Sorties cinéma au Japon : semaine du 1er au 7 octobre 2018

Programmation intense cette semaine avec pas moins de treize films japonais et neuf longs-métrages étrangers distribués dans l’Archipel. Côté films nippons, le cinéma d’animation est à l’honneur avec pas moins de quatre titres issus de franchises peu ou pas connues dans nos contrées : Monster strike the movie : beyond the sky, d’après l’univers d’un jeu vidéo, K seven stories episode 4 « Lost small world – to the other side of the cage » et Re:zero – Starting life in another world – Memory snow, adaptés de light novels, et enfin Gray cherry blossoms : Garo, projet plus original qui s’inscrit dans l’univers Garo, tout d’abord développé en série télévisée. Deux adaptations de manga, au contraire, pourraient attirer l’attention du public français : Ménage à trois et Perfect world. Les deux films sont tirés de deux titres shōjo édités en France. Un seul documentaire cette semaine, Morgen, ashita, est un portrait de la politique allemande qui a fait le choix de la sortie de l’énergie nucléaire.

Ménage à trois (2018, Ryo Miyawaki) affiche japonaise

Vendredi 5 octobre :
Ménage à trois (Anoko no toriko, 2018, Ryo Miyawaki)
Enfants, Yori Suzuki, Subaru Tōjō et Shizuku Tachibana se font la promesse de devenir tous trois des personnalités reconnues une fois adulte. Mais Yori déménage et oublie vite ces facéties d’enfance. Après dix années d’absence, il revient dans sa ville natale en intégrant le lycée où ses deux amis sont également inscrits. Shizuku est devenue mannequin et Subaru entame une carrière d’acteur prometteur. Malgré son physique ordinaire, Yaori décide de conquérir le cœur de Shizuku dont il est depuis toujours amoureux. Adapté du manga éponyme de Yuki Shiraishi, Ménage à trois est le premier long-métrage de Ryo Miyawaki qui a jusqu’alors essentiellement œuvré pour le petit écran en réalisant, entre autres, des épisodes de séries télévisées telles que Matrimonial chaos (Saikō no rikon, 2013), Honey trap (2013) ou Crazy for me (2014). Ménage à trois est distribué au Japon par Showgate.

Monster strike the movie : beyond the sky (2018, Hiroshi Nishikiori)
affiche japonaise

Monster strike the movie : beyond the sky (Monsutā sutoraiku the movie : sora no kanata, 2018, Hiroshi Nishikiori)
Plus d’une décennie auparavant, Tokyo s’est scindée en deux, l’une des parties s’étant détachée pour flotter mystérieusement dans les airs. La ville est désormais désignée par le « Vieux Tokyo » pour sa partie détachée, et le « Nouveau Tokyo », pour la partie restée au sol. Un jour, une jeune femme comprend que cette séparation est sur le point de prendre fin. Selon elle, la portion flottante s’apprête à s’écraser sur le « Nouveau Tokyo ». Des centaines de milliers de vies sont en danger face à cette catastrophe imminente. À l’origine Monster strike est une franchise de jeux vidéo qui connaît, en 2015, une adaptation en série animée de 51 épisodes. Monster strike the movie : beyond the sky est en revanche l’adaptation d’une histoire inédite réalisée par Hiroshi Nishikiori. Ce dernier a essentiellement travaillé pour la télévision depuis le début des années quatre-vingt dix mais a néanmoins signé trois longs-métrages depuis : Magic tree house (Majikku tsurī hausu, 2011), A certain magical index : the miracle of Endymion (Gekijōban toaru majutsu no indekkusu : Endyumion no kiseki, 2013) et Trinity seven the movie (Gekijōban toriniti sebun : yūkyū toshokan to rekinjutsu shōjo, 2017). Monster strike the movie : beyond the sky est distribué au Japon par la branche nippone de Warner Bros.

Perfect world (2018, Kenji Shibayama) affiche japonaise

Perfect world (Pāfekuto wārudo : kimi to iru kiseki, 2018, Kenji Shibayama)
Tsugumi Kawana est une jeune femme travaillant depuis peu dans une agence de décoration d’intérieur. Un soir, invitée à un dîner entre amis, elle se retrouve autour de la table aux côtés d’Itsuki Ayukawa, son premier amour du lycée. Ce dernier est devenu depuis architecte. Ce qu’elle apprend avec stupéfaction, c’est qu’Itsuke est désormais dans un fauteuil roulant suite à un accident de la route. Persuadée qu’elle ne tombera pas de nouveau amoureuse d’un homme aujourd’hui handicapé, Tsugumi poursuit sa vie de son côté. Pourtant les souvenirs de cet amour de lycée ressurgissent et la jeune femme ne sait comment gérer ses sentiments, face à une société qui rejette le handicap. Perfect world est l’adaptation du manga éponyme scénarisé et dessiné par Rie Aruga. Le cinéaste, Kenji Shibayama, signe ici son troisième long-métrage après Your song (Kimi no sukina uta, 2011) et Before a falling star fades away (Nagareboshi ga kienai uchi ni, 2015). Perfect world est distribué au Japon par la Shōchiku.

