Sorties cinéma au Japon : semaine du 8 au 14 octobre 2018

Sorties cinématographiques très chargées cette semaine avec pas moins de vingt-cinq longs-métrages programmés dont onze films japonais et quatorze films étrangers. Aucune grosse production néanmoins à l’affiche, même s’il faut noter celle de l’un des derniers films de l’actrice Kirin Kiki, Every day a good day, réalisé par Tatsushi Ōmori. Le long-métrage animé franco-japonais Mutafukaz atteint enfin les écrans nippons après plus d’une année passée à parcourir les festivals. Deux adaptations de manga, Les vacances de Jésus & Bouddha et Lock-on love, peuvent également attirer les foules, de même que la dernière comédie en date de Satoshi Miki, Louder ! Can’t hear what you’re singin’, wimp !. Une offre donc très diversifiée mais sans réel titre porteur.

BD ~ Akechi tantei jimusho (2018, Yoshihiro Nagura) affiche japonaise

Vendredi 12 octobre :
BD ~ Akechi tantei jimusho (2018, Yoshihiro Nagura)
Akechi Kogoro, le célèbre détective, est secondé par de jeunes comparses, le Boy’s detective club. Ces derniers sont contactés par une mère esseulée car sa fille est portée disparue. Les détectives en herbe mènent l’enquête. Adaptation de la série de livres pour enfant, Shōnen tantei-dan, écrit par Ranpo Edogawa dans les années trente, BD ~ Akechi tantei jimusho présente dans les rôles principaux de jeunes idols masculins, issus du groupe de musique B2takes !, et féminins, issues quant à elles de Rainbow conquistador. Le film est le premier long-métrage de Yoshihiro Nagura en tant que cinéaste. Celui-ci exerçait auparavant en tant qu’assistant réalisateur sur des films tels que Fish story (Fisshu sutōrī, 2009, Yoshihiro Nakamura), Time slip Megane (Taimu surippu Megane, 2013, Jirō Nagae), St. Zombie girls’ high school (Sento zonbi jogakuin, 2017, Kazuhisa Yusa) ou encore Friends game the movie (Tomodachi gēmu gekijōban, 2017, Jirō Nagae). BD ~ Akechi tantei jimusho est distribué au Japon par Canter.

The laws of the universe : Part. 1 (2018, Isamu Imakake) affiche japonaise

The laws of the universe : Part. 1 (Uchū no hō : reimei hen, 2018, Isamu Imakake)
Ray, Anna, Tyler, Halle et Eisuke sont des étudiants au premier abord comme les autres. Mais sous couvert de suivre les cours universitaires, les cinq jeunes gens sont en fait missionnés pour contrer une invasion des Reptiliens, venus de l’espace. Un jour, Ray est envoyé 330 millions d’années dans le passé pour sauver son ami Tyler, piégé par Dahar dans une faille temporelle. Au même moment, Alpha, le Dieu de la Terre, tente de créer une nouvelle civilisation sur la planète et invite les Reptiliens à l’aider dans sa folie. The laws of the universe : Part. 1 fait directement suite à The laws of the universe : Part. 0 (Uchū no hō : UFO gakuen no himitsu), également réalisé par Isamu Imakake. Ce dernier, connu pour son travail de character designer sur des séries telles que Nadia, le secret de l’eau bleue ou Neon genesis evangelion, a commencé dans la réalisation avec The laws of eternity (Eien no hō, 2006) puis The magical laws (Shinpi no hō, 2012). The laws of the universe : Part. 1 est distribué au Japon par la Nikkatsu.

Lock-on love (2018, Noboru Iguchi) affiche japonaise

Lock-on love (Kakugo wa ii ka soko no joshi, 2018, Noboru Iguchi)
Towa Furuya est un lycéen séduisant et charismatique. Depuis sa plus tendre enfance il est entouré par des femmes et pense les comprendre parfaitement. Malgré tout, Towa n’a encore jamais eu de petite amie et quand ses camarades le mettent au défi de franchir le pas, l’adolescent décide de déclarer sa flamme à Misono Miwa, la fille la plus populaire du lycée. Mais celle-ci refuse catégoriquement toute relation amoureuse. Towa, loin de se laisser abattre par ce refus, s’obstine. Alors qu’il tente de séduire sa camarade, il se rend compte très vite que cette dernière est en fait amoureuse de l’un de ses professeur. Qui aurait crû qu’un jour Noboru Iguchi se laisserait tenter par la réalisation d’une romance ? En effet, le cinéaste, plus habitué des productions mêlant l’érotisme cheap à l’horreur gore, adapte ici le manga shojō Kakugo wa iika soko no joshi de Nana Shiiba, encore inédit en France. Pour être plus exact, il adapte en long-métrage ce qu’il avait déjà adapté un peu plus tôt dans l’année en série télévisée pour le compte de la chaîne TBS-MBS. Look-on love est distribué au cinéma par la Tōei.

