Walking my life (Zô no senaka, 2007, Satoshi Isaka)

Un promoteur immobilier, Yukihiro, sur la fin de la quarantaine, apprend subitement qu’il est atteint d’un cancer des poumons incurable et qu’il ne lui reste que six mois à vivre. Alors qu’il mène une vie aisée dévouée à son travail, à sa famille et à sa maîtresse, la vie prend pour lui une autre voie, celle de l’introspection et du bilan. Certains remords et regrets vont le pousser à régler quelques vieilles histoires autant professionnelles que privées. Il retrouve ainsi la première femme qu’il ait jamais aimé sans avoir jamais eu le courage de lui avouer ou encore cet ami d’enfance avec qui il s’est brouillé pour une petite histoire sans importance. Refusant tout traitement thérapeutique, Yukihiro ne peut dissimuler plus longtemps sa maladie à sa famille, sa femme et ses deux enfants. Choisissant de finir sa vie dans une maison de repos pour personnes condamnées, sa femme et lui décident d’écrire chacun à l’autre une lettre personnelle. Les forces commencent alors à lui manquer…

Walking my life (2007, Satoshi Isaka) affiche japonaise

Walking my life (2007, Satoshi Isaka) affiche japonaise

Produit par le studio Shôchiku, Walking my life s’installe confortablement dans le genre mélodramatique qui conte le destin d’un homme face à l’imminence de sa mort. On se souvient encore du très beau Vivre (Ikiru) réalisé par Akira Kurosawa en 1952, ici la volonté est la même : émouvoir à travers des sentiments simples et universels les spectateurs. Le danger est double pour ce type de film, ne pas tomber ni du côté du sentimentalisme facile, lacrymal et désespéré ni du côté de la séduction morbide de la déchéance physique. Walking my life échappe à ces deux écueils grâce à une mise en scène épurée, simple et directe et une interprétation juste et étonnante de sincérité. Kôji Yakushô, que l’on connaît surtout en France comme étant l’acteur fétiche de Kiyoshi Kurosawa, incarne ici le rôle principal. Alors que son tout dernier film, Tokyo Sonata, dans lequel l’acteur joue un petit rôle, venait juste d’être présenté au Festival du Film International de  Cannes, c’est au Festival du Film Asiatique de Deauville en mars 2008 que Kôji Yakushô était venu présenter Walking my life dans le cadre d’un hommage qui lui était rendu.

Walking my life (2007, Satoshi Isaka) photo 1

Si le film n’est pas d’une grande originalité dans son propos, force est de constater combien le jeu de Kôji Yakushô apporte dignité et force morale à son personnage. Soucieux de préserver sa famille, Yukihiro dissimule ses inquiétudes, notamment à sa femme et à sa fille, en conservant son attitude de père réconfortant et disponible. A mesure que la maladie se révèle et l’use physiquement, une peur sourde s’ancre en lui. Quittant son travail, ayant dit adieu à ses amis, le cercle des connaissances se réduit peu à peu autour de lui et bientôt, les crises se multipliant en fréquence et en violence, l’obligent à quitter son domicile pour un hospice où un personnel compétent peut veiller sur lui en cas d’attaque. Installé au bord de la mer dans une petite maisonnée baignée par la lumière, ses jours sont désormais comptés. Le film se recentre alors sur le noyau familial, notamment sur la relation fusionnelle qui le lie à sa femme, une relation qui avait été mise à mal par son adultère avec sa maîtresse. Ayant choisi de mourir au contact de ceux qu’il aime, le personnage retrouve alors une paix intérieure faite de souvenirs et d’émotions. Un film sensible, triste, dont on ressort l’estomac noué et le regard groggy.

Par David A.

Walking my life (2007, Satoshi Isaka) photo 2

WALKING MY LIFE
(Zô no senaka)
Un film de Satoshi Isaka
Scénario: Satsuo Endô d’après le roman de Yasushi Akimoto
Directeur de la photographie: Shogo Ueno
Montage: Hirohide Abe
Montage: Akira Senju
Production: Tôichirô Shiraishi
Compagnie de production: Shôchiku

Avec Kôji Yakusho, Miki Imai, Masatô Ibu, Haruka Igawa, Ittoku Kishibe, Mantarô Koichi, Sayaka Kuon, Tôru Masuoka, Nao Minamisawa, Takashi Sasano, Shun Shioya, Akira Shirai, Katsumi Takahashi, Kenichi Takitô, Satomi Tezuka

Genre: mélodrame
Durée: 2h04
Pays: Japon
Année: 2007
Récompense:
Date de sortie japonaise: 27 octobre 2007
Date de sortie française: film inédit en France

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