sorties cinéma au Japon: semaine du 17 au 23 juin 2013

Nouvelle semaine chargée avec seize films en exploitation. Pas moins de sept documentaires au programme dont un, Senkaku rock, risque de provoquer des remous avec le voisin chinois. Côté animation, l’attente se focalise sur le nouvel opus de la franchise Ghost in the shell arise que nous devrions découvrir en France dans quelques temps. Côté fiction le cinéma japonais met à l’honneur les productions indépendantes dont certaines seront l’objet de projections en festivals dans les mois qui viennent. Si la qualité n’est pas toujours au rendez-vous, la production cinématographique japonaise étonne toujours par sa quantité, les sorties se succédant à un rythme plus qu’effrénée.

samedi 22 juin:
Moon dream (Mûn dorîmu, 2013, Bobby Ologun)
Ecrit, produit, réalisé et interprété par Bobby Ologun, un artiste d’origine nigériane vivant au Japon, Moon dream retrace sous les termes de la fiction sa propre expérience lors de son arrivée au Japon. Son rêve de devenir une personnalité du divertissement se heurte aux regards que lui porte la population japonaise. Sorte de comédie autobiographique le film regarde la société nippone sous la perspective de l’étranger, à la fois bien accueilli par les uns et repoussé par les autres.

The ravine of goodbye (Sayonara keikoku, 2013, Tatsushi Omori)
Après la découverte du corps sans vie d’un nourrisson, la police découvre que la mère, Satomi, entretient des relations ambigües avec son voisin Shunsuke, veuf dont l’épouse se prénommait Kanako. Un reporter décide alors d’enquêter lui-même sur les protagonistes de ce fait divers et découvre très vite que Shunsuke fut impliqué, quinze ans auparavant, dans une affaire de viol. La victime s’appelait Kanako. Adaptation cinématographique du roman de Shuichi Yoshida ayant obtenu le Prix Akutagawa (équivalent de notre Prix Goncourt), The ravine of goodbye est réalisé par Tatsushi Omori à qui l’on doit notamment The whispering of the gods (Gerumaniumu no yoru, 2005), A crowd of three (Kenta to Jun to Kayo-chan no kuni, 2010) et Tada’s do-it-all house (Mahoro ekimae Tada benriken, 2011). Le film est distribué au Japon par Phantom Film.

To cry 100 times (100 kai naku koto, 2013, Ryûichi Hiroki)
Fujii est un jeune homme qui souffre de pertes partielles de mémoire suite à un accident de moto. Un jour, lors du mariage d’un ami, il rencontre Yoshimi, une jeune femme resplendissante et attentionnée. Très vite Fujii décide de la demander en mariage. Yoshimi lui suggère alors de vivre en couple pendant une année avant de franchir le pas. Alors que la date fatidique approche, une terrible nouvelle va ébranler le jeune couple. Adapté d’un roman de Kô Nakamura, To cry 100 times est le mélodrame par excellence signé par le vétéran Ryûichi Hiroki qui a davantage l’habitude de porter des projets nettement plus violents et marginaux. Depuis ses débuts dans les années quatre-vingt, celui-ci a réalisé pas moins d’une cinquantaine de films dont 800 two lap runners (1994), Tokyo trash baby (Tôkyô gomi onna, 2000), Vibrator (Vaibureta, 2003) ou encore April bride (Yomei 1-kagetsu no hanayome, 2009). Le film est distribué par Showgate.

Shady (Kashikoi inu wa, hoezu ni warau, 2013, Ryôhei Watanabe)
Misa, une jeune adolescente mal dans sa peau, déteste son lycée. A cause de son nom de famille, ses camarades n’en finissent plus de se moquer d’elle. Renfermée sur elle-même, Misa va pourtant faire connaissance avec Izumi, une élève appréciée et populaire. Excitée par cette nouvelle amitié naissante, Misa ne s’aperçoit pourtant pas du côté sombre de la personnalité d’Izumi. Shady est la première réalisation de Ryôhei Watanabe.

Remiges (Kazekiribane ka zakiriba, 2013, Masato Ozawa)
En dernière année de lycée, Sayato est une jeune femme fragile placée dans une institution. Abusée par sa mère lorsqu’elle était petite, Sayato ne rêve que d’une seule chose, intégrer une école de danse de ballet. Pour cela elle doit convaincre son père de payer les frais d’admission mais celui-ci se dérobe. S’échappant de son institution pour retrouver sa mère et sa soeur, Sayako fait la rencontre de Kenta, un jeune homme à fleur de peau comme elle qui pédale sur son vélo ici et là en demandant aux passants s’ils le connaissent. Remiges est la seconde réalisation du cinéaste Masato Ozawa après A warm ray of light (Komorebi, 2011).

Inochi no kotozuke shibô-ritsu 2-bai chôgai no aru hito-tachi no 3.11 (2013, Kentaro Hayase)

Disabled people who failed to escape the great east japan earthquake (Nige okureru hitobito higashinihon daishinsai to shôgaimono, 2013, Motoharu Iida)
Enième documentaire sur les conséquences de la catastrophe du 11 mars 2011. Ici le point de vue privilégié est celui des personnes handicapées dont l’évacuation et l’assistance ont posé de nombreux problèmes lors du séisme et de l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima qui s’en suivit. En effet de nombreuses personnes handicapées ont été laissées à l’abandon lors de l’évacuation de la zone irradiée faute de moyens humains et matériels.