Louder ! Can’t hear what you’re singin’, wimp ! (2018, Satoshi Miki)
affiche japonaise

Louder ! Can’t hear what you’re singin’, wimp ! (Onryō wo agero tako ! Nani utatten noka zenzen wakannendayo !, 2018, Satoshi Miki)
Shing, quarantenaire excentrique, est une rock star ! Sa voix exceptionnelle s’étend sur quatre octaves. Pour arriver à ce résultat, Shing a usé de drogues pour modifier ses cordes vocales mais l’âge avançant, sa voix atteint désormais ses limites. Alors qu’une épée de Damoclès menace son principal instrument de travail, il rencontre Fuuka, une jeune musicienne de rue peu douée pour les vocalises. La jeune femme lui rappelle ses premiers pas dans la musique alors la rock star vieillissante décide de la prendre sous son aile pour l’aider à progresser. Louder ! Can’t hear what you’e singin’, wimp ! est réalisé par Satoshi Miki, connu pour ses comédies loufoques telles que Turtles are surprinsingly fast swimmers (Kame wa igai to hayaku oyogu, 2005) et The insects unlisted in the encyclopedia (Zukan ni nottenai mushi, 2007). Le cinéaste n’avait pas réalisé de long-métrage depuis It’s me, it’s me (Ore, ore) en 2013. Louder ! Can’t hear what you’e singin’, wimp ! est distribué dans les salles japonaises par Asmik Ace Entertainment.

Mutafukaz (2017, Shōjirō Nishimi et Guillaume Renard) affiche japonaise

Mutafukaz (2017, Shōjirō Nishimi et Guillaume Renard, France/Japon)
Vinz et Angelino sont deux jeunes comparses qui vivent de petits boulots dans la ville de Dark Meat City. Suite à un accident de scooter, Angelino commence à ressentir des mal de crâne récurrents qui finissent par provoquer chez lui des hallucinations et de la paranoïa. La réalité prend alors une tout autre tournure : une unité spéciale de la police débarque violemment chez eux, des gangsters les poursuivent sans relâche, le monde entier semble aux trousses des deux compères, qui n’avaient rien demandé. Adapté de la bande-dessinée éponyme de Guillaume « Run » Renard, cette adaptation animée, co-produite entre la France et le Japon, est conduite par Studio 4°C avec Shōjirō Nishimi à la tête de l’animation. Le film avait été présenté en avant-première mondiale au Festival international du film d’animation d’Annecy en juin 2017 avant de connaître une belle carrière dans les festivals du monde entier. Mutafukaz est distribué au Japon par la société Parco.

Reflections (2016, Brillante Ma Mendoza, Sotho Kulikar et Isao Yukisada)
affiche japonaise

Reflections (2016, Brillante Ma Mendoza, Sotho Kulikar et Isao Yukisada)
Film omnibus regroupant trois histoires réalisées respectivement par le Philippin Brillante Ma Mendoza, le japonais Isao Yukisada et le cambodgien Sotho Kulikar. Le premier segment, Shiniuma, traite d’un travailleur immigré clandestin à Hokkaido renvoyé aux Philippines. Le second segment, Pigeon, parle d’un vieux monsieur japonais venu s’installer en Malaisie pour contempler la plage où son frère a trouvé la mort pendant la Guerre du Pacifique. Le troisième et dernier segment, Beyond the bridge, raconte l’histoire d’un Japonais venu au Cambodge pour aider à la construction d’un pont à Phnom Penh. Ses souvenirs le ramènent à l’époque du règne des Khmers rouges où il était épris d’une femme du pays. Trois histoires pour penser la cohabitation asiatique. Reflections est distribué au Japon par Mermaid Films.

