Sorties cinéma au Japon: semaine du 16 au 22 juin 2014

Pas moins de onze longs-métrages cette semaine sur les écrans japonais avec notamment trois films abordant des thématiques difficiles rarement traitées comme les conséquences nucléaires dans Fukushima (Town of love and hope) de Hiroshi Kanno, la difficulté de vivre sa double origine dans China/Japan my country de Wataru Suzuki, ou encore le documentaire A voyage of Bun-you: Vietnam and Okinawa de Koichi Omiya sur les traces du photographe et reporter de guerre Ishikawa Bunyo. L’animation est encore au rendez-vous avec deux franchises renommées, celle d’Edgar de la cambriole dans Lupin the IIIrd: Daisuke Jigen’s graveyard de Takeshi Koike et celle des Chevaliers du zodiaque dans un film en images de synthèse Saint Seiya – la légende du sanctuaire de Keiichi Satô. Romance, drame et comédie complète ce tableau, bref de quoi satisfaire tous les goûts.

Aibiki (2014, Yukinari Hanawa) affiche japonaise

samedi 21 juin:
Aibiki (2014, Yukinari Hanawa)
Romance au programme avec ce quatrième long-métrage réalisé par Yukinari Hanawa après Tokyo skin (1996), Hatsukoi (2006) et Shiniyuku tsuma tono tabiji (2011). Un photographe freelance, Tadashi, croise le chemin de la belle Yuko qui travaille dans une agence de design. Leur relation discrète, chacun vit en famille, prend pour cadre Yokohama, vaste ville portuaire la plus peuplée du Japon après Tokyo. Dans cet immense cité où la vie quotidienne peut devenir ennuyeuse, leur amour va t-il tenir le coup?

A voyage of Bun-you: Vietnam and Okinawa (2014, Koichi Omiya) affiche japonaise

A voyage of Bun-you: Vietnam and Okinawa (Ishikawa Bunyo wo tabi suru, 2014, Koichi Omiya)
Documentaire sur l’oeuvre photographique du reporter de guerre Ishikawa Bunyo, qui a longtemps stationné à Saigon pendant la guerre du Vietnam. Son approche du conflit mais aussi les clichés de la vie quotidienne au Vietnam font de lui un grand connaisseur de la progression de ce pays vers la modernité après ces terribles années de souffrance. En parallèle, Ishikawa Bunyo a également documenté la présence des bases militaires américaines à Okinawa, une présence qui dure depuis 1945 et qui est encore d’actualité. A voyage of Bun-you: Vietnam and Okinawa est le second documentaire de Koichi Omiya après Mujô sobyô sur la catastrophe de Fukushima en 2011.

Chichi’s heart (2014, Masaaki Taniguchi) affiche japonaise

Chichi’s heart (Chichi no kokoro, 2014, Masaaki Taniguchi)
Le destin d’un homme fragile qui quitte femme et enfants suite à la perte de son travail. L’épouse, abandonnée et responsable de ses deux enfants va surmonter les épreuves. Quelques années plus tard, le fils aîné, Kenichi, croise par hasard son père et souhaite le ramener à la maison car sa soeur, Emi, est sur le point de se marier. Ce retour impromptu n’est pas du goût de tout le monde. Chichi’s heart est le sixième long-métrage de Masaaki Taniguchi après Time traveler: the girl who leapt through time (Toki o kakeru shôjo, 2010), Snowflake (Sunôfurêku, 2011), Scattered reflection (Ranhansha, 2011), Signal (Shigunaru: getsuyôbi no ruka, 2012) et Bungo: stories of desire (Bungô: sasayaka na yokubô, 2012).

China/Japan my country (2014, Wataru Suzuki) affiche japonaise

China/Japan my country (Chûgoku/Nihon watashi nu kuni, 2014, Wataru Suzuki)
Documentaire qui traite de la difficulté de s’insérer dans la société japonaise quand l’un des parents est d’origine chinoise. A travers des entretiens, le film aborde surtout le destin d’enfants nés pendant la seconde guerre mondiale de père japonais et de mère chinoise, des enfants nés et élevés en Chine qui ont par la suite déménager au Japon. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont aujourd’hui très tendues mais les individus issus des deux origines sont le plus souvent ostracisés par l’une et l’autre communauté. Comment se construire une identité quand vos deux pays d’origine vous refuse toute assimilation?

