Sorties cinéma au Japon : semaine du 22 au 28 juin 2015

Dix films au programme cette semaine avec quelques titres très attendus comme L’attaque des titans part.2 : les ailes de la liberté de Tetsuro Araki ou encore Love & peace de Shion Sono. Pour les connaisseurs deux cinéastes un peu en marge sortent également leur nouveau film, Sabu avec Chasuke’s journey d’une part et Takahisa Zeze avec Strayer’s chronicle d’autre part. Côté drame intime, une réalisatrice qui s’affirme, Mipo O, avec You are a good kid, qui devrait trouver le chemin des festivals internationaux, et Risa Takeuchi, qui présente son film de fin d’études, Michi te iku. Les femmes cinéastes au Japon prennent donc désormais la parole dans un milieu encore nettement majoritairement masculin. Côté documentaires, deux d’entre eux sont cette semaine consacrés à deux formes majeures du théâtre japonais, le nô et le kabuki, avec Odoru tabibito nôgaku-shi Tsumura Reijirô no shôzô et Three thieves named Kichisa. Deux documentaires qui gagneraient à s’exporter tant la valeur culturelle de cet héritage théâtrale est important. Un troisième, vraisemblablement plus consensuel, For what ?, conclut avec un concert filmé, Masashi Sada – the birthday party in Masashi Super Arena selection, cette programmation assez éclectique.

L’attaque des titans part.2: les ailes de la liberté (2015, Tetsuro Araki) affiche japonaise

Samedi 27 juin :

L’attaque des titans part.2 : les ailes de la liberté (Gekijôban shingeki no kyojin zenpen: kôhen jiyû no tsubasa, 2015, Tetsuro Araki)
Seconde partie de la célèbre série animée remontée en deux longs-métrages après L’attaque des titans part.1 : l’arc et la flèche écarlate (Gekijôban shingeki no kyojin zenpen : guren no yumiya, 2014, Tetsuro Araki), le film reprend donc grosso modo les épisodes 14 à 25 de la série animée originale. Coup marketing évident, ce remontage version cinéma est bien entendu une manière de préparer le terrain à l’adaptation live du manga de Hajime Isayama. Cette version live, sobrement intitulée L’attaque des titans (Shingeki no kyojin) sera réalisée par Shinji Higuchi et sortira sur les écrans japonais le 1er août prochain. Pas de date pour une éventuelle sortie sur les écrans français mais L’attaque des titans part.1 : l’arc et la flèche écarlate vient tout juste de sortir en DVD et Blu-ray chez nous. L’attaque des titans part.2 : les ailes de la liberté sortira donc lui aussi sur support vidéo d’ici la fin de l’année. Au japon le film est distribué par Pony Canyon.

Chasuke’s journey (2015, Sabu) affiche japonaise

Chasuke’s journey (Ten no Chasuke, 2015, Sabu)
Au paradis tout fonctionne selon les instructions de Dieu. Les scribes écrivent sans relâche le destin de chaque humains vivant sur la Terre. Alors quand Chasuke, petit préparateur de thé dans les Cieux, apprend que celle qu’il aime, Yuri, une humaine, va bientôt mourir d’un accident de voiture, son sang ne fait qu’un tour pour venir la sauver. Mais tout cela fait désordre car quand un ange et une humaine s’aiment, même Dieu ne sait pas ce qu’il pourrait arriver. Dernier film du réalisateur Sabu, qui adapte ici son propre roman, Chasuke’s journey permet au cinéaste d’aborder la comédie romantique avec humour et un zest de fantastique, loin des films tels que Postman blues (Posutoman burusu, 1997), un polar nerveux, ou encore Le bateau-usine (Kanikôsen, 2009), seconde adaptation du roman prolétarien très engagé de Kobayashi Takiji. Le film est distribué par la Shôchiku et Office Kitano.

