Sorties cinéma au Japon : Semaine du 16 au 22 février 2015

Onze films au programme des sorties cinéma au Japon pour cette semaine du 16 au 22 février 2015. Une fois n’est pas coutume, ce sont les documentaires qui se taillent cette fois-ci la part du lion avec pas moins de cinq titres allant du documentaire sportif amateur (The pro-wrestling Cannon Ball Run) au sujet de société (Everyone’s school) en passant par l’hommage musical (The Alfee 40th anniversary film – the last genesis). Néanmoins les films de fiction ne sont pas en reste avec notamment la sortie du tout nouveau film de Shunji Iwai, The case of Hana & Alice, réalisé en animation. Cela dit, les sorties de la semaine risque fort de ne pas bousculer l’hégémonie d’American sniper, le film de Clint Easwood, au box office japonais. A noter l’absence de films d’horreur cette semaine, chose assez rare!

The pro-wrestling Cannon Ball Run (2015, Muscle Sakai)

Lundi 16 février:

The pro-wrestling Cannon Ball Run (Gekijôban Puro resu Kyanon-bôru, 2015, Muscle Sakai)
Le catch est un passe-temps populaire aux Etats-Unis, il trouve également ses aficionados au Pays du Soleil Levant sous la forme notamment de petites troupes qui voyagent à travers le pays pour organiser, le temps d’une soirée, l’évènement sportif sous un mode plutôt amateur. Ici donc pas de ring géant, de show incroyable ou d’esbroufe maîtrisée au millimètre, plutôt une bande de passionnés qui essayent de copier leurs célèbres modèles. Le film est un documentaire qui suit l’un de ces groupes au quotidien dans la région du Tohoku. Le système débrouille, les journées passées à s’amuser, les complications, etc. Un sujet certes digne d’une émission télévisée, en faire celui d’un métrage de cinéma relève tout de même de l’anecdote. Le patronyme du réalisateur, entre autre, laisse songeur.

The boy with dead eyes (2015, Hayato Kanô)

Vendredi 20 février:

The boy with dead eyes (Shinda me o shita shônen, 2015, Hayato Kanô)
Adapté du manga éponyme de Tomohiro Koizumi, The boy with dead eyes est le premier long-métrage de Hayato Kanô qui avait précédemment participé à la réalisation du film omnibus Hikarie eiga en 2013. The boy with dead eyes raconte l’histoire de deux lycéens, Inuta et Kazumiya, deux amis d’enfance, qui ne cessent d’être humiliés par leurs camarades de classe et leur famille respective. Inuta est tête en l’air et passe son temps à dessiner un héros qui viendrait à son secours. Kazumiya lui, bien qu’ayant intégré le club de judo du lycée n’arrive pas à faire de sa taille un atout. La rencontre des deux jeunes adolescents avec une femme singulière, Fueko, va néanmoins changer leur vie. Elle va leur apprendre la boxe. Bientôt les relations avec leurs camarades vont évoluer…

The case of Hana & Alice (2015, Shunji Iwai)

The case of Hana & Alice (Hana to Arisu: satsujin jiken, 2015, Shunji Iwai)
Le nouveau film du talentueux Shunji Iwai est en fait une préquelle d’un film que le cinéaste a réalisé en 2004, Hana et Alice (Hana to Arisu), avec cette différence de taille que cette fois-ci le médium utilisé est celui de l’animation. Le réalisateur revient par ce biais à l’origine de l’histoire des deux principales protagonistes, leur rencontre autour d’un mystérieux meurtre. Ici Shunji Iwai ne se contente pas de la seule réalisation, il est également auteur du scénario et de la bande-son du film qui, nous l’espérons, rencontrera une carrière internationale. Le film est distribué au Japon par T-Joy.