Fukushima (Town of love and hope) (2014, Hiroshi Kanno) affiche japonaise

Fukushima (Town of love and hope) (Ai to kibô no machi, 2014, Hiroshi Kanno)
Ces dernières années de nombreux documentaires ont évoqué la catastrophe de Fukushima mais ici c’est sous la forme d’un long-métrage de fiction s’étendant sur plusieurs générations que la problématique nucléaire est traitée. Soit l’histoire d’un étudiant, Hideo, mobilisé en 1945 par le gouvernement pour travailler dans une mine d’uranium à Ishikawa dans la préfecture de Fukushima. Dans les années soixante, ce dernier devient un activiste militant contre le projet de construction d’une centrale nucléaire se mettant à dos l’ensemble du voisinage par la même occasion, ce qui met la famille dans une position d’ostracisme qui touche péniblement sa fille, Aiko, alors amoureuse de Kenji qui, lui, soutient le projet. En 2011 Kenji et son fils travaillent pour la Tokyo Electric Company mais ce dernier meurt des suites d’un cancer. Kenji se rapproche alors d’Aiko pour faire face à la douleur. C’est le premier film en tant que réalisateur pour le scénariste Hiroshi Kanno.

Lupin the IIIrd: Daisuke Jigen’s graveyard (2014, Takeshi Koike) affiche japonaise

Lupin the IIIrd: Daisuke Jigen’s graveyard (Lupin the IIIrd: Daisuke no bohyô, 2014, Takeshi Koike)
Dernier long-métrage en date de la célèbre franchise Lupin the third (rappelons qu’en France cette franchise fut renommée Edgar de la cambriole suite à des problèmes de droit sur le nom du personnage Arsène Lupin) depuis le premier film Lupin the third – the mystery of Mamo (Rupan sansei, 1978, Sôji Yoshikawa) d’après le manga du même nom dessiné par Monkey Punch. Cette fois-ci le film met l’accent sur le personnage de Daisuke Jigen, le side-kick de Lupin, et notamment comment les deux se rencontrèrent. Après le cross-over Lupin the Third vs. Detective Conan – the movie (Rupan sansei vs. meitantei Konan – the movie, 2013, Hajime Kamegaki) sorti en décembre dernier, le détective-cambrioleur semble reprendre du poil de la bête auprès d’un public plus jeune, de quoi relancer cette franchise qui avait perdu de sa superbe à la fin des années quatre-vingt dix. Le film est réalisé par Takeshi Koike, un animateur chevronné depuis la fin des années quatre-vingt passé à la réalisation en 2003 sur un segment du film Animatrix mais plus connu pour son travail sur Redline en 2009.

Mission impossible samurai (2014, Katsuhide Motoki) affiche japonaise

Mission impossible samurai (Chô kôsoku! Sankin kôtai, 2014, Katsuhide Motoki)
La nouvelle comédie des studios Shôchiku avec à la mise en scène un réalisateur maison, Katsuhide Motoki. Mission impossible samurai revisite le concept historique du sankin kôtai, l’alternance de l’intendance où chaque daimyô (seigneur de guerre à la tête d’un clan) se devait de déplacer sa cour et ses soldats à Edo (la capitale de l’ancien Japon aujourd’hui devenue Tokyo) pour servir le shogun pour un temps donné. Pratique mise en place par les shoguns pour obliger les daimyos à de grandes dépenses, les empêchant ainsi de devenir financièrement trop puissants. Sur les terres de Yunagaya donc, une petite région qui possède cependant une mine d’or, l’effervescence est à son comble. L’intendant du clan, Naito, est sommé d’organiser l’alternance en quelques jours mais cela ne cache t-il pas un plus sombre dessein? La mine d’or semble en effet intéresser le shogun et lorsque l’ensemble des guerriers du clan se déplacera vers Edo, c’est tout le domaine qui se trouvera en position de faiblesse.