Les vacances de Jésus & Bouddha (2018, Yūichi Fukuda) affiche japonaise

Les vacances de Jésus & Bouddha (Sento oniisan, 2018, Yūichi Fukuda)
Après des centaines d’années passées à aider le genre humain, Jésus et Bouddha décident de passer des vacances sur Terre. Pour cela, ils prennent un petit appartement à Tōkyō en colocation. Mais la vie terrestre n’est pas de tout repos et les aspects pratiques (faire les courses, payer le loyer, faire le ménage, se promener incognito, etc.) vont vite décontenancer les deux divinités qui, parfois, ont bien du mal à dissimuler leur véritable nature. Après une adaptation en long-métrage animé en 2013, c’est donc à une adaptation en prises de vue réelles à laquelle le manga d’origine, dessiné par Hikaru Nakamura, a droit cette année. Celle-ci est réalisée par Yūichi Fukuda, un cinéaste prolifique qui met en scène deux ou trois films par an. Depuis le début de l’année, il a réalisé successivement 50 first kisses (50 kaime no fasuto kisu), Gintama 2 (Gintama 2 : okite wa yaburu tame ni soko aru) et Wotakoi : love is hard for otaku (Wotaku ni koi ha muzukashii). Les vacances de Jésus & Bouddha, dont la bande-annonce a été filmée à l’aide d’une caméra à 360°, est distribué au Japon par SDP (Stardust Pictures).

Be my slave 3 : it depends on you (2018, Hideo Jōjō) affiche japonaise

Samedi 13 octobre :
Be my slave 3 : it depends on you (Watashi no dorei ni narinasai dai 3 shō : omae shidai, 2018, Hideo Jōjō)
Nous retrouvons dans ce troisième volet le jeune cadre dynamique Meguro, adepte des pratiques BDSM. Cette fois-ci, il s’occupe de Mio Sugiyama, une jeune femme qui a laissé tomber ses études universitaires pour devenir actrice de charme. Meguro l’entraîne alors dans les méandres des plaisirs sado-masochistes face à la caméra. Dans ses bras, Mio s’abandonne totalement afin de connaître, enfin, l’extase corporelle. Be my slave 3 : it depends on you, toujours réalisé par Hideo Jōjō, fait donc suite à Be my slave 2 : call me master (Watashi no dorei ni narinasai dai 2 shō : Goshujin-sama to yobasete kudasai), sorti le 29 septembre dernier. Le film est, là encore, distribué au Japon par Kadokawa.

Blood-Club dolls 1 (2018, Shūtarō Oku) affiche japonaise

Blood-Club dolls 1 (2018, Shūtarō Oku)
Soen, chef d’une bande mafieuse implantée dans Capitol City, gère un club de combats clandestins secrètement soutenu par quelques membres du gouvernement. Les combattants sont habituellement recrutés parmi la lie de la société, les voyous et la pègre. Un jour, Aiba fait son entrée dans l’arène. Ce dernier est un assassin déclaré coupable de trente-deux meurtres. Blood-Club dolls 1 s’inscrit dans la franchise entamée en 2011 par la série animée Blood-C (Buraddo-C) co-produite par le studio d’animation Production I.G. et le groupe de mangaka Clamp. Après une première adaptation en long-métrage animé, Blood-C : the last dark (Buraddo-C : rasuto dāku,2012, Naoyoshi Shiotani), puis en pièce de théâtre, nommée Blood-C : the last mind, en 2015, c’est au tour d’une adaptation en prises de vue réelles que la franchise s’incarne avec un premier film, Asura girl : Blood-C another story (Ashura shōjo – Buraddo-C ibun), réalisé par Shūtarō Oku en 2017. Blood-Club dolls 1 entame une nouvelle série d’adaptation qui connaîtra une suite courant 2019. Shūtarō Oku a commencé sa carrière de cinéaste en réalisant Hiyatoi deka en 2002 puis Japanese naked tribe (Nihon no razoku) en 2003. Blood-Club dolls 1 est distribué au Japon par Nega.

Dare to stop us (2018, Kazuya Shiraishi) affiche japonaise

Dare to stop us (Tomerareruka, oretachi o, 2018, Kazuya Shiraishi)
Printemps 1969, Megumi, une jeune femme de vingt-et-un ans, se rend dans les locaux de la société cinématographique Wakamatsu Productions. À sa tête, Kōji Wakamatsu regroupe toute une équipe de jeunes gens avides de travailler dans le circuit alternatif du cinéma japonais. La jeune femme y croise les fleurons du cinéma activiste telles que Masao Adachi, Nagisa Ōshima ou Kazuo Komizu. Pour ces derniers, le cinéma est une arme privilégiée pour critiquer les dérives de la société japonaise qui adopte alors les idéaux consuméristes prônés par l’Occident. Megumi découvre à leurs côtés des pratiques engagées. Après la réalisation de The blood of wolves (Korō no chi), un film de yakuza sorti au Japon en mai dernier, Kazuya Shiraishi s’attaque ici à la parenthèse revendicatrice du cinéma japonais des années soixante, une époque où le geste filmique est synonyme, pour certains, d’une véritable engagement militant. Dare to stop us est distribué au Japon par Wakamatsu Productions et Score.