You are the apple of my eye (2018, Yasuo Hasegawa) affiche japonaise

You are the apple of my eye (Ano koro, kimi wo oikaketa, 2018, Yasuo Hasegawa)
Dans un lycée provincial, Kosuke Mizushima est un élève dissipé et un véritable trublion pour ses camarades. Un jour, parce que l’une de ses plaisanteries est allée trop loin, toute sa classe est placée en retenue. Le proviseur demande alors à Mai Hayase, la meilleure élève de l’établissement, de garder un œil attentif sur le jeune homme. Ce qui n’était pas prévu, c’est que l’élève modèle et le cancre se rapprochent sentimentalement l’un de l’autre. Adapté du roman de Giddens Ko publié à Taïwan en 2006, You are the apple of my eye est également le remake du film éponyme réalisé par le romancier en 2011. Véritable phénomène cinématographique en Asie cette année-là, la version japonaise est quant à elle réalisée par Yasuo Hasegawa, plus connu pour son travail de scénariste, qui signe ici son second long-métrage après Love has fallen (Koi wa maiorita, 1997). You are the apple of my eye est distribué au Japon par Kino Films.

Charlotte – Susabi (2018, Masaki Iwana) affiche japonaise

Samedi 6 octobre :
Charlotte – Susabi (Sharurotto tsusabi, 2018, Masaki Iwana)
Kamimura, un artiste en proie à une désillusion existentielle, croise le chemin de trois femmes énigmatiques. Avec elles, il va se confronter à la réalité, la mémoire et la fiction de son être profond. L’histoire d’amour qu’il expérience avec l’une d’entre elles va le conduire à regarder le monde autrement. Masaki Iwana, Japonais vivant en France, est un danseur butō de renommée internationale. Il signe ici une œuvre à la lisière de la performance et du cinéma, troisième film après Vermilion souls (Shureitachi, 2007) et A summer family (Natsu no kazoku, 2010).

Gray cherry blossoms : Garo (2018, Satoshi Nishimura) affiche japonaise

Gray cherry blossoms : Garo (Usuzumizakura : Garo, 2018, Satoshi Nishimura)
À l’époque Heian, Raikō est un guerrier Makai détenteur de l’armure d’or Garo dont la mission est de pourchasser et de détruire les Horrors, des créatures maléfiques qui cherchent à détruire l’humanité. Accompagné de la prêtresse Seimei et de son serviteur Kintoki, les trois personnages atteignent la capitale impériale pour accomplir leur tâche. Gray cherry blossoms : Garo est produit par les studios d’animation Studio M2 et Studio VOLN. Satoshi Nishimura prend les rennes de la réalisation après avoir dirigé les séries Trigun (1998), Hajime no ippo (2000), Ushio to Tora (2015-2016) et le long-métrage d’animation Trigun : badlands rumble, réalisé en 2010. Le film est distribué au Japon par la Tohokushinsha Film.

Heartbeat (2018, Katsumi Sakaguchi) affiche japonaise

Heartbeat (Shokō, 2018, Katsumi Sakaguchi)
Treize années plus tôt, Fumie a perdu sa fille qui s’est suicidée à cause de mauvais traitements de la part de ses camarades d’école. Toujours meurtrie par cette tragédie, elle décide de revenir vivre dans son village natal, dans la montagne, avec son fils. Elle y crée une association qui vient en aide aux personnes suicidaires en leur permettant de vivre en communauté. Issu du milieu de la télévision pour laquelle il a réalisé des centaines de documentaires, Katsumi Sakaguchi s’est ensuite tourné vers le grand écran tout en gardant son sujet de prédilection, la vie de jeunes personnes plongées dans des situations familiales difficiles. Il réalise tout d’abord des films de fiction comme Blue tower (Ao no tō, 2000), Catharsis (2003) et Sleep (Nemuriyusurika, 2011), sélectionné au Festival international du film de Rotterdam. Il retourne ensuite vers le documentaire avec A summer prayer (Natsu no inori, 2012) puis Walking with my mother (Hōyō, 2014), film qui retrace les quatre années passées à s’occuper de sa mère devenue peu à peu sénile. Heartbeat, film de fiction intégrant de nombreux éléments autobiographiques, est distribué par la société indépendante Supersaurus.