Everyone’s school (2015, Toshinaga Manabe)

Everyone’s school (Minna no gakkô, 2015, Toshinaga Manabe)
Documentaire originellement diffusé à la télévision, Everyone’s school fut amplement primé. Le film trouve donc le chemin des salles de cinéma avec un nouveau montage abordant l’épineux problème des enfants difficiles, parfois atteints de troubles mentaux, souvent refusés dans les écoles élémentaires traditionnelles. Un établissement pourtant prend en charge ces cas particuliers afin d’accueillir ces bambins dont personne ne souhaite s’occuper. Le directeur de cette d’école d’exception souhaite, avec l’aide de son équipe pédagogique et des parents d’élèves, faire de l’institution un endroit chaleureux et réconfortant afin que chaque enfant puisse trouver sa place et ainsi changer leur comportement. Cette « école pour tous », non content d’être une sorte de refuge pour enfants inadaptés, se veut également une porte de sortie pour les familles souvent dépassées par leur situation dans un pays où la différence est très mal acceptée.

I live in Shimokita – 2003 to 2014 (someday to be independant) (2015, Mayumi Saito)

I live in Shimokita – 2003 to 2014 (someday to be independant) (Shimokita azawa de ikiru – Shimokita 2003 to 2014, 2015, Mayumi Saito)
La péninsule de Shimokita, dans la préfecture d’Aomori, au nord de l’île de Honshû, est une petite zone géographique coincée entre l’île principale et celle d’Hokkaidô, tout au Nord. Loin des centres dynamiques de Tôkyo, Kyôtô ou encore Osaka, Shimokita possède néanmoins son attrait, ses caractéristiques, ses qualités. Ce documentaire, tourné entre 2003 et 2014, montre à travers des images de la péninsule mais aussi des témoignages et des entretiens avec celles et ceux qui en font la richesse culturelle (musiciens, comédiens, chanteurs, artistes, etc.), l’évolution de la région sur une décennie. Le Japon ne se résume pas à des sites renommés et ses grandes traditions, il est aussi le terreau de cultures locales, provinciales certes plus discrètes mais toutes aussi importantes et pérennes. I live in Shimokita 2003 to 2014 (someday to be independant) s’offre au spectateur comme un voyage privilégié, à la fois dans le temps et l’espace, d’une région au caractères très typiques.

Piramekikoyaku koi monogatari: koyaku ni akogareru subete no oyako no tame ni (2015, Isamu Ota)

Piramekikoyaku koi monogatari: koyaku ni akogareru subete no oyako no tame ni (2015, Isamu Ota)
Piramekikoyaku est un programme télévisé de variétés à destination des enfants diffusé sur TV Tokyo. Le film met en scène un très jeune acteur qui, à travers ses déambulations sur les plateaux du programme, nous révèlent les coulisses de l’industrie télévisuelle au Japon, le tout agrémenté de situations insolites et bizarres dont seuls les Japonais ont le secret. Entre comédie et vrai-faux documentaire sur les dessous de la télévision, le film est une sorte d’ovni cinématographique farfelu clairement conçu pour le divertissement des petits japonais. Un film qui ne risque pas de sortir des frontières de l’Archipel.

Tunnel of love – the place for miracles (2015, Akiyoshi Imazeki)

Tunnel of love – the place for miracles (Kurevani, ai no tonneru, 2015, Akiyoshi Imazeki)
Akiyoshi Imazeki est un cinéaste totalement méconnu en Occident et pourtant Tunnel of love – the place for miracles est son septième long-métrage pour le cinéma. Alors que sa carrière commence à la fin des années soixante-dix, le réalisateur tourne au rythme d’un film tous les trois ou quatre ans. Ici il s’agit d’une histoire d’amour passionnel entre Kei et Kazuha, deux jeunes personnes totalement éprises l’une de l’autre au lycée. Malheureusement un tragique accident va coûter la vie à la jeune fille laissant Kei dans le désarroi le plus total. Des années plus tard, l’homme ne s’en est pas encore remis alors qu’il entend la rumeur d’un endroit en Ukraine, à Kevlani, où les vivants peuvent revoir les êtres aimés qui ne sont plus de ce monde, un tunnel au bout duquel chacun peut prendre dans ses bras la personne disparue. Kei se rend dans ce mystérieux village et espère retrouver Kazuha… Mélodrame fantastique qui traite de la difficulté du deuil, Tunnel of love – place for miracles a été sélectionné au Hanoi International Film Festival en novembre dernier.