Every day a good day (2018, Tatsushi Ōmori) affiche japonaise

Every day a good day (Nichinichi kore kōjitsu, 2018, Tatsushi Ōmori)
Noriko est étudiante à l’université mais ne semble pas y trouver sa voie. Sur les conseils de sa mère, elle s’inscrit à un cours de cérémonie du thé avec sa cousine Michiko. Les cours prodigués par Mme Takeda bouleverse sa conception du monde. Cet art millénaire, encore appelé chadō (littéralement la voie du thé), vient répondre à ses préoccupations existentielles. Que Noriko doive faire face à une peine de cœur ou à la disparition d’un proche, l’étude du chadō lui permet dorénavant de surmonter les obstacles. Avant dernier film de l’actrice Kirin Kiki, disparue le 15 septembre dernier à l’âge de soixante-quinze ans, Every day a good day est réalisé par Tatsushi Ōmori, connu pour avoir réalisé, entre autres, The whispering of the gods (Gerumaniumu no yoru, 2005), son premier long-métrage, ou encore, plus récemment, And then there was light (Hikari, 2017). Every day a good day est distribué au Japon par Tokyo Theatres et Yoake Pictures.

Jeepers Creepers 3 (2017, Victor Salva) affiche japonaise

Films étrangers :
Les films étrangers se taillent la part du lion cette semaine avec pas moins de six titres à l’affiche ce vendredi et huit titres le samedi. Dans la première salve, on compte pas moins de trois films inédits en France : le film d’horreur Jeepers Creepers 3 (2017, Victor Salva), Last rampage : the escape of Gary Tison (2017, Dwight H. Little) et Chasseuse de géants (I kill giants, 2017, Anders Walter), une comédie co-produite par la Belgique, la Grande-Bretagne, les États-Unis et la Chine, sortie directement en vidéo chez nous. Deux films américains ont, par contre, connu les honneurs d’une sortie française : Yéti & compagnie (Smallfoot, 2018, Karey Kirkpatrick et Jason Reisig) et La prophétie de l’horloge (The house with a clock in its wall, 2018, Eli Roth), deux succès potentiels pouvant séduire les enfants nippons. Un film français, Sparring (2017), réalisé par Samuel Jouy avec Mathieu Kassovitz dans le rôle titre, profite également d’une sortie au Japon.

Last rampage : the escape of Gary Tison (2017, Dwight H. Little)
affiche japonaise

Chasseuse de géants (2017, Anders Walter) affiche japonaise

Yéti & compagnie (2018, Karey Kirkpatrick et Jason Reisig) affiche japonaise

La prophétie de l’horloge (2018, Eli Roth) affiche japonaise

Sparring (2017, Samuel Jouy) affiche japonaise

La seconde salve est encore plus dense. Cinq films inédits en France atteignent les grands écrans japonais : une production suisse tout d’abord, Blue my mind (2017, Lisa Brühlmann), une co-production sino-honkongaise ensuite, Namiya (Jieyou zahuodian, 2017, Jie Han) avec Jackie Chan dans le second rôle principal, un film belge également, Mon ange (2016, Harry Cleven), une co-production australo-népalaise, One less god (2017, Lliam Worthington) et, enfin, Beyond skyline (2017, Liam O’Donnell), un film mêlant action et science-fiction co-produit entre la Grande-Bretagne, la Chine, le Canada, l’Indonésie, Singapour et les États-Unis. Trois films ont, par contre, connu une distribution française : J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd (2015, Laetitia Carton), La quête d’Alain Ducasse (2017, Gilles de Maistre) sur l’un des chefs cuisiniers les plus connus au monde et le film américain sélectionné au Festival de Cannes, Under the silver lake (2018, David Robert). Cette semaine, le public nippon n’a que l’embarras du choix, au risque néanmoins de ne pas convaincre.

Blue my mind (2017, Lisa Brühlmann) affiche japonaise

Namiya (2017, Jie Han) affiche japonaise

Mon ange (2016, Harry Cleven) affiche japonaise

One less god (2017, Lliam Worthington) affiche japonaise

Beyond skyline (2017, Liam O’Donnell) affiche japonaise

J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd (2015, Laetitia Carton)
affiche japonaise

La quête d’Alain Ducasse (2017, Gilles de Maistre) affiche japonaise

Under the silver lake (2018, David Robert) affiche japonaise

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