Sorties cinéma au Japon : semaine du 24 au 30 septembre 2018

Les documentaires sont à l’honneur cette semaine avec pas moins de quatre films sur les treize programmés cette semaine. Qu’ils abordent l’histoire douloureuse du Japon avec Tarinae de Shiori Ōkawa, décryptent la société japonaise actuelle dans Eiga kodomo shokudō ni te de Shion Sano et Of love and law de Hikaru Toda, ou s’attardent sur une œuvre artistique décalée mais incontournable dans Tower of the sun de Kōsai Sekine, le documentaire est bel et bien un genre majeur dans l’Archipel. Les films d’animation sont également bien présents comme à leur habitude. FLCL Progressive de Katsuyuki Motohiro, Girls und panzer : 63rd national high school sensha-dō tournament compilation de Mizushima Tsutomu et Natsume’s book of friends the movie : tied to the temporal world de Takahiro Ōmori et Hideaki Itō alimentent ainsi le quota hebdomadaire. Un seul jidaigeki sort sur les grands écrans, Samurai’s promise de Daisaku Kimura. Peut-être tirera-t-il son épingle du jeu.

DTC – Yukemuri junjō hen – from High & Low (2018, Norihisa Hiranuma)
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Vendredi 28 septembre :
DTC – Yukemuri junjō hen – from High & Low (2018, Norihisa Hiranuma)
Dan, Tetsu et Chiharu, anciens membres de gangs rivaux, ont mûri. Ils souhaitent laissé leur passé violent derrière eux pour devenir des adultes responsables. Mais pour marquer cette étape, les trois compères souhaitent se lancer dans un dernier voyage à moto pour s’amuser une dernière fois. Leur aventure ne se déroulera pas tout à fait comme prévu et, à court d’argent pour financer leurs dernières bêtises, les trois hommes se font embaucher dans un établissement de source chaude dirigé par une femme et sa fille. Norihisa Hiranuma, précédemment scénariste sur la trilogie High & Low (2016-2017) et son spin-off High & Low – the red rain (2016), réalise ici son premier long-métrage distribué au Japon par la Shōchiku.

FLCL Progressive (2018, Katsuyuki Motohiro) affiche japonaise

FLCL Progressive (Furikuri purogure, 2018, Katsuyuki Motohiro)
Suite directe des OAV produits en 2000-2001, FLCL Progressive nous permet de retrouver Naota, Kanchi et Mamimi dans leur quotidien étrange, mêlant délires et parodies en tous genres. Toujours mené par les studios Prodcution I.G., FLCL Progressive est réalisé par Katsuyuki Motohiro, producteur et cinéaste de films habituellement en prises de vues réelles. Nous lui devons notamment la quadrilogie Bayside skatedown (1998-2012), Udon (2006), Shaolin girl (Shaorin shōjo, 2008) ou encore Ajin : demi-human (Ajin, 2017). Le film est distribué au Japon par la Tōhō.

Linked Horizon live tour – Shingeki no kiseki (2018, Hideaki Yoshikawa)
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Linked Horizon live tour – Shingeki no kiseki (2018, Hideaki Yoshikawa)
Linked Horizon est le side project du chanteur et compositeur Revo formé en 2012 pour concevoir des musiques liées aux mondes du jeu vidéo et de l’animation. La tournée Shingeki no kiseki est ainsi exclusivement concentrée sur les musiques composées pour l’univers de L’attaque des titans. Tous les génériques utilisés pour les deux premières saisons de la série animée, les deux longs-métrages animés et la série animée parodique Shingeki ! Kyojin chūgakkō sont ainsi repris dans ce concert marquant le cinquième anniversaire de la franchise. Le film est distribuée par l’agence Genseirin.

