Sorties cinéma au Japon : semaine du 15 au 21 février 2016

Semaine très chargée pour les sorties de la semaine au Japon, pas moins de douze films sortent sur les écrans auxquels il faut ajouter un film norvégien dont le sujet mérite amplement une mention dans ces colonnes, le dénommé Maiko – dancing child. Si l’on échappe au film de fantômes cette fois-ci ce n’est que pour mieux recevoir le film gore hebdomadaire Bloody deliquent girl chainsaw. Pour amateur bien entendu. Le reste de la panoplie habituelle est au rendez-vous avec notamment un film d’animation, Classmates au sujet pour le moins délicat et bien sûr la grosse artillerie du studio Shôchiku avec Ninja the monster. Mais c’est le documentaire qui se taille cette semaine la part du lion avec pas moins de six films en rang d’oignons. Un documentaire social, Oyster factory, histoire de ne pas oublier que certains triment très loin de la capitale, ensuite deux documentaires musicaux versant dans l’hommage, Gekijôban SA sankyû komureizu en deux parties et Nakajima Miyuki yakai vol.18, puis le documentaire hebdomadaire sur Fukushima avec Daichi wo uketsugu et enfin une ode à la vieillesse avec Masuda Susumu kanja-san to ikiru sans oublier la bonne dose de sport avec Baile Tokyo. De quoi passer quelques bonnes heures enfermé dans le noir.

Baile Tokyo (2015, Yusuke Sakakibara) affiche japonaise

Baile Tokyo (2015, Yusuke Sakakibara) affiche japonaise

Samedi 20 février:

Baile Tokyo (2015, Yusuke Sakakibara)
Le F.C. Tokyo est l’un des grands clubs de football au Japon. Bien que ce sport soit moins populaire que le baseball, il attire aujourd’hui de plus en plus d’adeptes et le club, fondé en 1935, fut renommé F.C. Tokyo en 1998 à l’occasion de son entrée dans la J. League, la ligue du Japon. Le documentaire suit les entraînements et les matchs de la saison 2015 et cramponne au plus près le quotidien des joueurs. Le film est distribué au Japon par E-License.

Bloody deliquent girl chainsaw (2015, Hiroki Yamaguchi) affiche japonaise

Bloody deliquent girl chainsaw (2015, Hiroki Yamaguchi) affiche japonaise

Bloody deliquent girl chainsaw (Chimamire sukeban chiinsô, 2015, Hiroki Yamaguchi)
Une lycéenne un peu rebelle, Giko, doit se faufiler à coup de tronçonneuse dans les couloirs de son établissement envahie par une horde de zombies dont certains sont ses anciens camarades de classe. Lycéens en furie, petites culottes et geysers de sang sont donc au programme de ce film comico-horrifique réalisé par Hiroki Yamaguchi, un habitué du genre, et adapté du manga éponyme de Rei Mikamoto. Autant dire que l’inspiration des productions Sushi Typhoon est un euphémisme.

Classmates (2015, Shôko Nakamura) affiche japonaise

Classmates (2015, Shôko Nakamura) affiche japonaise

Classmates (Dôkyûsei, 2015, Shôko Nakamura)
Peu avant le festival de musique du lycée, chaque classe tente de s’imposer dans l’exercice du chant en groupe. Hikaru, le blondinet, remarque très vite que l’intellectuel de service, Rihito, ne joue pas le jeu. Pensant que ce dernier n’a cure de ces flagorneries il le surprend néanmoins après les cours entrain de tenter de chanter seul. Hikaru prend donc sur lui d’enseigner à Rihito les bases du chant. Les deux jeunes gens passent de plus en plus de temps ensemble au point que des sentiments naissent malgré eux. Adaptation du manga éponyme de Asumiko Nakamura, Classmates est le premier long-métrage de Shôko Nakamura dont la seule expérience en réalisation remonte à 2011 avec la série animée Mawaru-penguindrum. Sa carrière d’animateur en revanche compte quelques titres renommés tels que Evangelion 3.0: you can (not) redo (Evangerion shin gekijôban: kyu, 2012, Hideaki Anno), Casshern sins (2008) ou encore Innocence – Ghost in the shell 2 – innocence (InosensuKôkaku kidôtai 2, 2004, Mamoru Oshii).

Daichi wo uketsugu (2015, Junichi Inoue) affiche japonaise

Daichi wo uketsugu (2015, Junichi Inoue) affiche japonaise

Daichi wo uketsugu (2015, Junichi Inoue)
Enième documentaire sur la catastrophe nucléaire de Fukushima. Ici c’est un groupe d’élèves qui se rend à la ferme de Kazuya Tarukawa, l’un des paysans touchés par la tragédie. Il leur explique combien la fuite radioactive a causé l’irradiation des sols et rendu la vie des paysans de la région impossible. Une vie désormais faite de combats épuisants contre les responsables de cette négligence, les cadres de la Tokyo Electric Power Company, plus connu sous son abréviation Tepco.