Ghost in th shell arise border:1 ghost pain (Kôkaku kidôtai arise border 1 ghost pain, 2013, Kazuchika Kize et Masahiko Murata)
Préquelle au film de Mamoru Oshii, ce premier segment (trois autres suivront) de Ghost in the shell arise suit les tous premiers pas du lieutenant Kusanagi dans la section 9. Les habitués de l’univers de Masamune Shirow se sentiront chez eux, les autres n’auront qu’à s’émerveiller devant ce monde cyber-punk d’une rare qualité. Kazuchika Kize est en charge de l’homogénéité des quatre films pendant que Masahiko Murata signé la mise en scène de cette première partie. Il avait dirigé la série animée Gilgamesh en 2003 avant de passer à la réalisation de long-métrage en 2009 avec Naruto shippûden – le film: la flamme de la volonté (Gekijô-ban Naruto shippûden: hi no ishi wo tsugu mono), Naruto shippûden – le film: the lost tower (Gekijô-ban Naruto shippûden: za rosuto tawa, 2010) et enfin Naruto shippûden – le film: blood prison (Gekijô-ban Naruto: buraddo purizun, 2011). Ghost in th shell arise border:1 ghost pain est sa première incursion dans la franchise.

The Buck-Tick syndrome II (Gekijô-ban BUCK-TICK bakuchiku genshô II, 2013, Yûichirô Iwaki)
Seconde et dernière partie du documentaire consacré au groupe de rock japonais Buck-Tick. La première partie est sortie sur les écrans nippons la semaine dernière.

Glass mask – the movie (Garasu no kamen desu ga the movie onna supai no koi!, 2013, Eri Asahi)
Après une première adaptation en série animée en 1984 plus connu dans nos contrées sous le titre Laura ou la passion du théâtre, Glass mask (Garasu no kamen) a ensuite été adapté en OAV et en série télévisée en 1998 avant de faire l’objet d’une seconde adaptation en série animée en 2005. Le manga original de Suzue Miuchi, publié depuis 1976 est encore en cours de publication. Ici la franchise rencontre le grand écran avec une histoire parallèle d’un peu moins d’une heure.

Uzumasa Jacopetti (2013, Moriro Miyamoto)
Wada, un jeune excentrique qui vit avec femme et enfant, abandonne soudainement son travail pour se concentrer sur la construction de la maison familiale conçue avec des plaques métalliques maintenues en place par les lois du magnétisme. Un soir, alors qu’il est entrain de découper en morceau un taureau, Wada est arrêté par Kitahara, un policier en mal de justice. Plutôt que de l’emmener au poste pour répondre du carnage, Kitahara embauche Wada pour décimer les voyous locaux. Entre comédie familiale loufoque et film gore avec démembrements au programme, Uzumasa Jacopetti est l’un de ces ovnis cinématographiques dont le Japon a parfois le secret. Moriro Miyamoto signe ici son premier long-métrage.

Vegetable fairy quiz theatre (Yasai no yôsei kuizu gekijô, 2013, Yoshitaka Amano)
Illustrateur de renom, Yoshitaka Amano se coltine ici un film d’animation pour enfants bien éloigné de son univers fantastique de prédilection. Les bambins pourront y suivre les aventures de légumes sur fond de chansonnettes innocentes. Le cinéaste avait réalisé son premier long-métrage, Ten nights of dreams (Yume jû-ya), en 2006.

Minami Haruo special cinema performance (Minami Haruo utagei owarinaki waga uta no michi tokubetsu shinema kôen, 2013, ??)
Documentaire sur la vie de Haruo Minami, célèbre chanteur de ballades japonaises appelées enga. Fait prisonnier dans les camps russes à la fin de la seconde guerre mondiale, Haruo Minami sera celui qui donnera sa voix à l’hymne des jeux olympiques de Tôkyô en 1964. Sa popularité n’a jamais vraiment faibli jusqu’à sa mort en 2001.

For 13 days of roaring (Muneo izumu ai to kyôsô no 13-kakan, 2013, Yu Kaneko)
Documentaire consacré au très controversé Muneo Suzuki, politicien du parti libéral démocrate connu pour avoir purgé une peine de prison suite à une affaire de corruption.

Starting over (Sutâchîn ovuâ, 2013, Goto Toshihiro)
L’histoire d’un couple qui s’est formé sur les bancs du lycée mais qui, après dix années passées, se pose des questions sur les véritables liens qui les unissent. Réflexions sur le temps qui passe et les sentiments qui évoluent, Starting over joue la carte de l’intimité. Le cinéaste Goto Toshihiro s’était fait remarqué avec son premier long-métrage Monochrome girl (Monokurômu no shôjô) en 2009.

Senkaku rock (Senkaku rokku, 2013, Eito Sonoda)
Au centre de ce documentaire polémique, les îles Senkaku, situées entre les côtes japonaises et le continent chinois. Depuis décembre 2012, elles sont la propriétés du gouvernement japonais mais de vives manifestations en Chine ont relancé le débat sur l’appartenance de ces îles. Tokma, un chanteur et guitariste japonais, a décidé d’y mettre son grain de sel en narguant les autorités chinoises en accostant sur l’île principale.

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