un peu partout comme Night of the shooting stars (Hoshi ni negaio, 2003) ou encore Oshin (2013), sélectionné au Festival du film japonais contemporain Kinotayo cette année-là. Plus surprenant, Shin Togashi a aussi réalisé une adaptation live de Tetsujin 28 (Tetsujin niju-hachigo) en 2005.

The third murder (2017, Hirokazu Koreeda) affiche japonaise

The third murder (Sandome no satsujin, 2017, Hirokazu Koreeda)
Présenté en avant-première mondiale à la dernière Mostra de Venise, The third murder permet à son cinéaste, Hirokazu Koreeda, d’explorer le thriller. Loin ce de ses derniers portraits sensibles, on pense à I wish – nos vœux secrets (Kiseki, 2011), Tel père, tel fils (Soshite chichi ni naru, 2013), Notre petite sœur (Umimachi diary, 2015) ou Après la tempête (Umi yorimo mada fukaku, 2016), The third murder plonge le spectateur dans la tourmente d’un homme qui se reconnaît, auprès des autorités, coupable d’un meurtre. Son passé problématique le désigne en effet comme le coupable idéal mais pour son avocat, ses aveux cachent une réalité plus complexe. Le film a également connu une projection au dernier Festival international du film de Toronto et sa sortie française est prévue le 4 mars 2018. Au Japon le film est distribué dans le réseau des salle Tōhō.

Journey to the west 2 : the demons strike back (2017, Tsui Hark)
affiche japonaise

Films étrangers :
Du côté des films étrangers, c’est un film chinois qui ouvre le bal ce vendredi. Journey to the west 2 : the demons strike back (Xi you fu yao pian) réalisé par Tsui Hark, est la séquelle de Journey to the west : conquering the demons réalisé par Stephen Chow en 2013, le film poursuit ainsi les pérégrinations du moine Tang Sanzang et ses rouleaux de textes bouddhiques. Six autres films étrangers sortent quant à eux le lendemain. Le premier, 9/11, est encore inédit en France. Réalisé par Martin Guigui, le film revient, bien évidemment, sur l’attaque terroriste de 2001 à New York. Pour l’instant, seule une sortie portugaise du film a eu lieu en Europe.

9/11 (2017, Martin Guigui) affiche japonaise

Le chemin du pardon (2017, Stuart Hazeldine) affiche japonaise

Demain tout commence (2016, Hugo Gélin) affiche japonaise

Autre film également inédit dans l’Hexagone, Le chemin du pardon (The shack, 2017) de Stuart Hazeldine. Drame fantastique américain qui permet à son acteur principal, Sam Worthington, de rencontrer Dieu, rien que ça ! Côté films français, deux nouveautés tout d’abord avec Demain tout commence, réalisé par Hugo Gélin et Journal de France, mis en scène par Raymond Depardon et Claudine Nougaret. Le premier est une coproduction franco-britannique sorti en France en décembre 2016. Le second est un documentaire datant déjà de 2012 qui s’offre comme un portrait d’une France actuelle, ce qui ne manquera pas d’étonner le public japonais. Une reprise, ensuite, avec la ressortie du film de Robert Enrico, Le vieux fusil. Ce drame franco-allemand de 1975 installait en haut de l’affiche Romy Schneider aux côtés de Philippe Noiret.

Journal de France (2012, Raymond Depardon et Claudine Nougaret) affiche japonaise

Le vieux fusil (1975, Robert Enrico) affiche japonaise

Le gros morceau pour la fin avec la sortie japonaise de Dunkerque (Dunkirk) de Christopher Nolan. Inutile de revenir sur le film si ce n’est que le public japonais le découvre avec près de deux mois de décalage par rapport au reste du monde aux côtés de la Chine. Le film est une énorme coproduction entre le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la France et les États-Unis, une grosse machine cinématographique comme on en fait peu sur un tel sujet historique.

Dunkerque (2017, Christopher Nolan) affiche japonaise

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