Samurai’s promise (2018, Daisaku Kimura) affiche japonaise

Samurai’s promise (Chiri tsubaki, 2018, Daisaku Kimura)
Pour avoir dénoncé la corruption de son seigneur, Shinbei Uryu est banni de son clan et doit s’exiler avec sa femme, Shino. Peu après, celle-ci tombe gravement malade. Uneme Sakakibara, un autre samouraï du clan, connaît lui aussi des difficultés. Sachant son heure arriver, Shino fait promettre à Shinbei de retourner dans leur village pour aider son ami de longue date. Mais Shinbei hésite. Si Uneme est, en effet, une vieille connaissance, il fut surtout son rival pour gagner le cœur de Shino. De plus, Uneme est l’un des responsables de l’exil forcé du couple. Shinbei est tiraillé entre son désir de justice et sa volonté de tenir la promesse faite à son épouse défunte. Samurai’s promise est l’adaptation du roman éponyme de Rin Hamuro publié en 2012. Le réalisateur, Daisaku Kimura, a commencé sa carrière en tant que directeur de la photographie dans les années soixante-dix. Samurai’s promise est son troisième long-métrage en tant que réalisateur après The summit : a chronicle of stones to serenity (Tsurugidake : ten no ki, 2009) et Climbing’s to spring (Haru wo seotte, 2014). Le film est distribué au Japon par la Tōhō.

Ai to, sakaba to, ongaku to (2018, collectif) affiche japonaise

Samedi 29 septembre :
Ai to, sakaba to, ongaku to (2018, Kai Inowaki, Masato Oki, Kenichi Ebisawa et Sara Ogawa)
Omnibus de trois courts-métrages, tous réalisés par des acteurs de profession : Love without words, Bourbon talk et Beatopia. Kai Inowaki réalise son premier film, lui qui est connu au Japon comme acteur ayant interprété les rôles principaux dans des films tels que Tokyo sonata (Tōkyō sonata, 2008, Kiyoshi Kurosawa), Confessions (Kokuhaku, 2010, Tetsuya Nakashima) ou encore Another (Anazā, 2012, Takeshi Furusawa). Moins connu, Masato Oki a collaboré entre autres à Mormot (2011) et The scream (Munku no sakebi, 2012) réalisés par Yōichirō Hayama, ou encore à Fukushima : a town of love and hope (Ai to kibō no machi, 2014, Hiroshi Kanno). Sara Ogawa, quant à elle, a été vue dans Innocent 15 (Inosento 15, 2016, Hirokazu Kai) ou bien Witch which (Wicchi fuwicchi, 2018, Mai Sakai).

Be my slave 2 : call me master (2018, Hideo Jōjō) affiche japonaise

Be my slave 2 : call me master (Watashi no dorei ni narinasai dai 2 shō : Goshujin-sama to yobasete kudasai, 2018, Hideo Jōjō)
Meguro est un jeune cadre dynamique adepte des pratiques BDSM. Il tombe sous le charme d’Akeno, une jeune femme mariée insatisfaite de ses relations maritales. Alors que le mari de celle-ci la déçoit de plus en plus, Akeno songe à se laisser tenter par l’expérience sexuelle que Meguro lui propose : devenir son esclave dans les plaisirs charnels. Second chapitre explorant les relations BDSM après Be my slave (Watashi no dorei ni narinasai, 2012, Tōru Kamei), Be my slave 2 : call me master est réalisé par Hideo Jōjō, un habitué des productions érotiques modestes telles que Rinko eighteen (18 rin, 2009), AV idol (2012) ou encore Boku dake no sensei : rasen no yugami (2017). La série Be my slave connaîtra par ailleurs un troisième volet le 10 octobre prochain toujours réalisé par Hideo Jōjō. Be my slave 2 : call me master est distribué au Japon par Kadokawa.

Eiga kodomo shokudō ni te (2018, Shion Sano) affiche japonaise

Eiga kodomo shokudō ni te (2018, Shion Sano)
Le « Restaurant des enfants » est un endroit qui permet aux enfants les plus démunis mais aussi ceux dont les parents ne peuvent pas s’occuper de se retrouver et d’être entourés d’une équipe bénévole qui tente de leur donner attention et réconfort. L’une des bénévoles, Chieko, s’est engagée dans cette action humanitaire parce qu’elle-même a souffert, enfant, de mauvais traitements de la part de ses parents. Des femmes célibataires également choisissent de participer pour avoir un rôle à jouer dans la société. Le film est un projet de la société de production Sunshine, une entreprise militante engagée dans des actions sociales impliquant les plus jeunes.