For what? (2015, Naoki Suzuki et Annôra Toyoto) affiche japonaise

For what? (Nan no tame ni, 2015, Naoki Suzuki et Annôra Toyoto)
« Nan no tame ni”, une expression japonaise ouverte équivalente en français à « pourquoi…/ pour quelles raisons… ». Une expression interrogative qui mène à la réflexion de l’interrogé. Dans ce documentaire c’est Fumiaki Nakamura, écrivain et conférencier, qui pose la question à son auditoire. Sorte de coach de vie, c’est en questionnant son public qu’il l’amène à s’interroger sur le sens à donner à sa vie. Face à lui cinq personnes issues de milieux sociaux différents qui tentent de trouver des réponses aux difficultés de la vie. Un professeur, un jeune homme devant s’occuper de sa mère handicapée, une femme voulant vivre de manière traditionnelle ou encore un éducateur travaillant avec des gens évoluant dans la violence. Cinq profils de vie où chacun doit trouver ses propres ressources et ses propres réponses pour avancer.

Love & peace (2015, Shion Sono) affiche japonaise

Love & peace (Rabu & pîsu, 2015, Shion Sono)
A peine vient-il de sortir sur les écrans nippons la comédie Shinjuku swan (Shinjuku suwan) le 30 mai dernier, Shion Sono récidive donc au mois de juin avec le conte fantastique Love & Peace avant de remettre le couvert avec Tag (Riaru onigokko) le 11 juillet prochain. Shion Sono a ainsi le vent en poupe et enchaîne les projets les uns après les autres. Ces trois derniers films font d’ailleurs la joie des festivals du monde entier, Love & peace ayant été présenté au Beijing International Film Festival en avril dernier. Les trois films seront d’ailleurs présentés au Fantasia International Fantastic Film Festival se déroulant à Montréal au Canada au début juillet. Dommage que Love & peace ne soit pas projeté en ce moment au Neuchâtel International Fantastic Film Festival où le cinéaste a pu se rendre pour une rencontre avec le public. Le film ne dépareille pas dans la filmographie du cinéaste, il y est question d’un doux rêveur, Ryoichi, ayant opté pour la carrière rangée de salaryman plutôt qu’une vie pleine de surprises en chanteur punk-rock. Il croise pourtant un jour la route d’une petite tortue qu’il recueille et nomme Pikadon. Mais excédé par les moqueries de ses collègues, il finit par jeter celle-ci aux toilettes non sans avoir immédiatement des remords. Pikadon va alors voyager dans les égouts et faire la connaissance d’un vieil homme reclus dans les tréfonds de la ville. Dans cet endroit interlope, le monde est totalement différent. Love & peace est distribué au Japon par Asmik Ace Entertainment.

Masashi Sada – the birthday party in Masashi Super Arena selection (2015)
affiche japonaise

Masashi Sada – the birthday party in Masashi Super Arena selection (Gekijôban Sada Masashi daitanjôe! The birthday party in Masashi Super Arena selection, 2015)
Compositeur, parolier et chanteur, Masashi Sada est au Japon un artiste populaire dont la renommée a éclatée dans les années soixante-dix. Auteur de chansons à succès, il a produit aujourd’hui plus de trente-cinq albums solo. Masashi Sada – the birthday party in Masashi Super Arena selection est un concert de l’artiste enregistré en avril 2012 à l’occasion de son soixantième anniversaire. De nombreux jeunes chanteurs et musiciens l’accompagnent dans cette superbe salle du Saitama Super Arena. Un concert à l’époque joué à guichet fermé. Masashi Sada est bien évidemment inconnu en Europe, le film est donc réservé à un public d’inconditionnels.

Michi te iku (2015, Risa Takeuchi) affiche japonaise

Michi te iku (2015, Risa Takeuchi)
Film de fin d’études de Risa Takeuchi à la Tokyo University, Michi te iku a l’honneur de connaître une sortie sur grand écran. Le film suit le destin d’une lycéenne adepte d’athlétisme. Entre son temps passé à s’entraîner et ses heures de cours, la jeune élève a du mal à se construire un cercle d’amis.

Odoru tabibito nôgaku-shi Tsumura Reijirô no shôzô (2015, Ryu Miyake)
affiche japonaise

Odoru tabibito nôgaku-shi Tsumura Reijirô no shôzô (2015, Ryu Miyake)
Le théâtre est une discipline théâtrale ancestrale à l’origine aristocratique. Le répertoire, très stricte, a survécu au passage des siècles et aujourd’hui le théâtre est un élément essentielle de la culture folklorique japonaise. Reijirô Tsumura est actuellement l’un des plus grands représentants du genre, qualifié de « trésor national vivant » dans son pays. Il est la tête du groupe Ryokusensai de l’école Kanze. Le documentaire de Ryu Miyake retrace cinq années passées auprès du maître, que ce soit en répétitions, en conférences mais aussi en entretiens. Reijirô Tsumura est l’un des rares à soutenir la création d’un moderne pour permettre à cet art ancien de continuer à vivre et à attirer un public quelque peu coupé de ces racines théâtrales.