Gekijôban SA sankyû komureizu – under the flag (2015, Yuichiro Iwaki)
Gekijôban SA sankyû komureizu – under the sky (2015, Yuichiro Iwaki)
SA, sigle de Samurai Attack, est un groupe punk japonais né dans les années quatre-vingt. Le quatuor, qui s’était séparé en 1987 a repris du service en 1999 et enchaîne depuis lors reprises et nouveautés, toutes savamment orchestrées telle cette récente tournée pour la sortie du nouvel album Hello goodbye qui s’accompagne non pas d’un mais de deux films sur grands écrans. Le premier, Under the flag, suit le groupe lors de sa performance à l’amphithéâtre Hibiya en juillet 2015. Le second, Under the sky, suit la troupe lors de la fameuse tournée de lancement du nouvel album. De quoi maintenir leur cote de popularité auprès des fans de la première heure, à l’époque où le punk connaissait ses dernières pogos de gloire. Le groupe n’a visiblement connu aucune carrière en dehors du Japon.

Ghoul - 100 nen, kimi wo omô (2015, Guillaume Tauveron) affiche japonaise

Ghoul – 100-nen, kimi wo omô (2015, Guillaume Tauveron) affiche japonaise

Ghoul – 100-nen, kimi wo omô (Gûru kuon hyaku-nen, kimi wo omô, 2015, Guillaume Tauveron)
Alors qu’un groupe de jeunes gens est convoqué dans une vieille demeure au style architectural européen, un meurtre est commis. Pour percer le mystère, chacun sera soumis à une épreuve. L’assassin se cache t-il bien parmi eux? Film lorgnant à la fois vers le thriller et le fantastique, il faut surtout remarquer que son réalisateur, Guillaume Tauveron, est un français qui travaille depuis de nombreuses années au Japon et dont son premier long-métrage, Au-delà du sang, était sorti sur nos écrans en 2013. L’année suivante il tourna Jinroh shokei game, un film indépendant encore inédit en France.

Koi to Onchi hôteishiki (2015, Shiho Kozai) affiche japonaise

Koi to Onchi no hôteishiki (2015, Shiho Kozai) affiche japonaise

Koi to Onchi no hôteishiki (2015, Shiho Kozai)
Midori est une jeune travaillant comme guide touristique pour une compagnie de bus de la préfecture de Kagawa. Petite, elle était une idol adulée jusqu’au jour où le public se moqua d’elle pour avoir perdu la voix lors d’une audition. Depuis ce traumatisme, Midori appréhende toujours de s’exprimer en public jusqu’au jour où Takuto, un charmant jeune homme travaillant pour une entreprise de matériel audio, se présente à l’équipe des hôtesses. Second film de Shiho Kozai après Stray cat girl en 2013, Koi to Onchi no hôteishiki mélange naturellement comédie et romance façon acidulée. De quoi donner du baume au cœur à toutes les personnes souffrant de timidité excessive.

Maiko - dancing child (2015, Ase Svenheim Drivenes) affiche japonaise

Maiko – dancing child (2015, Ase Svenheim Drivenes) affiche japonaise

Maiko – dancing child (Maiko futatabi no hakuchô, 2015, Ase Svenheim Drivenes)
Exceptionnellement il ne s’agit pas d’un film japonais mais d’un documentaire norvégien sur l’une des ballerines la plus renommée du pays, Maiko Nishino. Dès sa naissance son prénom était déjà tout un programme, Maiko – l’enfant qui danse. Sa mère, manager dans l’âme, a vendu la maison familiale alors que Maiko n’avait que quatorze ans pour l’envoyer dans les écoles de danse les plus prestigieuses d’Europe. Aujourd’hui Maiko Nishino est la première ballerine du Ballet national de Norvège. Ce documentaire retrace non seulement sa trajectoire et sa carrière à travers des films de famille et des captations de ses derniers ballets dont Le lac des cygnes mais aussi ses projets de vie, notamment celui de devenir mère à son tour. Le film fut projeté la première fois au Los Angeles Film Festival en juin 2015 et est aujourd’hui distribué au Japon par Happinet et Mimosa Films.

Masuda Susumu kanja-san to ikiru (2015, Shinya Todori) affiche japonaise

Masuda Susumu kanja-san to ikiru (2015, Shinya Todori) affiche japonaise

Masuda Susumu kanja-san to ikiru (2015, Shinya Todori)
Le docteur Susumu Masuda soigne ses congénères depuis près de soixante ans et ne compte pas en rester là. Ses patients ont vieilli avec lui et ont plus que jamais besoin de ses soins et de ses conseils. Le documentaire de Shinya Todori explore la désastreuse situation démographique du Japon à travers le point de vue d’un homme directement concerné par cet état de fait. Le nombre de patient augmente quand la transmission du savoir vers de plus jeunes praticiens devient problématique. Mais la bonne humeur naturelle du bonhomme est déjà en soi un remède. Vieillir n’est pas un mal sournois alors avec quelques bonnes habitudes et un moral en acier chacun peut prendre ce virage de la meilleure façon qui soit.