Girls und panzer : 63rd national high school sensha-dō tournament compilation (2018, Mizushima Tsutomu) affiche japonaise

Girls und panzer : 63rd national high school sensha-dō tournament compilation (Gāruzu & pantsā : dai 63 kai sensha-dō zenkoku kōkōsei taikai sōshūken, 2018, Mizushima Tsutomu)
Le film est une compilation en long-métrage de la série animée originale Girls und panzer, diffusée en 2012 sur la chaîne Tokyo MX, et de l’OAV Girls und panzer : this is the real Anzio battle ! (Gāruzu & pantsā : kore ga hontō no Anzio-sen desu !, 2014), tous réalisé par Mizushima Tsutomu. Ce dernier est notamment reconnu pour avoir diriger la réalisation des séries telles que xxxHolic (2006-2008), Blood-C (2011) ou encore, plus récemment, Prison school (2015). Nous retrouvons ici les jeunes filles du lycée Oorai, tout particulièrement Miho Nishizumi, qui doit reprendre du service dans le maniement des tank et mener son équipe à la victoire finale à coup d’obus et de stratégies militaires. Le film est distribué au Japon par Showgate.

Natsume’s book of friends the movie : tied to the temporal world
(2018, Takahiro Ōmori et Hideaki Itō) affiche japonaise

Natsume’s book of friends the movie : tied to the temporal world (Gekijōban Natsume yūjin-chō : utsusemi ni musubu, 2018, Takahiro Ōmori et Hideaki Itō)
Natsume est un lycéen discret et solitaire qui souhaite resté à l’écart de ses camarades. Depuis son plus jeune âge, il peut percevoir les ayakashi et les yōkai, des esprits surnaturels d’habitude invisibles des humains. Ce pouvoir est un héritage de sa grand-mère Reiko et, grâce à Madara, un esprit piégé dans le monde des humains, Natsume entre en possession du « Livre des amis », un ouvrage écrit par son aïeule qui lui permet dès lors de contrôler les esprits dont les noms sont inscrits dans ces pages. Le jeune homme commence à tisser des liens particuliers avec ces créatures d’un autre monde et se met à aider ceux qui se retrouvent piégés, comme Madara, dans la réalité humaine. Mais la vie que Natsume mène entre le monde des hommes et celui des esprits n’est pas de tout repos. Natsume’s book of friends the movie : tied to the temporal world est une adaptation du manga Le pacte des yōkai de Yuki Midorikawa mais bénéficie ici d’une histoire inédite. Le manga a déjà connu une adaptation en série animée en six saison entre 2008 et 2017. Le film est, lui, produit par le studio d’animation Shuka et distribué par la société Aniplex.

Of love and law (2017, Hikaru Toda) affiche japonaise

Of love and law (Ai to hō, 2017, Hikaru Toda, Japon/France/Grande-Bretagne)
Masafumi Yoshida et Kazuyuki Minami sont deux avocats basés à Osaka. À la tête d’un cabinet, ils sont le premier couple d’avocats ouvertement homosexuels du Japon. Dans un pays où la norme régit la place de chacun, Fumi et Kazu dénotent par leur prise de position. En tant qu’avocats, ils ont décidé de défendre celles et ceux qui ne veulent pas entrer dans les cases prédéterminées de la société japonaise. Ainsi les deux hommes représentent l’artiste Rokudenashiko, coupable d’enfreindre les lois définissant l’obscénité lorsqu’elle expose la sculpture de son vagin, ou encore cet enseignant qui a refusé de chanter l’hymne national lors d’une cérémonie officielle. Ils défendent également tous ces anonymes qui n’ont pas d’existence officielle parce que leur nom n’apparaît pas dans les registres familiaux, obligatoires au Japon dans tous les foyers. Hikaru Toda signe ici son premier long-métrage.

Seven girls (2017, David Miyahara) affiche japonaise

Seven girls (Sebun gārusu, 2017, David Miyahara)
Au lendemain de la Guerre du Pacifique, l’armée américaine d’occupation dirige le Japon. Le peuple japonais, confronté à l’humiliation et à la pauvreté, tente de faire face aux difficultés de la vie quotidienne. Sept veuves, notamment, essayent de surmonter le chagrin de la mort de leurs maris, tombés au combat. Elles deviennent des « Pan-pan girls », des prostituées commissionnées par l’État pour satisfaire les soldats américains. David Miyahara réalise ici son premier long-métrage, distribué au Japon par SDP (Stardust Pictures).

