Sorties cinéma au Japon: semaine du 02 au 08 décembre 2013

La rubrique revient après une longue absence. Une fin d’année pour l’instant relativement calme en terme de films à gros budgets ou d’animation si ce n’est Ask this Rikyu, le dernier film des studios Tôei et le crossover improbable tout droit sorti des écuries Toho, Lupin the Third vs. Detective Conan – the movie. Au contraire les films indépendants ont la part belle notamment du côté de la romance avec des films tels que 01BR Love hotel, Chai koi ou encore Kissing. Côté documentaire, les spectateurs feront face à la tragédie qui a touché quelques uns des leurs lors d’une prise d’otage en Irak en 2004, une prise d’otage dont les conséquences sont très éloignées de ce que l’on pourrait attendre. La rubrique sera au rendez-vous chaque semaine si tout se passe bien…

samedi 07 décembre:
01 BR Love hotel (1BR – rabu hoteru, 2013, Hiroshi Onishi)
Les love hotel sont ces chambres à louer que l’on peut trouver au Japon pour s’assurer les services sexuels monnayables en toute tranquillité de jour comme de nuit, pour quelques heures ou pour plusieurs jours. Ici l’histoire d’un homme et d’une femme qui se découvrent peu à peu entre pratiques coquines et gestes du quotidien au coeur d’une société qui interdit tout comportement intime dans les lieux publics, comportements qui se retrouvent marginalisés dans des lieux dédiés. Le film, au budget et aux moyens minimaux, est la première réalisation de Hiroshi Onishi qui fut assistant-réalisateur sur The Throbbing twilight (Tasogare – ikutsu ni natte mo yaritai otoko to onna, 2008, Shinji Imaoka) et co-producteur sur Sideways (Saidoweizu, 2009, Cellin Gluck).

Ask this of Rikyu (Rikyû ni tazuneyo, 2013, Mitsutoshi Tanaka)
Nouvelle adaptation cinématographique d’après un roman de Kenichi Yamamoto de la vie de Rikyû, célèbre maître de la cérémonie du thé du XVIème siècle ayant côtoyé l’homme le plus puissant du Japon de l’époque, Hideyoshi Toyotomi. Mitsutoshi Tanaka s’est fait remarqué en 2009 avec le très lyrique Castle under fiery skies (Katen no shiro), autre adaptation d’un roman de Kenichi Yamamoto. Le film est produit et distribué par la Tôei.

A girl in the apple farm (Ringo nôka no shôjo, 2013, Satoko Yokohama)
Après Germain + rain (Jâman + ame, 2007) et Bare essence of life (Urutora mirakuru rabu sutôri, 2009), la cinéaste Satoko Yokohama réalise un moyen-métrage qui a les honneurs de connaître une sortie en salle au sujet d’une petite fille élevée dans une pommeraie mais qui décide un jour de fuguer cet environnement au premier abord sans histoire.

Chai Koi (2013, Hidehiro Itô)
A Bangkok, Maiko, une écrivain solitaire à la recherche d’elle-même, rencontre Ha Neul, un boxeur de muay thai séduisant et énigmatique bien plus jeune qu’elle. Le couple va se laisser porter par leurs désirs amoureux malgré la barrière de la langue et leur différence d’âge. Naomi Kawashima interprète Maiko face à Lee Tegang dans le rôle du boxeur, jeune acteur sud-coréen évoluant au Japon. Producteur, scénariste et cinéaste, Hidehiro Itô réalise ici son nouveau film depuis 2005 après 2/2 et Picaresque, il en signe également le scénario d’après un roman de Shimako Iwai.

Fallujah – the Iraq war japanese hostage crisis (Farûja – Iraku sensô nihonjin hitojichi jiken… soshite, 2013, Megumi Ito)
Documentaire choc sur la prise d’otages japonais à Fallujah en Irak en 2004. Ces otages, partis au Moyen-Orient pour aider les populations civiles victimes de la guerre, ont été montrés du doigts par les médias, les qualifiant d’irresponsables. A leur retour, ils devront faire face à l’incompréhension et à l’opprobre. Le film revient sur les évènements et donne la parole à celles et ceux qui ont souffert à la fois du traumatisme de la prise d’otage et du lynchage médiatique dont ils ont été l’objet ensuite questionnant au plus près les conséquences sociales de l’affaire. En 2005, le cinéaste Masahiro Kobayashi avait déjà abordé ce thème par l’entremise de la fiction avec son film Bashing.

Kissing (Kisu shite, 2013, Hataru)
La romance d’une jeune femme qui quitte son mari bien plus âgé qu’elle pour un jeune homme avant que les démons de son passé ne la rattrape sous la forme de la figure paternelle depuis longtemps repoussée. Ou comment une femme tente de trouver sa place dans un monde d’hommes.

Lupin the Third vs. Detective Conan – the movie (Rupan sansei vs. meitantei Konan – the movie, 2013, Hajime Kamegaki)
Crossover improbable dont seuls les Japonais ont le secret, ici il s’agit bien de la confrontation entre Edgar de la cambriole (Lupin troisième du nom en version originale) avec le très jeune détective Conan!! La Toho ne recule décidément devant rien pour faire fructifier au maximum ses licences quitte à téléscoper deux générations de personnages (et de spectateurs) sans véritable point commun. Hajime Kamegaki, animateur dans les années 80 sur la série Edgar de la cambriole justement, a commencé sa carrière de réalisateur d’animés avec des titres tels que Ayashi no ceres, Sonic X et Air gear. Au cinéma on lui doit les longs métrages Naruto shippûden – le film (Gekijô-ban Naruto Shippûden, 2007) et Naruto shippûden: les liens (Gekijô-ban Naruto shippûden – kizuna, 2008).

Passion (Junan, 2013, Ryôko Yoshida)
L’histoire d’une jeune femme, Francesca, qui a passé son enfance dans un couvent mais qui désormais vit seule sans aucun proche dans sa vie. Alors qu’elle se pose de plus en plus de question sur les relations sexuelles entre hommes et femmes, Francesa découvre une protubérance sous forme de visage dans son sexe. Celle-ci commence à se manifester en lui parlant directement. Ryôko Yoshida réalise ici son troisième long métrage après Love twisted (Tomoshibi, 2004) et Hoshizora no kakera (2011). Le film est l’adaptation du roman de Kaoruko Himeno sorti en 1997 et est distribué par Phantom Film.

Tokyo bitch, I love you (Tôkyô bitchi, airabuyû, 2013, Kôki Yoshida)
Le cinéaste, Kôki Yoshida, sort ici son quatrième long métrage après Symptom X (Shôrei X, 2008), Family X (Kazoku X, 2010) et Virgin (2012). Tokyo bitch, I love you reprend la trame narrative de la pièce de théâtre bunraku Double suicide à Sonezaki de Chikamatsu Monzaemon en déplaçant les évènements à l’époque contemporaine dans la mégalopole de Tokyo. Le film a par ailleurs recueilli la Mention Spéciale au dernier Tokyo Filmex, le festival du film international de Tokyo.

Unknown mangaka omnibus (Mishinaru mangaka omunibusu, 2013, Taimu Ryosuke, Kôichi Masuno)
Un film omnibus de quatre segments réalisés avec les moyens du bords par un groupe d’artistes se prénommant Polar Circle. Difficile de relier les thèmes évoqués dans les extraits (une invasion alien, une guerre des sexes et la question du baiser) avec l’évocation du mangaka contenu dans le titre original et son affiche…

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