The Alfee 40th anniversary film – the last genesis (2015)

Samedi 21 février:

The Alfee 40th anniversary film – the last genesis (The Alfee 40th anniversary film – the last genesis – 40nen no rekishi to kiseki, 2015, ??)
Autre documentaire, autre genre, ici celui de la célébration d’un groupe de J-Pop très connu au Japon, The Alfee, dont les débuts remontent à 1974. Le groupe, composé de Toshohiko Takamizawa, Kohnosuke Sakazaki et Masaru Sakurai, a donc commémoré l’année dernière le quarantième anniversaire de sa création à l’occasion d’un concert spécial. A travers des témoignages, d’entretiens avec les membres du groupe, de séquences d’enregistrements en studios et, bien sûr,, d’extraits du concert, le film rend hommage au trio. Un film qui satisfera les nombreux fans du groupe malheureusement presque totalement inconnu dans nos contrées.

Fantastic girls (2015, Akiko Ohku)

Fantastic girls (Deeree garuzu, 2015, Akiko Ohku)
Okayama dans les années quatre-vingt, Ayuko, une adolescente qui vient de Tokyo, entre au lycée et rencontre Takemi, une camarade de classe. Les deux jeunes femmes se lient très vite d’amitié surtout que Takemi encourage les dons de dessinatrice d’Ayuko qui narre dans son manga sa propre romance avec Yano, un jeune garçon. A la suite d’un incident pourtant, le chemin des deux amies se séparent. Trente ans plus tard Ayuko, devenue mangaka, revient dans son lycée pour y donner une conférence. Takemi est, elle, devenue professeur dans l’établissement. Le temps est venu pour elles de se retrouver et de s’expliquer. Fantastic girls est le septième long-métrage de cinéma d’Akiko Ohku après, notamment, de Tokyo serendipity (Koi suru madori, 2007), Tadaima, Jacqueline et Monster (Monsutâ, 2013). Le film est distribué par Nagoya Broadcasting Network (NBN).

Radio love (2015, Hideyuki Tokigawa)

Radio love (Rajio no koi, 2015, Hideyuki Tokigawa)
A Hiroshima, un animateur radio quelque peu fantasque veut raccrocher après des années de travail. Désillusionné, déçu, dépité, son travail ne le satisfait plus et lui donne la sensation d’être inutile. Un soir, en passant sur un pont, il sauve de la noyade une jeune fille. Cette dernière, apprenant son identité, tente de le convaincre de ne pas baisser les bras car, pour elle, la radio permet à beaucoup de gens de se connecter entre eux. Ils vont alors croiser la route de curieux personnages et d’étranges apparitions qui feront réfléchir l’animateur. Radio love est le premier long-métrage de cinéma de Hideyuki Tokigawa. Le cinéaste avait néanmoins réalisé différents documentaires pour la télévision tels que Evolution of computer graphics en 2008 et The world of mockbusters en 2010.

Tokyo underground idol (2015, Kyôhei Kikuchi)

Tokyo underground idol (2015, Kyôhei Kikuchi)
Le phénomène « idol » est loin d’être récent au Japon mais exerce toujours autant de fascination. Objet de désir autant de la part de la gente masculine que de la part d’une majorité d’adolescentes japonaises, le phénomène bat son plein aussi bien dans les circuits mainstream de la consommation de masse que sur les circuits parallèles plus marginaux. Les « idols » sont des produits conçus avant tout pour rapporter de l’argent. Chanteuses, modèles ou encore actrices, ces jeunes femmes qui souhaitent « réussir » dans ces milieux sont prêtes à tout pour sortir du lot, y compris y laisser une part d’elles-mêmes. Et si être « idol » était surtout une façon de se forger une identité sur mesure? Au Japon les « idols » sont partout mais quelles conséquences ce phénomène provoque t-il chez celles qui en vivent? Rencontres et entretiens avec certaines de ces « idols » tant vénérées. Tokyo underground idol est le premier film de Kyôhei Kikuchi.

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