Tarinae (2018, Shiori Ōkawa) affiche japonaise

Tarinae (2018, Shiori Ōkawa)
Les îles Marshall, protectorat japonais de 1920 à 1944, est un archipel situé à près de 4500 km du Japon. Durant la Guerre du Pacifique, de nombreux soldats nippons ont combattus l’armée américaine qui a fini par occuper l’atoll principal de Kwajalein. Pendant plus d’une année, les soldats de l’empereur ont résisté sans soutien ni renfort de la part de leur gouvernement. Une grande partie d’entre eux sont morts de faim dans les derniers mois de la guerre. Aujourd’hui, Tsutomu Sato, 77 ans, confie à la cinéaste Shiori Ōkawa le journal intime de son père, Tomigoro Sato. Ancien conducteur de bus puis fantassin, celui-ci a laissé des pages manuscrites de sa vie de soldat sur ces îles, décrivant son quotidien jusqu’à quelques jours avant sa mort. Shiori Ōkawa et Tsutomu Sato reviennent sur les lieux où une page douloureuse de l’histoire du Japon s’est écrite, la société Marshallaise gardant toujours des traces de cette occupation éphémère. C’est aussi l’occasion pour Tsutomu de faire le deuil de ce père qu’il n’a connu alors qu’il n’était qu’un très jeune enfant.

Tower of the sun (2018, Kōsai Sekine) affiche japonaise

Tower of the sun (Taiyō no tō, 2018, Kōsai Sekine)
1970, l’exposition universelle d’Osaka. L’artiste Tarō Okamoto, peintre et sculpteur, conçoit la gigantesque Tour du soleil qui trône alors au centre du pavillon central construit par Kenzō Tange. L’œuvre monumentale, célèbre pour sa silhouette singulière et les trois visages qui ornent l’avant et l’arrière, abrite une autre sculpture en son sein, L’arbre de vie. Le documentaire plonge le spectateur dans l’univers spirituel de l’artiste à travers un voyage tout autant mystique qu’intellectuel. Le film est distribué au Japon par la société Parco.

Sans un bruit (2018, John Krasinski) affiche japonaise

Films étrangers :
Aucun gros blockbuster étranger cette semaine à l’affiche des salles japonaises. Néanmoins ce vendredi sortent trois longs-métrages américains et une captation théâtrale tournée en Grande-Bretagne. Le premier, Sans un bruit (A quiet place, 2018), réalisé par John Krasinski avec Emily Blunt dans le rôle principale, est sorti en juin dernier en France. Je ne vois que toi (All I see is you, 2016), mis en scène par Marc Forster avec Blake Lively, est par contre encore inédit dans nos contrées. Crazy rich asians, qui sortira le 7 novembre prochain en France, se place comme la comédie incontournable. Réalisé par Jon M. Chu, ce film est bel et bien une production américaine malgré son casting entièrement asiatique mené notamment par Michelle Yeoh. Crazy rich asians pourrait séduire le public japonais. Enfin National theatre live : Yerma est une captation de la pièce de théâtre de Federico García Lorca mise en scène par Simon Stone.

Je ne vois que toi (2016, Mark Foster) affiche japonaise

Crazy rich asians (2018, Jon M. Chu) affiche japonaise

National theatre live : Yerma (2018) affiche hongkongaise

Quatre films étrangers sortent également ce samedi dont deux inédits en Hexagone. Le premier, On the ropes (2018, James Mark), production canadienne, est un film d’action musclé évoluant autour de deux frères obligés de reprendre les rennes de l’empire criminel de leur père mourant. Le second, Shut up and play the piano (2018, Philipp Jedicke), une coproduction entre l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, est un documentaire consacré au musicien Chilly Gonzales, pianiste virtuose mais excentrique qui n’hésite pas à fusionner rap, électro et classicisme dans des compositions radicalement novatrices. Le film sortira le 3 octobre prochain en France. Foxtrot, la production hélvético-germano-franco-israélienne réalisé par Samuel Maoz en 2017, jouit également d’une sortie sur les écrans japonais, cinq mois après sa sortie française. Enfin, Invasion Los Angeles (They live, 1988), le célèbre film de science-fiction américain de John Carpenter, bénéficie quant à lui d’une reprise en Haute Définition à l’occasion du trentième anniversaire de la sortie du film.

On the ropes (2018, James Mark) affiche japonaise

Shut up and play the piano (2018, Philipp Jedicke) affiche japonaise

Foxtrot (2017, Samuel Maoz) affiche japonaise

Invasion Los Angeles (1988, John Carpenter) affiche japonaise

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