Nothing parts 71 (2014, Takenori Sentô) affiche japonaise

Nothing parts 71 (2014, Takenori Sentô)
Dans la région d’Okinawa, un enseignant est envoyé en prison pur s’être battu avec un soldat américain, une altercation qui s’est conclue par la mort de ce dernier. A sa sortie de prison, ses perspectives d’avenir sont minces, il décroche un job et croise la route de Shinji qui deviendra très vite son unique ami. Ce film marque les débuts dans la mise de scène de Takenori Sentô, plus connu pour son travail de producteur sur des films tels que Ring (Ringu, 1998, Hideo Nakata), M/Other (1999, Nobuhiro Suwa), Eureka (2000, Shinji Aoyama) ou encore St. John’s wort (Otogiriso, 2001, Ten Shimoyama). Il fut par ailleurs la mari de la cinéaste Naomi Kawase pour laquelle il a produit Suzaku (Moe no suzaku) en 1997.

The round table (2014, Isao Yukisada) affiche japonaise

The round table (Entaku, 2014, Isao Yukisada)
Kokko est une petite fille qui a tout pour être heureuse, une famille aimante, un petit appartement sympa, des copains de classe en nombre. Pourtant Kokko n’est pas satisfaite par la vie qu’elle mène et préfère se réfugier dans la solitude avec son caractère bien trempé. Normal quand on vit à huit sous le même toit et quand la petite dernière de la famille apprend que sa mère est enceinte, Kokko là n’est plus d’accord! Ce film est la dernière comédie distribuée par la Toho. Isao Yukisada n’est pas un nouveau venu, assistant-réalisateur sur les films de Shinji Iwai à ses débuts, il se lance dans la mise en scène avec Open house en 1998. On lui doit quelques films connus comme Go! (2001), A day on the planet (Kyô no dekigoto, 2003), Crying out love, in the center of the world (Sekai no chûshin de, ai o sakebu, 2004), Spring snow (Haru no yuki, 2005) ou encore Into the faraway sky (Toku no sora ni kieta, 2007).

Saint Seiya – Legend of Sanctuary (2014, Keiichi Satô) affiche japonaise

Saint Seiya – la légende du sanctuaire (Seitôshi Seiya – Legend of Sanctuary, 2014, Keiichi Satô)
Pas besoin de pitch puisque comme chacun l’aura compris, ce film en images de synthèse est un remake de la célèbre série animée Les chevaliers du zodiaque, le long-métrage se concentrant sur les épisodes du sanctuaire lorsque la princesse Saori, en fait la réincarnation de la déesse Athéna, est transpercée d’une flèche par le grand Pope. Les chevaliers de bronze doivent donc traverser les douze maisons des chevaliers d’or pour sauver Saori. Le film a été projeté au dernier Festival du Film d’Animation d’Annecy. La Tôei tente de relancer au cinéma une franchise qui a souffert du désintérêt du public pour les séries TV Saint Seiya – the lost canvas et Saint Seiya Omega. Pas sûr que le caracter design du film satisfasse les puristes… Le film est bien entendu distribué par la Tôei au Japon et sortira le 25 février 2015 en France sous l’égide de Wild Bunch.

Uwakoi 2 (2014, Hitoshi Ishikawa) affiche japonaise

Uwakoi 2 (2014, Hitoshi Ishikawa)
Seconde et dernière partie d’un film double, Uwakoi 2 suit les pérégrinations amoureuses de Yukiteru, Yuno et Rena. Entre relations homosexuelles, plan à trois et autres curiosités charnelles, le film est l’adaptation d’un manga ecchi, c’est à dire un brin pervers et lubrique. Le réalisateur Hitoshi Ishikawa est plutôt coutumier de la chose puisqu’il met en scène des films érotiques depuis les années soixante-dix, parfois sous le pseudonyme de Go Ijuin. Il signe ici également le scénario tout comme pour le premier opus dont il a laissé à Norihisa Yoshimura la réalisation.

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