Strayer’s chronicle (2015, Takahisa Zeze) affiche japonaise

Strayer’s chronicle (Sutoreiyâzu kuronikuru, 2015, Takahisa Zeze)
Takahisa Zeze est malheureusement fort peu connu dans nos contrées, la faute à une carrière essentiellement tournée vers des films pink (films érotiques à très faible budget) dont le cinéaste s’est fait une spécialité à ses débuts, spécialité qui l’a quelque peu enfermé dans ce carcan très étroit jusque dans les années deux mille où ses choix cinématographiques se font plus larges. Strayer’s chronicle est un film de science-fiction de type anticipation adapté du roman éponyme de Takayoshi Honda. Y est notamment traiter la thématique des expérimentations génétiques grâce auxquelles des parents donnent naissance à des enfants affublés de pouvoirs particuliers. A l’heure des films de super-héros hollywoodiens, le cinéma japonais propose ici sa propre version davantage tournée dans une optique critique où les enfants en question, devenus jeunes adultes, deviennent des assassins pour le compte du gouvernement qui les a fait naître. Le film est distribué sur les écrans japonais par Warner Bros.

Three thieves named Kichisa (2015, Kazuyoshi Kushida) affiche japonaise

Three thieves named Kichisa (New shinema kabuki sannin Kichisa, 2015, Kazuyoshi Kushida)
Autre forme de théâtre classique japonais, le kabuki, par opposition au , est d’origine plus populaire, plus accessible combien même son répertoire est lui aussi très stricte. Cependant tout un mouvement de renouveau du kabuki est lancé depuis plus de deux décennies afin de répondre aux exigences d’un nouveau public. Né de cette tendance, la troupe Cocoon kabuki réinvente les pièces traditionnelles depuis les années quatre-vint dix. En résidence au Shibuya Bunkamura Theatre depuis lors, la troupe propose pour sa quatorzième édition l’adaptation de Sannin Kichisa, l’histoire de trois frères d’armes ayant chacun pour nom Kichisa. Oshô Kichisa, un prêtre, Ojô Kichisa, un jeune resquilleur déguisé en femme et enfin Obô Kichisa, un rônin, sont un trio d’hommes en rupture de ban dans un Japon féodal qui laisse peu de chance aux marginaux. La pièce fut captée en juin 2014 par Kazuyoshi Kushida, l’un des fondateurs de la troupe avec l’acteur de kabuki Nakamura Kankurô VI. Si le second est un expert de l’art du kabuki, le premier est acteur et réalisateur de cinéma, un duo qui a donc permis à la troupe d’enrichir les effets de mise en scène afin de dynamiser cette forme théâtrale et de proposer au public un spectacle nouveau. Le film est distribué au Japon par la Shôchiku.

You are a good kid (2015, Mipo O) affiche japonaise

You are a good kid (Kimi wa iiko, 2015, Mipo O)
Tasuku Okano est un jeune instituteur attentionné et dévoué. Alors que son année commence dans une nouvelle école élémentaire, il doit faire face à une classe particulièrement indisciplinée. Si cela ne freine pas sa motivation, Tasuku remarque néanmoins le cas de la petite Ayane, une petite fille qu’il croit violentée par sa mère, Masami. Celle-ci admet ses gestes violents à l’instituteur mais ne ressent pas de culpabilité particulière. Elle-même victime de violences dans sa jeunesse, Masami pense que cela fait partie de l’éducation des enfants. Déjà remarquée par son précédent film The light shines only there (Soko nomi nite hikari kagayaku, 2014), la réalisatrice Mipo O risque de se faire à nouveau remarquer par ce nouveau film au ton très dramatique adapté du roman de Hatsue Nakawaki qui a remporté le prix littéraire Tsubota Jôji en 2012. Composé de cinq nouvelles se déroulant chacune un même après-midi, le film adapte deux d’entre elles en une seule et même histoire, celle de l’instituteur et de la mère abusive. Le film est distribué par ARK Entertainment.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *