Sorties cinéma au Japon : semaine du 15 au 21 juin 2015

Nouvelle semaine avec dix films japonais au programme. Une programmation ici plutôt éclectique mélangeant gros calibres commerciaux, avec notamment The ninja war of Torakage et Yakuza apocalypse, et œuvres indépendantes telles que Hold your breath like a lover ou Guitar Madagascar. Le film d’horreur franchisé, Ju-on : the final, côtoie la comédie gourmande Le chant du tokuyaki et le film d’animation très attendu Ghost in the shell: the movie ne fait pas oublier le bon drame familial à la japonaise dans The pearls of the stone man. Un film d’action survitaminé tel que Kiri laissera peut-être indifférent face à la réflexion d’un documentaire engagé comme Okinawa : the afterburn. De quoi tout de même passer un bon moment dans les salles japonaises pour certaines climatisées, un privilège malheureusement réservé à celles et ceux se trouvant actuellement au pays du soleil levant.

Le chant du takoyaki (2015, Takushi Chikakane) affiche japonaise

Vendredi 19 juin:

Le chant du takoyaki (Takoyaki no uta, 2015, Takushi Chikakane)
Comédie culinaire comme il en existe tant au Japon, Le chant du Takoyaki tourne donc autour de ce mets typique de la ville d’Osaka située dans la région du Kansai. Miho et sa fille, Karin, vivent seules dans un petit appartement. Karin est passionnée par le baseball et admire sa mère qui travaille dans une échoppe de takoyaki, ces petites boulettes de pâte fourrées de chair de poulpe que les passants mangent avec délectation. L’été approchant, c’est l’air conditionné qui tombe en panne, laissant les deux femmes au prise avec la chaleur étouffante. De nature optimiste Miho distrait sa fille et lui apprend la patience en lui cuisinant les meilleurs takoyaki possibles en attendant des températures plus clémentes.

Ghost in the shell: the movie (2015, Kazuchika Kise et Kasuza Nomura) affiche japonaise

Samedi 20 juin:

Ghost in the shell: the movie (Kôkaku kidôtai shin gekijôban, 2015, Kazuchika Kise et Kazuya Nomura)
Reboot motivé par le récent succès des épisodes OAV Ghost in the shell: Arise (Kôkaku kidôtai: Arise, 2013-2014) réalisés par Kazuchika Kise justement, Ghost in the shell: the movie est bien entendu attendu avec ferveur par toute une communauté d’aficionados. Kazuchika Kize était déjà l’un des animateurs clefs de Ghost in the shell (Kôkaku kidôtai) de Mamoru Oshii en 1995. Kazuya Nomura est, lui, un animateur peut-être moins confirmé mais qui a eu l’occasion de travailler à la réalisation en dehors de la franchise initiée par le mangaka Masamune Shirow, en mettant en scène notamment l’un des épisodes de la série Tokyo magnitude 8.0 (Tôkyô magunichûdo 8.0, 2009) ou encore le film Sengoku Basara: the last party (Gekijôban Sengoku Basara: the last party, 2011). En ce qui concerne Ghost in the shell: the movie, le projet est de retravailler la version de Mamoru Oshii pour réintégrer le film dans les variantes exploitées par les OAV. Les fans de la première heure devront donc se sentir en terrain balisé même s’il on peut regretter ici une position révisionniste qui n’apporte pas finalement grand chose à la franchise. Gageons que la qualité de l’animation soit au rendez-vous car les OAV, de ce côté là, étaient plutôt décevants. Le film est distribué au Japon par la Tôhô.

Guitar Madagascar (2015, Takeshi Kamei) affiche japonaise

Guitar Madagascar (Gitâ Madagasukaru, 2015, Takeshi Kamei)
Premier film du cinéaste Takeshi Kamei, Guitar Madagascar s’offre comme un portrait de la quatrième île la plus large du monde. Un portrait qui se concentre sur ce qui fait l’âme des Malgaches, sa riche culture musicale. Une culture qui ponctue l’existence de chacun, de sa naissance à sa mort. La musique vécue comme un héritage ancestrale et qui connecte les vivants aux esprits des défunts. Un moyen de nourir les racines d’un peuple dont la musique est certainement la plus grande richesse.

Hold your breath like a lover (2015, Kôhei Igarashi) affiche japonaise

Hold your breath like a lover (Iki wo koroshite, 2015, Kôhei Igarashi)
Premier film du cinéaste Kôhei Igarashi, Hold your breath like a lover a été présenté au Festival de Yokohama en mars 2014 puis au Festival de Locarno en août et au Festival International du Film du Caire en novembre. Le film fait le portrait d’un groupe de jeunes gens désoeuvrés réfugiés dans une usine abandonnée attendant que quelque chose se passe. Le proche futur est déshabité, désenchanté, moribond, le temps semble comme suspendu. La fin du monde serait-elle proche?

Ju-on: the final (2015, Masayuki Ochiai) affiche japonaise

Ju-on: the final (Juon za fainaru, 2015, Masayuki Ochiai)
Huitième opus de la franchise Ju-on qui commença à la télévision japonaise en 2000 avec Ju-on the curse (Juon) réalisé par Takashi Shimizu en format V-cinema, Ju-on: the final suit le reboot de la série entamée par Ju-on: the beginning of the end (Juon: owari no hajimari, 2014) également mis en scène par Masayuki Ochiai et sorti sur les écrans japonais il y a quasiment un an jours pour jours. Nous retrouvons Yui, l’institutrice, déclarée disparue après s’être rendue au domicile de Toshio, un élève manquant. La petite soeur de Yui, Mai, tente d’éclaircir le mystère entourant la maison de Toshio que certains disent maudite. Le film est distribué au Japon par Showgate.

Kiri (2015, Kôichi Sakamoto) affiche japonaise

Kiri (Kiri – shokugyô koroshi-ya. Gaiden, 2015, Kôichi Sakamoto)
Adaptation cinéma d’un manga signé Hideashi Nishikawa, Kiri suit le destin létale d’une tueuse à gages réservant ses compétences à l’assasinat de meurtriers impunis. Le réalisateur Kôichi Sakamoto, déjà croisé dans nos pages avec 009-1: the end of the beginning projeté à L’Etrange Festival en 2013, est issu du monde de la télévision et plus particulièrement de l’univers des tokusatsu, ces célèbres séries interminables et répétitives produites année après année. Il a en effet participé à de nombreuses productions télévisuelles telles que Power Rangers entre 1996 et 2006, Kamen Rider entre 2010 et 2012 et Ultraman depuis l’année dernière. Si Kiri semble sortir de cette logique standardisée, la bande-annonce trahit cependant un projet au budget revu au rabais qui ne présage pas le meilleur. Le film est distribué au Japon par la Tôei.

The ninja war of Torakage (2015, Yoshihiro Nishimura) affiche japonaise

The ninja war of Torakage (Torakage, 2015, Yoshihiro Nishimura)
Film commerial de la semaine, The ninja war of Torakage n’est pas réalisé par un novice. Si Yoshihiro Nishimura est connu pour ses nombreux maquillages gores, il poursuit pourtant depuis ses débuts la réalisation de films. Les plus connus, Tokyo gore police (Tôkyô zankoku keisatsu, 2008), Vampire girl vs. Frankenstein girl (Kyûketsu shôjo tai shôjo furanken, 2009, co-réalisé avec Naoyuki Tomomatsu), Mutant girl squad (Sentô shôjo: chi no tekkamen densetsu, 2010, co-réalisé avec Noboru Iguchi et Tak Sakaguchi) ou encore Helldriver (Nihon bundan: heru doraïba, 2010), ne doivent pas occulter ses premières oeuvres des années quatre-vingt. Ici, loin des délires horrifiques auxquels il nous avait habitué ces dernières années, The ninja war of Torakage nous plonge au contraire dans la période Sengoku (XVème-XVIème siècle), au coeur d’un clan de ninjas. L’un d’eux, Torakage, abandonne ses pratiques martiales pour fonder et élever sa famille. Un jour pourtant, lui et les siens sont kidnappés par l’ancien chef du clan. Torakage doit de nouveau reprendre le combat. Le film est distribué par Phantom Film.

Okinawa : the afterburn (2015, John Junkerman) affiche japonaise

Okinawa : the afterburn (Okinawa urizun no ame, 2015, John Junkerman)
Réalisé par un documentariste américain, John Junkerman, ayant vécu près de quarante ans sur l’îke d’Okinawa, Okinawa: the afterburn est un film qui revient sur le passé douloureux de cette zone très particulière, prise d’assaut par les autorités militaires américaines dès la fin de la guerre du Pacifique. Une île qui servira de base principale pour toutes les opérations futures menées en Asie du Sud-Ouest. L’occupation militaire, tangible, inexorable, implacable et qui n’en finira plus de se déployer, conduira les habitants de l’île à manifester, à s’indigner voir à se rebeller contre cette présence subie. Car même si depuis 1972, date à laquelle les autorités américaines ont remis le contrôle de l’île au gouvernement japonais, Okinawa reste encore aujourd’hui l’une des bases US les plus imposantes, un bastion qui engendre peur, agressivité et ressentiment. A travers des images d’archives et de nombreux entretiens, John Junkerman retrace avec précisions les enjeux militaires et civils d’une occupation qui ne dit pas son nom.

The pearls of the stone man (2015, Yûzô Asahara) affiche japonaise

The pearls of the stone man (Ai wo tsumu hito, 2015, Yûzô Asahara)
Drame familial proche de la tradition des studios Shôchiku, The pearls of the stone man nous conte l’histoire d’un couple marié qui décide de quitter la ville pour venir vivre au plus proche de la nature en déménageant à Biei situé dans l’île d’Hokkaido. Si Ryoko, l’épouse, se sent tout de suite à l’aise dans ce nouvel envirronement, Atsushi, l’époux, ne sait en revanche pas comment occuper son temps libre. Ryoko lui demande alors de bâtir un mur de pierre tout autour de leur demeure. La mort de sa femme va pourtant le plonger dans le désespoir et, alors qu’il se rapproche de sa fille Satoko, Atsushi décide finalement de mener à son terme la construction du mur. A la tête de ce film touchant, Yûzô Asahara signe à la fois l’adaptation cinématographique (d’après un roman de Edward Mooney jr.) et la mise en scène. La carrière du cinéaste se résume presque exclusivement à la réalisation de plusieurs opus de la franchise Tsuribaka Nisshi, une série de vingt-deux films réalisés entre 1988 et 2009 et dont Yûzô Asahara fut responsable des sept derniers longs-métrages pour le compte du studio Shôchiku justement.

Yakuza apocalypse (2015, Takashi Miike) affiche japonaise

Yakuza apocalypse (Gokudô daisensô, 2015, Takashi Miike)
Dernière folie de Takashi Miike avant sa prochaine adaptation live du manga Terra formars dont la sortie est prévue pour 2016, Yakuza apocalypse va satisfaire les aficionados du cinéaste avec ce cocktail explosif de bastons, de courbettes de yakuzas et de délires dont seuls le bonhomme a le secret. Souvenez-vous de Gozu (Gokudô kyôfu dai-gekijô: gozu) en 2003, Takashi Miike mélangeait déjà l’absurde, le surnaturel et les complets-vestons des mafieux japonais avec une certaine aisance et un sens du rythme frénétique. L’homme qui tournait plus vite que son ombre fait même appel pour l’occasion à Yayan Ruhian, l’acteur javanais surprenant de brutalité dans The raid (2011, Gareth Evans) et The raid 2 (2014, Gareth Evans). Le film, qui a connu un accueil assez froid sur la Croisette en mai dernier, devrait en revanche ravir les spectateurs du Neuchâtel International Fantastic Film festival se déroulant ces jours-ci. Comme les derniers films de Takashi Miike, Yakuza apocalypse ne devrait pas connaître de sortie en France sinon en vidéo. Rappelons-le, le dernier film du cinéaste a avoir connu un tel honneur fut Hara-kiri: mort d’un samourai (Ichimei) en novembre 2011! Yakuza apocalypse est distribué au Japon par la Nikkatsu.

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