Trésors oubliés du cinéma japonais

Le cinéma lillois L’hybride programme le samedi 9 février prochain deux films du cinéaste japonais Buichi Saitô dans le cadre des Trésors oubliés du cinéma japonais. Le premier film, Laissant derrière le pays du sud, Tosa (Nangaku tosa o ato ni shite, 1959, par ailleurs plus connu sous le titre Retour impossible) avec dans le rôle titre Akira Kobayashi, est une sorte de polar musical teinté de mélodrame centré autour d’un personnage voyou dénommé Kenji qui, après avoir purgé une peine de prison, revient dans son pays natal pour retrouver sa bien-aimée devenue entretemps la promise d’un chef mafieux local pour effacer une dette. Kenji lui promet alors de trouver l’argent nécessaire pour se défaire de cet engagement désespéré. Le second, En fixant l’amour et la mort (Ai to shi o mitsumete, 1964), histoire douloureuse d’un jeune étudiant préparant le concours d’entrée à l’université tombant amoureux d’une jeune femme atteinte d’une maladie incurable, est l’adaptation cinématographique  d’une véritable correspondance épistolaire entre Kawano Minoru avec une étudiante condamnée par la maladie.

Laissant derrière le pays du sud, Tosa (Nangaku tosa o ato ni shite, Buichi Saitô, 1959) affiche originale

En décembre dernier déjà L’hybride avait programmé une première partie à cette mini rétrospective du cinéaste en projetant L’oiseau migrateur portant la guitare (Gitaru o motta wataridori, 1959) et Profession vaurien (Rokudenashi kagyô, 1961), deux films assez typiques de la manière Nikkatsu des années soixante soit un subtil mélange de mélancolie et d’action autour de personnages au grand coeur le plus souvent marginaux.

Akira Kobayashi dans Laissant derrière le pays du sud, Tosa (Nangaku tosa o ato ni shite, Buichi Saitô, 1959)

Buichi Saitô est l’un des artisans fidèles et talentueux de la firme Nikkatsu, passant sans difficulté d’un genre à l’autre sans pour autant sacrifier sa mise en scène. Plus connu en France pour des films tels que Lady yakuza – le code yakuza (Hibotan bakuto: jingi tôshimasu, 1972, huitième et dernier opus de la série de la célèbre Pivoine Rouge) et surtout Baby Cart: l’âme d’un père, le coeur d’un fils (Kozure Okami – oya no kokoro ko no kokoro, 1972), Buici Saitô reste un cinéaste à découvrir, ayant réalisé plus d’une trentaine de films entre la fin des années cinquante et la fin des années soixante-dix. Ayant très peu tourné les deux décennies suivantes, le réalisateur s’est finalement éteint en janvier 2011 à l’âge de 86 ans. Remercions le cinéma L’hybride et le Festival International du Film Indépendant de Lille (dont cette rétrospective du cinéaste est une manifestation hors cadre) pour cette heureuse initiative. Gageons que ce coup d’essai permette une meilleur visibilité des films de Buichi Saitô à l’avenir.

Sayuri Yoshinaga dans En fixant l’amour et la mort (Ai to shi o mitsumete, Buichi Saitô, 1964)

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