K seven stories episode 4 « Lost small world – to the other side of the cage »
(2018, Shingo Suzuki) affiche japonaise

K seven stories episode 4 « Lost small world – to the other side of the cage » (« K seven stories episode 4 « Lost small world – ori no mukō ni », 2018, Shingo Suzuki)
Quatrième opus des adaptations des light novels de la franchise K seven, K seven stories episode 4 « Lost small world – to the other side of the cage » s’attarde sur l’amitié naissante entre Misaki Yata et Saruhiko Fushimi. Lycéens, les deux jeunes gens deviennent inséparables jusqu’à leur dispute, irrémédiable. Saruhiko intègre alors le commandement de Scepter 4, pourvu de ses capacités de double aura hérité de son passé au sein d’Homra. Le film est animé par la studio GoHands et toujours réalisé par Shingo Suzuki, déjà à la tête du film K the movie : missing kings (Gekijōban K : missing kings, 2014).

Kyōkaishi (2018, Dai Sako) affiche japonaise

Kyōkaishi (2018, Dai Sako)
Saeki est un aumônier travaillant en milieu carcéral. Parce qu’il désire lui-même oublier un passé douloureux, il tente, par les mots, d’apaiser et de rassurer les condamnés à mort. Le prêtre est obnubilé par sa mission. Ses efforts permettront-ils vraiment à ces détenus condamnés à la pendaison de se repentir de leurs crimes ? Kyōkaishi est le dernier film sur lequel Ren Ōsugi, disparu le 21 février dernier, a travaillé, à la fois en tant qu’acteur mais aussi en tant que producteur. Un dernier film avec le comédien mais tourné précédemment, Love’s water drop (Koi no shizuku) de Naoki Segi, sortira le 20 octobre prochain. Dai Sako, jeune cinéaste, signe ici son troisième long-métrage après Still paradise (Mada rakuen, 2005) et Running on empty (Ranningu on enputi, 2010). Le film est distribué au Japon par deux jeunes sociétés indépendantes, Mermaid Films et Copiapoa Film.

Morgen, ashita (2018, Masako Sakata) affiche japonaise

Morgen, ashita (Morugen, ashita, 2018, Masako Sakata)
Après avoir réalisé Mon voyage sans fin (Watashi, owaranai tabi, 2014), un documentaire questionnant la pérennité de l’énergie nucléaire, du bombardement d’Hiroshima à la catastrophe de Fukushima, Masako Sakata se rend en Allemagne pour poursuivre sa réflexion sur l’énergie atomique. Le gouvernement allemand, en effet, a choisi de se détourner du nucléaire pour développer davantage les énergies renouvelables en programmant un arrêt de toutes ses centrales d’ici 2022. Masako Sakata interroge ainsi les Allemands sur ce programme ambitieux. La réalisatrice est réputée pour ses films engagés, elle a commencé sa carrière cinématographique en dénonçant les effets meurtriers de l’agent orange utilisé lors de la Guerre du Vietnam dans Agent orange : a personal requiem (Hana wo doko itta, 2007), suite au décès de son mari américain, ancien soldat et décédé des suites d’un cancer provoqué par l’agent chimique. Elle a ensuite poursuivi ses investigations sur le sujet avec Living the silent spring (Chinmoku no haru o ikite, 2011). Morgen, ashita est distribué au Japon par sa société de distribution, Regard.

Passage of life (Akio Fujimoto) affiche japonaise

Passage of life (Boku no kaeru basho, 2017, Akio Fujimoto, Japon/Birmanie)
Khin et Issace sont un couple birman immigré illégalement au Japon. Vivant chaque jour dans la peur d’être rattrapé par les services d’immigration, le couple élève deux enfants, Kaung et son jeune frère Htet. Si les enfants, qui n’ont quasiment connu que le Japon, sont heureux, Khin et Issace sont rongés par l’inquiétude au quotidien. Un jour, alors que Khin est victime d’une dépression violente, le couple décide de retourner vivre en Birmanie. Pour Kaung, qui a sept ans, c’est un choc. À ses yeux, le Japon est son pays alors que la Birmanie lui est totalement inconnue. Basé sur des faits réels, Passage of life est le premier long-métrage d’Akio Fujimoto qui a travaillé pour l’occasion avec des acteurs non professionnels. Le film est distribué au Japon par ExN.K.K.

Single mom : a sweet family (2017, Kazumi Matsumoto) affiche japonaise

Single mom : a sweet family (Yasashī kazoku, 2017, Kazumi Matsumoto)
Aimi Sora élève seule sa fille, Emily, dans une petite ville d’Hokkaido. Faisant face jour après jour aux difficultés de tous ordres, Aimi se dispute souvent avec son entourage familial. Le regard de la société sur son statut de mère célibataire lui pèse toujours un peu plus. Dans les bureaux de la mairie où elle s’est rendue pour régler un problème administratif, Aimi rencontre Miyuki, une employée qui, comme elle, habite seule avec son enfant. Les deux femmes vont s’entraider pour surmonter les obstacles. Kazumi Matsumoto réalise ici son premier long-métrage, distribué au Japon par Shibuya Productions.

Re:zero – starting life in another world – memory snow
(2018, Masaharu Watanabe) affiche japonaise

Re:zero – Starting life in another world – Memory snow (Re:zero – Kara hajimeru isekai seikatsu – memory snow, 2018, Masaharu Watanabe)
Subaru Natsuki est un lycéen sans histoire. Un jour, il se réveille dans une réalité alternative où le danger guette à tout instant. Sur le point de mourir, le jeune homme est sauvé par une étrange jeune fille aux longs cheveux argentés, prénommé Emilia. Afin de payer sa dette envers elle, Subaru décide de l’accompagner pour la protéger à son tour. Mais très vite ils succombent tous deux à la violence de cet univers inconnu. Subaru se réveille à nouveau dans ce monde dont il ne connaît pas les lois. Il se retrouve exactement au même point de départ mais ses souvenirs lui permettent de modifier l’enchaînement des évènements. Une journée sans fin commence pour lui. Adaptation du light novel éponyme paru au Japon en 2014, Re:zero – Starting life in another world – Memory snow est une OAV de la franchise Re:zero, adapté tout d’abord en manga puis en série animée de 25 épisodes en 2016, toujours produite par le studio d’animation White Fox. Masaharu Watanabe, réalisateur en chef de la série animée, est toujours aux commandes. Le film est distribué au Japon par Kadokawa Animation.

Equalizer 2 (2018, Antoine Fuqua) affiche japonaise

Films étrangers :
Côté films étrangers, neuf longs-métrages tenteront de trouver leur voie. Ce vendredi, sur les trois titres distribués, deux sont de potentiels succès : tout d’abord le film d’action Equalizer 2 (The equalizer 2, 2018), réalisé par Antoine Fuqua et sorti il y a quelques semaines en France, et le troisième opus de l’adaptation du roman érotique Cinquante nuances plus claires (Fifty shades freed, 2018), signé James Foley, sorti chez nous en tout début d’année. Le troisième film distribué, étonnement, est à l’origine un téléfilm canadien, L.M. Montgomery’s Anne of green gables : the good stars (2017), mis en scène par John Kent Harrison. Ce téléfilm est la séquelle de L.M. Montgomery’s Anne of green gables, téléfilm réalisé en 2015 et diffusé dans le pays d’origine début 2016. Le succès télévisé rencontré a lancé la mise en production de deux suites. La troisième partie est prévue d’ici quelques mois au Canada.

Cinquante nuances plus claires (2018, James Foley) affiche japonaise

L.M. Montgomery’s Anne of green gables : the good stars
(2017, John Kent Harrison) affiche japonaise

Six films sont programmés pour une sortie le samedi sur grand écran. Pas de blockbuster en lice mais tout de même trois productions hollywoodiennes, dont deux étrangement datées : LBJ – L.B. Johnson après Kennedy (LBJ, 2016), réalisé par Rob Reiner, et Prémonitions (Solace, 2015) d’Afonso Poyart avec Anthony Hopkins dans le rôle titre. Quant à Tulip fever (2017) de Justin Chadwick, le film est sorti en France en mars dernier. Un documentaire britannique, Vincent Van Gogh : a new way of seeing (2015, David Bickerstaff), connaît les honneurs de la salle de cinéma, dans un triple projet artistique consacré non seulement au peintre à l’oreille coupée mais aussi à Michel-Ange et Claude Monet. Enfin deux films inédits chez nous closent la liste. Un film russe, Buy me (Kupi menya, 2018) réalisé par Vadim Perelman, où une jeune étudiante en littérature est soudainement prise d’envie d’expérimenter la vie d’une prostituée de luxe, et un documentaire indien, Up down & sideways (Kho ki pa lü, 2017, Anushka Meenakshi et Iswar Srikumar) sur une communauté de cultivateurs du riz traditionnels dans l’État de Nagaland, au nord du pays.

LBJ – L.B. Johnson après Kennedy (2016, Rob Reiner) affiche japonaise

Prémonitions (2015, Afonso Poyart) affiche japonaise

Tulip fever (2017, Justin Chadwick) affiche japonaise

Vincent Van Gogh : a new way of seeing (2015, David Bickerstaff)
affiche japonaise

Buy me (2018, Vadim Perelman) affiche japonaise

Up down & sideways (2017, Anushka Meenakshi et Iswar Srikumar)
affiche japonaise

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