Nakajima Miyuki yakai vol.18 - hashi no shita no arukadeia gekijôban (2015, Ichizo Seo) affiche japonaise

Nakajima Miyuki yakai vol.18 (2015, Ichizo Seo) affiche japonaise

Nakajima Miyuki yakai vol.18 – hashi no shita no arukadeia gekijôban (2015, Ichizo Seo)
Compositrice et chanteuse-interprète de renom au Japon, Miyuki Nakajima est une personnalité très populaire depuis les années soixante-dix. Ses performances vocales ainsi que le ton résolument moderne de ses textes l’ont régulièrement propulsé à la tête des charts japonais. Depuis 1989, Miyuki Nakajima compose et développe un rendez-vous quasi annuel avec ses fans par le biais d’un spectacle mêlant adroitement chansons anciennes, narration vocale et nouvelles compositions. Ce projet musical expérimental, nommé Yakai, se déroule dans le quartier de Shibuya à Tokyo dans la célèbre salle de spectacle Bunkamura. La dix-huitième performance de ce projet, donnée en décembre dernier, sort ainsi cette semaine sur les écrans japonais.

Ninja the monster (2015, Ken Ochiai) affiche internationale

Ninja the monster (2015, Ken Ochiai) affiche internationale

Ninja the monster (2015, Ken Ochiai)
Après Uzumasa limelight (Uzumasa raimuraito, 2014) puis Dance! Dance! Dance! (2014), le jeune cinéaste Ken Ochiai revient au long-métrage historico-fantastique avec Ninja the monster qui se déroule à la fin du XVIIIème siècle, pendant les dernières années d’un Japon encore empreint de féodalité. Le shogun a banni les ninjas, désormais systématiquement poursuivis et assassinés. La pricesse Go est sur la route pour rejoindre Edo, la capitale. En traversant l’épaisse forêt, elle et son contingent de soldats sont la proie d’un monstre tapie dans l’ombre. Denzô, l’un des soldats, cherche à protéger la princesse par tous les moyens, y compris celui de révéler sa véritable nature. Le film bénéficie visiblement d’un budget confortable et fut projeté en avant-première mondiale au Fantasia International Film Festival au Canada en août 2015. Le long-métrage est produit et distribué par la Shôchiku.

Oyster factory (2015, Kazuhiro Sôda) affiche japonaise

Oyster factory (2015, Kazuhiro Sôda) affiche japonaise

Oyster factory (Kaki kôba, 2015, Kazuhiro Sôda, Japon/USA)
Documentaire fleuve sur le quotidien d’une usine à huîtres dans le coin reculé d’Ushimado. Depuis des générations cette usine embauchait des femmes et des hommes locaux mais la région connaissant un rapide déclin démographique, l’entreprise a dû s’adapter et se résoudre à faire appel à de la main d’œuvre étrangère, surtout chinoise. Le vieillissement des salariés, les conditions de travail difficiles et la cohabitation avec ces étrangers engendrent une certaine tension dans l’usine. Kazuhiro Sôda, qui avait déjà filmé longuement la campagne politique d’un élu isolé dans Campaign (2007) et Campaign 2 (2013) pose ici sa caméra dans un environnement rude et quelque peu renfermé sur lui-même. Le cinéaste se pose en observateur aiguisé d’un microcosme d’habitude ignoré dans une volonté d’en révéler l’âpre quotidien sans jamais tomber dans le jugement sectaire ou facile. Une co-production américano-japonaise distribué par Gnome et Tofoo Films au Japon.

Yûwaku wa arashi no yoru ni (2015, Shinji Imaoka) affiche japonaise

Yûwaku wa arashi no yoru ni (2015, Shinji Imaoka) affiche japonaise

Yûwaku wa arashi no yoru ni (2015, Shinji Imaoka)
Film sur le motif amoureux d’une mère et sa fille partageant toutes deux des sentiments pour un même homme par le cinéaste à tendance pink, Shinji Imaoka. On lui doit notamment Daydream (Hakujitsumu, 2009), Underwater love (Onna no kappa, 2011) ou encore dans un registre plus sombre Unlucky woman’s blues (Tsugunai, 2014). Touche-à-tout et autodidacte, Shinji Imaoka a multiplié les cordes à son arc en apparaissant parfois comme acteur dans les films de ses confrères mais aussi en s’imposant comme scénariste de ses propres films.

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